Quand la communication devient un outil de résilience face aux catastrophes naturelles dans l'Atsinanana

8 mai 2026

"Avant cette formation, j'avais tendance à relayer les alertes cycloniques telles quelles, sans toujours penser à la manière dont elles seraient comprises par la communauté de l'Atsinanana. Les exercices de simulation nous ont appris à traduire des données météo en messages d'action pour notre communauté. Mais aussi, désormais, je sais comment vérifier et gerer rapidement une rumeur sur les réseaux sociaux pour éviter les mouvements de panique. Esther SAVINASY, journaliste

Informer avec justesse, alerter à temps, protéger durablement : au cœur de cette formation, la communication devient un outil de résilience.

Dans un contexte de vulnérabilité croissante face aux changements climatiques, la rapidité, la fiabilité et la clarté de l’information peuvent faire toute la différence. Le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement -PNUD Madagascar et du Gouvernement chinois à travers l'Agence de coopération internationale pour le développement (CIDCA), a organisé une formation à l’intention des journalistes issus de la région Atsinanana.

Cette initiative avait pour but de renforcer les capacités des professionnels des médias en communication des risques et en alerte précoce, dans une région particulièrement exposée aux chocs climatiques et, plus spécifiquement, en préparation aux cyclones.

Deux jours d’échanges, d’apprentissage et de collaboration autour des données INFORM Madagascar Subnational pour une prise de décision plus efficace et coordonnée.

Le rôle crucial des médias face aux urgences climatiques

Face aux catastrophes naturelles, des journalistes mieux formés peuvent faire toute la différence pour sauver des vies et soutenir les communautés. Dans l’Atsinanana, une région côtière souvent frappée par de violentes intempéries, la formation en communication des risques et en alerte précoce contribue à bâtir une réponse locale plus rapide, plus coordonnée et plus efficace.

L'accès à une information vérifiée en temps réel est un droit fondamental, particulièrement en temps de crise. Les fausses informations et les rumeurs peuvent aggraver les bilans humains et matériels. C'est pourquoi la presse locale joue un rôle de premier plan, non seulement pour diffuser l'alerte, mais aussi pour éduquer et apaiser la communauté.

Une formation, de nouvelles compétences et un engagement renforcé pour bâtir un avenir plus résilient à Madagascar.

De la théorie à la pratique : outiller les professionnels

Entre théorie, exercices pratiques et simulations, les participants ont dévellopé des compétences concrètes pour mieux informer en période de crise. Le programme, prévu, a permis aux journalistes de consolider leurs connaissances en gestion des risques et des catastrophes.

La formation a mis l'accent sur des compétences pratiques essentielles :

  • La rédaction claire et structurée de messages d’alerte.

  • Les techniques de vérification de l’information et de recoupement des sources.

  • La gestion proactive des rumeurs en temps de crise.

  • La diffusion de messages adaptés aux réalités culturelles et linguistiques des communautés.

 

Partager les connaissances et les expériences pour construire ensemble des systèmes d’alerte précoce plus performants et inclusifs.

Synergie et coordination : les piliers de l'efficacité

La coordination entre journalistes, autorités locales et relais communautaires est un pilier essentiel d’une communication de crise efficace. La formation a permis de créer un pont entre les instances officielles de gestion des catastrophes, telles que le BNGRC, et les médias. Au-delà de la formation technique, cette initiative a contribué à structurer un réseau local de journalistes formés et opérationnels, capables d’agir comme relais de confiance avant, pendant et après une catastrophe. Elle a aussi permi de renforcer les liens entre médias, autorités et acteurs communautaires pour une réponse plus cohérente.


"Ce qui m'a le plus marquée, c'est la nécessité de travailler en parfaite synergie avec les autorités locales. En créant ce réseau de professionnels, nous ne sommes plus isolés en cas d'urgence. Nous savons exactement qui contacter pour avoir la bonne information au bon moment, ce qui renforce notre crédibilité et permet à nos auditeurs de prendre les bonnes décisions pour se mettre à l'abri."  Juvencia, journaliste radio et TV Brickaville  

Derrière chaque atelier, il y a des femmes et des hommes engagés pour transformer les données en actions concrètes au service des communautés.

Bâtir la résilience de demain

Renforcer les compétences des journalistes communautaires, c’est renforcer la capacité des communautés à faire face aux crises. Le soutien des partenaires internationaux témoigne d'une approche intégrée du développement et de l'aide humanitaire. En investissant dans les capacités des acteurs de proximité, le PNUD, tient a remercier le Gouvernement chinois, et réaffirme son engagement en faveur de la prévention, de la préparation et de la protection des communautés.

Former aujourd’hui un réseau local de journalistes engagés, c’est mieux préparer les territoires aux urgences de demain. Face aux défis climatiques persistants, la région Atsinanana dispose désormais d'un bouclier informationnel renforcé, prouvant une fois de plus qu'une communication maîtrisée sauve des vies.