Quand protéger les plus vulnérables devient l'affaire de toute une communauté

10 juin 2026
Manjera valy - Vilgarisation du Dina d'Androy

Vulgarisation du Dina d’Androy dans la commune d’Antanimora, marquée par une participation active des jeunes et des femmes. Les échanges ont principalement porté sur les articles modifiés et nouvellement insérés dans le Dina d’Androy, ainsi que sur les modalités de mise en œuvre après le kabary Dina.

Car derrière chaque règle renforcée, 

Chaque pratique remise en question 

Et chaque avancée en faveur des droits des femmes et des enfants, 

Il y a des voix qui ont osé s'exprimer.

Des voix de mères.

Des voix de femmes.

Des voix qui, aujourd'hui, contribuent à façonner un avenir plus sûr pour leurs enfants et pour leur communauté.

Manjera valy - Massive participation des femmes

La séance de vulgarisation dans la commune de Besakoa a été marquée par la forte participation des femmes lors des échanges sur le Dina d’Androy. Il a été rappelé que le Dina prévoit la protection des droits des femmes et des enfants, notamment l’interdiction de la pratique du “manjera valy”, encore répandue dans la région d’Androy.

Dans les communautés de la région de l’Androy, certaines réalités ont longtemps été vécues dans le silence. Parmi elles figure le « manjera valy », une expression locale désignant les violences exercées au sein du couple. Souvent considérées comme des affaires relevant de la sphère privée du ménage, ces violences étaient rarement évoquées publiquement et encore moins discutées dans les espaces de gouvernance communautaire.

Pourtant, derrière les murs des foyers, leurs conséquences dépassent largement le cadre familial. Elles fragilisent les femmes, affectent les enfants qui en sont témoins et fragilisent progressivement le tissu social de toute une communauté.

Aujourd’hui, cette réalité commence à changer.

Dans les communes de Besakoa et Tranoroa, district de Beloha, les activités de vulgarisation du Dinan’Androy menées dans le cadre du projet LANDJA du 12 au 14 février 2026 ont permis d’ouvrir des espaces de dialogue où les communautés ont pu échanger sur les défis qui les préoccupent et sur les moyens d’y répondre collectivement.

Autour des autorités locales, des Lonaky, des membres des KMD, des chefs de fokontany et des habitants, les femmes ont participé activement aux discussions. Une mobilisation remarquable dans un contexte où les espaces de décision restent historiquement dominés par les hommes.

Au fil des échanges, plus d’une trentaine de participantes ont porté au cœur des débats des préoccupations qui touchent directement les familles : les violences conjugales, les mariages précoces, les violences sexuelles sur mineurs, mais aussi les risques liés à la consommation de stupéfiants chez les jeunes.

À Tranoroa, Soanatao, mère de famille, a exprimé son inquiétude face aux menaces qui pèsent sur les enfants de sa communauté.

“ Le nouveau Dina nous donne de l’espoir, car il place davantage la protection des enfants et des personnes vulnérables au cœur des préoccupations de la communauté. Nous espérons qu’il permettra de construire un environnement plus sûr pour nos familles et pour les générations futures. “

Au-delà de ce témoignage, les discussions ont révélé une volonté partagée : celle de mieux protéger les femmes et les enfants et de renforcer la responsabilité collective face aux violences.

Ces échanges ont constitué une étape décisive dans l’appropriation du Dinan’Androy par les communautés.

Bien plus qu’une simple activité d’information, la vulgarisation menée dans le cadre du projet LANDJA a créé les conditions d’un dialogue inclusif permettant aux femmes de faire entendre leurs préoccupations, d’exprimer leurs attentes et de contribuer à l’évolution des normes communautaires.

Cette dynamique a contribué à renforcer les dispositions du Dinan’Androy relatives à la protection des droits des femmes et des enfants. Parmi les avancées majeures figure l’interdiction explicite du « manjera valy », désormais reconnu comme une pratique inacceptable au regard des règles communautaires.

Cette évolution marque un changement important dans cette région du Sud de Madagascar. Elle traduit une prise de conscience collective selon laquelle la protection des femmes n’est pas uniquement une affaire privée, mais une responsabilité partagée qui engage l’ensemble de la communauté.

Elle démontre également que les mécanismes traditionnels peuvent évoluer pour répondre aux réalités contemporaines lorsqu’ils s’appuient sur le dialogue, l’écoute et la participation de tous les acteurs.

À travers son appui au rapprochement entre justice traditionnelle et justice formelle pour une meilleure cohésion sociale, le projet LANDJA contribue précisément à cette transformation. En favorisant des espaces de concertation inclusifs, il permet aux communautés d’adapter leurs mécanismes de gouvernance tout en renforçant la protection des personnes les plus vulnérables.

À Besakoa et Tranoroa, le changement ne se mesure pas uniquement à travers les nouvelles dispositions inscrites dans le Dina.

Il se lit aussi dans les prises de parole des femmes, dans leur engagement à protéger leurs enfants et dans leur volonté de participer aux décisions qui façonnent l’avenir de leur communauté.

Car lorsqu’une communauté décide collectivement que la violence n’a plus sa place dans les foyers, c’est toute la société qui avance vers davantage de cohésion, de justice et de paix.

MAnjer tavaly : renforcement des KMD

Renforcement de capacité des KMD dans les 3 communes voisines dont Besakoa, Ankaranabo Nord, Maroviro. La formation se portait sur les différentes responsabilités des KMD, l’utilisations des différents outils de gestions tel que les PV et les registres