Rachelle Rukotsha : un parcours de résilience et de renouveau
13 avril 2026
Maman Rachel le contente d'avoir un abris solide pour vivre sa famille remercie le gouvernement coréen pour cet appui
Rachelle Rukotsha n’avait jamais imaginé que sa vie basculerait en une nuit. À 56 ans, cette mère de neuf enfants et grand-mère de cinq petits-enfants avait construit, avec patience et courage, un foyer à Sake. Malgré son handicap, elle était le pilier de sa famille : celle qui rassemble, celle qui tient bon, celle qui rassure. Grâce à son petit commerce, elle pouvait assurer au moins un repas chaud à ses enfants et petits-enfants.
Ces abris sont désormais attribués aux communautés autrefois déplacés des guerres
Puis un jour, tout s’est effondré.
La guerre de janvier 2026 est arrivée. La ville de Sake a été prise d’assaut. Une explosion. Le bruit assourdissant d’une bombe. Et en quelques instants, sa maison – ce refuge chargé de souvenirs – n’était plus qu’un amas de décombres. Rachelle n’a eu d’autre choix que de fuir, direction Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu. L’inconnu. La survie. Les jours sont devenus difficiles, les nuits encore plus longues. Sans abri sûr, exposée aux intempéries et à l’insécurité, elle vivait dans une extrême vulnérabilité dans les camps de déplacés de Mugunga, avec pour seule richesse sa résilience et son amour pour sa famille.
En février, lors de la prise de Goma, tous les camps de déplacés ont été démantelés et les populations contraintes de regagner leurs villages malgré l’insécurité. Maman Rachelle rentre, mais se voit obligée de dormir dans une maison complètement détruite, exposée à toutes sortes d’intempéries et à l’insécurité.
L'équipe du PNUD fait le suivi de construction de ces abris pour mettre des familles et spécialement les enfants à l'abri des intempéries
Elle parle aussi d’espoir
Aujourd’hui, grâce au Plan de crise initié par le PNUD pour le relèvement communautaire dans l’Est de la RDC, Rachelle a retrouvé bien plus qu’un toit. Elle a retrouvé un espace de vie, un lieu où elle peut à nouveau accueillir les siens, rire avec ses petits-enfants et rêver à demain. « Quand je circule dans ma belle maison, je me sens très bien. Je me sens chanceuse et je bénis Dieu de vous avoir orientés vers moi. Je dis merci à FDA, à la Corée et au PNUD pour m’avoir construit cette maison. J’ai même reçu un kit d’installation. Moi qui dormais à même le sol, je dors maintenant sur un beau matelas et ma maison est équipée. Merci infiniment. »
Sa nouvelle maison n’est pas seulement faite de planches et de clous. Elle est bâtie sur la dignité retrouvée, la sécurité et la possibilité de reconstruire une vie. Assise devant son nouveau foyer, Rachelle sourit. Un sourire discret, mais puissant : celui d’une femme qui a tout perdu… et qui, malgré tout, a trouvé la force de recommencer.
Malrgé son handicap physique, Maman Rachel participe aux travaux avec joie
Face à la crise humanitaire persistante…
Face à la crise humanitaire persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a lancé, en octobre 2025, la deuxième vague des projets du Plan de Réponse à la Crise (PRC), destiné à renforcer la résilience, la paix et le développement dans les zones affectées. Doté d’un budget global de 25 millions de dollars, dont 15 millions déjà disponibles, ce plan vise à restaurer la dignité et les moyens de subsistance des communautés déplacées et vulnérables.
Des résultats ambitieux au Nord-Kivu
1 800 personnes appuyées dans des activités génératrices de revenus (AGR), 2 250 emplois temporaires créés, 360 familles appuyées en agriculture, 750 logements construits,6 infrastructures sociales (écoles, centres de santé, points d’eau) construites, 1 400 survivant(e)s des violences basées sur le genre (VBG) accompagnés dans leur relèvement économique.
Et au Sud-Kivu, par ailleurs, 800 personnes appuyées en AGR, 1 000 emplois temporaires créés, 465 logements et 8 infrastructures sociales réhabilités, 20 mécanismes communautaires d’alerte et de cohésion renforçant la paix, Plus de 1 130 survivant(e)s des VBG bénéficiant d’un accompagnement socio-économique