Redressement fiscal de 5 communes d'Analanjirofo :79 % de croissance des recettes
20 janvier 2025
La région d'Analanjirofo, située à l’Est de Madagascar compte 71 communes, dont la majorité faisait face à de graves difficultés financières. A titre d’exemple, la commune urbaine de Fénérive-Est accumulait jusqu'à 11 mois d'arriérés de salaire pour son personnel. Même cas pour la Commune d’Ampasina Maningory. « La commune faisait face à de sérieux défis financiers, incluant des mois de retard dans le paiement des salaires du personnel », explique Jean Gloria, trésorier communal. Cette situation de déficit financier paralysait toute initiative d’investissement pour ces communes, et la dégradation de la qualité des services municipaux entrainait une perte d’intérêt des populations locales aux affaires communales, compromettant la viabilité des collectivités et leur capacité à répondre aux besoins de la population.
En réponse à ces difficultés, 19 communes de la région ont bénéficié d’un appui de l’USAID et du PNUD à travers le Programme RINDRA, qui a pour objectif de renforcer la gouvernance locale et d'améliorer la capacité des communes à mobiliser leurs ressources propres, en vue de leur autonomisation financière. Cinq communes ont été sélectionnées comme communes pilotes dès juin 2022 pour mener cette transformation : Fénérive-Est, Ambodimanga II, Mahambo, Ampasina Maningory, et Ambatoharanana. Le programme RINDRA a donc apporté un soutien global à ces communes, incluant des formations en fiscalité locale et en leadership fiscal pour les responsables communaux, ainsi que des campagnes de sensibilisation au civisme fiscal. L’équipe du Programme RINDRA a également favorisé une collaboration étroite entre les acteurs locaux du système fiscal, tels que le Trésor public, le centre fiscal, et les chefs de Fokontany et accompagné les autorités communales.
Cette approche a provoqué un changement dans la perception des contribuables, comme le confirme Razafimandimbisoa Zaka Renaud, Directeur Administratif et Financier de Fénérive-Est : "Grâce aux formations et aux campagnes de sensibilisation de proximité, les contribuables sont désormais conscients de leur devoir civique et s'acquittent volontairement de leurs impôts. » Les actions de terrain, comme les descentes conjointes avec les autorités locales et fiscales, ont renforcé la confiance des citoyens envers le système fiscal local. En seulement deux ans, les cinq communes pilotes ont vu leurs recettes propres augmenter de manière significative, avec une hausse moyenne de 79 % entre 2021 et 2023. Les communes de Fénérive-Est, Ampasina Maningory et Mahambo ont même connu des progressions spectaculaires, atteignant des augmentations de 100 % dans certains cas. Ce redressement fiscal s’appuie notamment sur la mise en place de processus de collecte plus rigoureux pour Fénérive Est : « Nous avons formé une équipe dédiée au recensement des contribuables pour l’IFT/IFPB (Impôt Foncier sur la Propriété Bâtie) et les permis de construire. Chaque chef de parcelle s’assure du suivi des paiements et de la distribution des avis d’imposition. Cela nous a permis de minimiser les oublis et les adresses inconnues, » explique M. Razafimandimbisoa. Grâce à ces mesures, la commune de Fénérive-Est a pu doubler ses recettes en deux ans.
Jean Gloria, le trésorier comptable d’Ampasina Maningory accueille une contribuable venue régler son impôt.
Fortes de ces résultats, les communes ont aujourd'hui à y gagner pour pérenniser cette situation et à assurer la continuité de leur autonomie financière dans la gestion communale et de leur développement local L’introduction d’une base de données fiscale et d’un logiciel de gestion des impôts est en cours d’étude, afin d’améliorer l'efficacité des activités de collecte et de gestion financière pour Fénérive Est. Pour Ampasina Maningory, la confiance et la motivation parmi les agents communaux ont été rétablies. En témoigne Jean Gloria, trésorier communal : « Depuis l’appui de RINDRA, la situation a grandement évolué. Nous avons non seulement réussi à régler tous les salaires en cours, mais également à régulariser la moitié des arriérés accumulés. En outre, nos cotisations à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNAPS) ont été honorées »