Ihorombe : Un nouveau souffle pour le Dina de Ihorombe

13 août 2025
La Région de Ihorombe, pionnière du Dina à Madagascar

La Région Ihorombe pionnière du Dina à Madagascar, aujourd’hui le Gouvernorat veut donner un nouveau souffle à ce Dina

Un engagement collectif pour une justice communautaire crédible et respectueuse des droits humains

Les 15 et 16 septembre 2025, la région d’Ihorombe a été le théâtre d’une mobilisation sans précédent autour d’un même objectif : faire du Dina un outil de justice communautaire crédible, équitable et respectueux des droits humains.
Réunis à Ihosy, autorités administratives, judiciaires, parlementaires, forces de l’ordre, leaders traditionnels et représentants de la société civile, soit plus de 80 personnes dont plus de la moitié sont des femmes, ont pris part à l’atelier régional de concertation pour la redynamisation du Dina régional, organisé dans le cadre du projet LANDJA, mis en œuvre par le PNUD, le HCDH et MSIS Tatao, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix.

Une région pionnière en besoin de nouveau souffle 

La région d’Ihorombe, longtemps reconnue comme pionnière dans l’institutionnalisation du Dina, a vu son système suspendu dès 2017 en raison de nombreux abus constatés dans son application. En dépit de son enracinement local et de sa légitimité traditionnelle, l’absence de garde-fou juridique et de contrôle rigoureux a entrainé des dérives (sanctions disproportionnées, favoritisme, violation des droits) qui ont fragilisé la crédibilité du Dina. Cette suspension soulève aujourd’hui l’enjeu de sa refondation sous des bases plus strictes, transparentes et respectueuses de la législation et des droits humains.

 

Les autorités en première ligne du dialogue

Madame la Gouverneure de la Région Ihorombe pour l'application du Dina

Madame la Gouverneure a souligné lors de sa prise de parole la nécessité de cette concertation pour réunir les conditions idéales à l’application du Dina de Ihorombe

 

Dès l’ouverture des concertations, Madame RAKOTONDRASOA Annie Franckline, Gouverneure de la région Ihorombe, a donné le ton d’un engagement fort et sincère :

“Le Dina est avant tout une éducation citoyenne. Un moyen pour la communauté locale de réguler leur vie quotidienne, et une pratique qui se transmet de génération en génération.”

Sous son impulsion, l’atelier a pris la forme d’un véritable dialogue institutionnel et inclusif où les voix de l’État, de la justice et des communautés ont pu s’exprimer dans un esprit de complémentarité.

L’administration régionale s’est illustrée par une participation active : Gouvernorat, préfectures, directions régionales, maires et chefs de Fokontany ont tous contribué aux échanges pour identifier les failles du précédent Dina, suspendu depuis plusieurs années, et tracer les voies d’une relance encadrée et conforme au droit.

"Les institutions décentralisées sont une barrière contre les abus et dérives" affirme Monsieur le Préfet

Pendant l’atelier, Monsieur le Préfet a axé sa prise de parole sur le rôle des institutions décentralisées dans l’application du DINA comme barrière contre les abus et dérives.

Les parlementaires, garants de la légitimité populaire

Madame Clarisse RAMANANJARASOA, députée élue à Ivohibe, a rappelé avec force la responsabilité des élus dans ce processus :

“La région d’Ihorombe a été pionnière dans l’institutionnalisation du Dina. Malheureusement, les conditions n’ont pas été réunies pour une application effective du Dina, ce qui a conduit à des abus en tout genre. Aujourd’hui, il est temps de le redynamiser et de mettre en place des dispositifs pour veiller à son application dans le respect des lois, avec une attention particulière pour les femmes et les populations vulnérables.”

La présence de plusieurs députés issus des trois districts de la région, Ihosy, Ivohibe et Iakora, a témoigné d’un soutien politique fort, indispensable pour rétablir la légitimité du Dina et garantir que ses futures dispositions soient soutenues par les représentants du peuple.

La justice et les forces de l’ordre, piliers de la crédibilité du Dina

Aux côtés des élus, les autorités judiciaires – Président du Tribunal de Première Instance d’Ihosy et Procureur de la République – ont rappelé le rôle central du pouvoir judiciaire dans la validation et la supervision du Dina.
Elles ont réaffirmé la nécessité d’un mécanisme clair pour encadrer son exécution, prévenir les dérives et garantir la conformité avec les standards nationaux et internationaux des droits humains.
Les forces de l’ordre, représentées par le Commandant du groupement de la Gendarmerie d’Ihorombe, le Commandant du bataillon d’infanterie d’Ihosy et le Directeur Régional de la Sécurité Publique, ont également pris part aux discussions pour renforcer la coopération entre les instances communautaires et les institutions étatiques.

Un partenariat institutionnel fort pour une cohésion sociale durable

À Ihorombe, la redynamisation du Dina devient bien plus qu’une réforme : c’est un acte de confiance entre l’État et les citoyens.
Porté par des autorités engagées et des communautés mobilisées, ce processus ouvre la voie vers une justice partagée, au service de la paix et de la cohésion sociale.

Le projet LANDJA, placé sous la tutelle du Ministère de la Justice, accompagne les autorités locales dans ce processus de refondation du Dina.
En favorisant la synergie entre les structures étatiques et communautaires, ce projet incarne l’engagement du système des Nations Unies à promouvoir une justice de proximité, inclusive et respectueuse des droits humains, en phase avec la Priorité Stratégique 1 du PNUD Madagascar : Renforcer la gouvernance, l’État de droit et la sécurité

Man in red shirt seated at a table in a red-draped dining area, other diners in background.

La société civile également a participé activement dans les débats.

 

Au-delà des échanges techniques, cet atelier a démontré la volonté commune des autorités d’Ihorombe d’instaurer une gouvernance concertée autour du Dina.
Sous le leadership de Madame la Gouverneure et Monsieur le Préfet, le processus se veut participatif, transparent et inclusif, intégrant les voix des femmes, des jeunes et des acteurs communautaires.
Les conclusions de l’atelier serviront de base à une stratégie régionale de redynamisation du Dina, qui visera à lever la suspension actuelle tout en sécurisant juridiquement son application.