À Atsinanana, des Centres de Ressources au cœur de la reconstruction, de la résilience et de la gouvernance territoriale

1 mai 2026

Implantés en 2025 dans la région Atsinanana, le Centre de Ressources (CR) régional et les 3 centres de district s’imposent progressivement comme des outils stratégiques au service des collectivités territoriales décentralisées (CTD), des administrations locales et des acteurs du développement. Mis en place avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec les Régions et les Districts, ce dispositif répond à un objectif clair : rapprocher les compétences, les outils numériques et les capacités d’intervention des acteurs locaux.

Pensés comme des espaces de formation, de coordination et d’appui technique, les Centres de Ressources jouent aujourd’hui un rôle central dans le renforcement de la gouvernance territoriale, particulièrement dans un contexte marqué par les conséquences du cyclone tropical intense Gezani.

Des espaces réhabilités et pleinement opérationnels

Réhabilités pour répondre aux besoins des collectivités et des services déconcentrés, les Centres de Ressources disposent désormais d’une salle de formation moderne, notamment destinée aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) des districts environnants. L’objectif est de permettre aux administrations locales d'accéder à des formations techniques, des outils numériques et des espaces de travail adaptés, leur évitant ainsi de devoir systématiquement se déplacer vers la capitale.

Le centre régional dispose de 25 postes connectés à Internet, tandis que les districts en comptent 5 chacun, tous utilisés régulièrement par divers services administratifs. Au niveau régional, ces équipements servent quotidiennement à la production et à l'envoi des communications de la Région. De plus, le Trésor Public y a organisé des sessions de renforcement des capacités sur les marchés publics, et la Poste y a formé ses agents au développement de logiciels internes.

Les Centres de Ressources hébergent également plusieurs plateformes digitales du dispositif district, notamment iHofanaiDistrika et iTantsoroka, ainsi que des modules et documents de formation développés par PNUD. En facilitant l’accès à ces outils, les centres contribuent à réduire les inégalités territoriales en matière d’accès à l’information, à la formation et aux services numériques.

Un dispositif pensé pour la continuité des services publics

L’une des grandes forces des Centres de Ressources réside dans sa capacité à rester opérationnels même en situation d’urgence. Grâce à une installation solaire de 7 kW, les Centres de Ressources disposent d’une autonomie énergétique leur permettant de continuer leurs activités en cas de coupure prolongée d’électricité ou de black-out.

Dans un contexte marqué par les aléas climatiques, cette capacité constitue un atout majeur pour assurer la continuité des services publics et des activités administratives.

Depuis le passage du cyclone Gezani, les centres sont d’ailleurs utilisés comme espaces temporaires de travail pour certaines entités administratives affectées par les dégâts, en attendant la réhabilitation de leurs infrastructures. Cette mobilisation illustre pleinement leur rôle dans le maintien des capacités institutionnelles locales et la coordination des actions de relèvement.

Une formation tournée vers le relèvement et l’action concrète

C’est dans cette dynamique qu’a été organisé à Toamasina un atelier de formation sur la planification opérationnelle post-catastrophe et l’élaboration des plans de relèvement fin mai 2026, en partenariat avec l’IMaTeP (Institut Malgache des Techniques de Planification). 

Cette initiative, portée dans le cadre du portefeuille « Institutions Efficaces » du Programme des Nations Unies pour le Développement, répond directement aux besoins exprimés par les autorités locales après le passage du cyclone Gezani. Elle vise à renforcer les capacités des responsables des STD en matière de gestion axée sur les résultats, de planification opérationnelle, de gestion des risques et de montage de projets de relèvement. 

Organisée en cohortes de 25 participants, la formation s’est appuyée sur des cas pratiques liés aux réalités post-catastrophe dans la région Atsinanana. Les participants ont travaillé sur l’élaboration de cadres logiques, de plans d’action à court terme et de projets simplifiés de relèvement directement applicables dans leurs zones d’intervention. 

Au-delà des aspects techniques, cette initiative traduit une volonté plus large : faire de la planification territoriale un véritable outil de gouvernance et de résilience. 

Le discours de clôture officielle par le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana a marqué un temps fort de cette formation. Rappelant que la décentralisation est un pilier de la refondation de Madagascar, il a souligné que celle-ci doit s'appuyer sur une administration capable, technique et orientée vers le citoyen, particulièrement dans ce contexte de reconstruction. Le Ministre a ainsi insisté sur l’importance d’une approche fondée sur la culture du résultat : 

« Chaque structure participante repart avec des plans d’action concrets. Nous ne formons pas pour le plaisir de former, mais pour que chaque direction technique sache exactement quoi faire pour soutenir les CTD dans le relèvement et la résilience de sa zone. » 

Il a rappelé que cette formation constitue un levier essentiel de gouvernance territoriale. Selon lui, l'articulation entre les représentants de l'État, les STD et les CTD doit impérativement transformer ces efforts de planification en réalités tangibles pour la population de l’Atsinanana. 

À travers cette initiative, le Centre de Ressources de Toamasina apparaît aujourd’hui comme un exemple concret de coopération entre l’État, les collectivités territoriales et les partenaires techniques pour construire une administration plus résiliente, plus moderne et plus proche des citoyens.