Cyclone Gezani : « L’alerte précoce m’a permis d’agir à temps » Le témoignage de Mme Mireille Rabetombosoa, Enseignante au Lycée Rabemananjara à Toamasina

18 février 2026

 

À Toamasina, dans la région Atsinanana, les jours précédant l’arrivée du cyclone Gezani ont été marqués par une montée progressive de l’inquiétude. Pour Mme Mireille Rabetombosoa, mère de famille, tout a commencé par une série d’alertes diffusées sur les réseaux sociaux, puis confirmées à la radio.

« Les informations étaient alarmantes », raconte-t-elle. Les interventions des services météorologiques annonçaient un cyclone Gezani qui pourrait se renforcer en touchant terre. Trois jours avant l’impact prévu, elle décide de ne pas attendre. La menace est réelle, et le temps est compté. Sa première crainte concerne la pluie. Habitant dans un quartier exposé aux inondations, elle commence par sécuriser l’intérieur de sa maison, déplaçant et protégeant ce qui peut l’être. Chaque geste est guidé par les informations entendues à la radio.

Le lendemain, l’électricité est coupée. Mais Mme Mireille Rabetombosoa, ne se retrouve pas isolée pour autant. Grâce à sa radio solaire, elle continue de suivre l’évolution de la situation. Les bulletins s’intensifient, le ton devient plus grave. Le mardi matin, jour annoncé de l’arrivée du cyclone, les messages diffusés confirment la violence imminente des vents. Elle prend alors une décision déterminante : placer des blocs de briques en béton sur sa toiture afin de la renforcer face aux rafales annoncées. Autour d’elle, le quartier s’active. Les voisins montent sur leurs toits pour y installer sacs de sable et parpaings. La solidarité silencieuse s’organise dans l’urgence.

Au fil de l’après-midi, le vent se lève, de plus en plus puissant avec de la pluie. La radio évoque le cyclone Gezani comme étant un phénomène dont la force pourrait être jusqu’à trois fois supérieure à celle du cyclone Geralda, l’un des plus marquants de l’histoire de Madagascar. L’angoisse monte. En début de soirée, le cyclone Gezani frappe Toamasina de plein fouet. Les rafales hurlent, la pluie martèle les toitures sans relâche. Pour Mme Mireille, la nuit semble interminable. La peur est bien réelle, mais elle tient bon. Au petit matin, le silence succède enfin au vacarme. Elle sort, prudemment. Sa maison est toujours debout. Épargnée. « Si je n’avais pas écouté les informations et suivi les conseils de préparation, je ne sais pas ce qui se serait passé », confie-t-elle avec émotion.

Mme Mireille n’a pas attendu que le cyclone frappe pour agir. Alertée plusieurs jours à l’avance par les réseaux sociaux et la radio, elle a sécurisé sa maison, anticipé les inondations et renforcé sa toiture. Même après la coupure d’électricité, sa radio solaire est restée son alliée. Toute la nuit, vents violents et pluies intenses ont frappé la ville… Au matin, sa maison était toujours debout. Son message est clair : l’alerte précoce sauve des vies et protège les foyers.

 

Son témoignage illustre l’importance cruciale de l’alerte précoce et de l’accès à l’information. À Toamasina, pour cette mère de famille, une radio solaire et des messages de prévention ont fait toute la différence. Il met en lumière une réalité essentielle : face aux catastrophes naturelles, l’alerte précoce n’est pas une simple formalité technique, mais un véritable levier de protection des vies et des biens.

Pour Mme Mireille Rabetombosoa, l’information reçue en amont n’était pas abstraite. Elle s’est traduite en décisions concrètes, en gestes précis, en actions anticipées qui ont permis de réduire considérablement les risques. L’accès régulier aux bulletins météorologiques, aux messages de sensibilisation et aux recommandations pratiques lui a offert un avantage décisif : le temps d’agir. Trois jours d’avance ont suffi pour transformer l’inquiétude en préparation. Sécuriser l’intérieur de la maison, anticiper les inondations, renforcer la toiture, rester à l’écoute malgré la coupure d’électricité, chaque mesure prise est directement liée à l’information reçue.

Son expérience démontre également que l’accès à des canaux fiables et accessibles, comme une radio solaire en période de coupure électrique, constitue un maillon stratégique de la résilience locale. L’information devient alors un outil d’autonomisation : elle permet aux ménages de comprendre le risque, d’évaluer leur vulnérabilité et d’adopter des comportements adaptés. Au-delà de son cas personnel, ce témoignage illustre comment des systèmes d’alerte efficaces, combinés à des actions de sensibilisation continues, peuvent renforcer la capacité des communautés à faire face aux chocs climatiques. Lorsque l’alerte atteint les foyers à temps, elle transforme la peur en préparation, et la préparation en protection.

Le projet TANDROSO est mis en œuvre grâce au soutien financier du Gouvernement de la République populaire de Chine, dont l’engagement renforce durablement les dispositifs nationaux de préparation et de réponse aux catastrophes au service des populations les plus exposées.

Cet impact s’inscrit dans un effort structuré de renforcement du système national de Gestion des Risques et Catastrophes. À Madagascar, le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC) joue un rôle central dans la coordination des alertes, la diffusion des informations et la mobilisation des acteurs à l’échelle nationale et locale.

À travers le projet Tailored Intelligence for Actionable Early Warning Systems -TANDROSO-, le Programme des Nations Unies pour le développement -PNUD- appuie le BNGRC dans le renforcement des mécanismes d’alerte précoce, l’amélioration de la coordination opérationnelle et le développement des capacités institutionnelles et communautaires. Cet appui contribue à rendre l’information plus rapide, plus fiable et plus accessible, jusqu’au niveau des ménages comme celui de Mme Mireille.

Le projet Tailored Intelligence for Actionable Early Warning Systems -TANDROSO- bénéficie du soutien financier du Gouvernement de la Chine, dont l’engagement permet de consolider les dispositifs nationaux de préparation et de réponse aux catastrophes. Ainsi, derrière chaque maison épargnée, il y a non seulement la vigilance d’une famille, mais aussi un système d’alerte structuré, des institutions mobilisées et des partenaires engagés pour que l’information arrive à temps et qu’elle fasse la différence.

Lorsque l’alerte parvient aux foyers en temps utile, elle ne se limite pas à informer : elle permet d’anticiper, d’organiser la réponse et de réduire les risques. La préparation devient un mécanisme de protection des vies et des biens.

 

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Madagascar, par l’intermédiaire de son Représentant résident, Dr Edward A. Christow, exprime sa profonde gratitude au Gouvernement de la République populaire de Chine pour son appui financier déterminant au renforcement des systèmes d’alerte précoce à Madagascar.

 

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