Nouvelle analyse satellite révèle que les cyclones ont dévasté les communautés les plus pauvres de Madagascar

21 février 2026

 

Antananarivo/New York, 19 février 2026 – Une nouvelle analyse basée sur des images satellites réalisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) montre que les deux cyclones successifs qui ont frappé Madagascar début février ont touché le plus durement les communautés déjà en difficulté pour satisfaire leurs besoins essentiels, accentuant leur vulnérabilité et mettant en péril la reprise. 

 

Le cyclone Fytia a frappé la côte ouest entre le 31 janvier et le 1er février, suivi par le cyclone Tropical Intense Gezani, qui a touché terre près de Toamasina le 10 février. Ces tempêtes consécutives ont provoqué des inondations généralisées et la destruction de maisons, de terres agricoles et d’infrastructures. 

La nouvelle évaluation géospatiale du PNUD révèle l’ampleur et la concentration des impacts. Les eaux de crue ont atteint des zones abritant jusqu’à 350 000 personnes, dont environ 63 % vivaient déjà sans accès fiable aux services essentiels et dans des conditions de vie adéquates avant le passage des cyclones. 

 

En combinant les images satellites avec les données socio-économiques, l’analyse permet de localiser les zones où les dommages liés aux inondations se superposent à la pauvreté préexistante, aidant à identifier les zones prioritaires pour le soutien à la reprise. 

 

« Pour les familles qui vivaient déjà au jour le jour, ces inondations constituent un point de rupture », a déclaré le Dr Edward A. Christow, Représentant résident du PNUD à Madagascar. « Nous pouvons voir clairement où les maisons, les cultures et les revenus ont été emportés dans les communautés qui avaient le moins. Agir rapidement dans ces zones les plus touchées est essentiel pour aider les populations à reconstruire leurs moyens de subsistance et retrouver une stabilité. » 

 

Les pertes agricoles sont particulièrement sévères dans un pays où près de huit ménages sur dix dépendent totalement ou partiellement de l’agriculture pour leurs revenus et leur alimentation. Les données satellites indiquent que jusqu’à 174 100 hectares de terres cultivées ont été inondés. Dans plusieurs communes de l’Est, plus de 80 % des terres cultivées ont été affectées, menaçant les approvisionnements alimentaires et les marchés locaux. 

« Les cultures sont endommagées et les rendements seront faibles. Nous avons vraiment peur de la famine cette année. Il nous reste encore une partie de la récolte de l’année dernière à vendre, mais une fois ces réserves épuisées, nous serons dans une situation très difficile », a déclaré Mme Lala, mère de six enfants à Antetezambaro. 

 

Dans les régions touchées, des dizaines de communes présentent des besoins élevés pour la reprise immédiate et la reprise agricole. Sans action rapide pour rétablir l’irrigation, dégager les débris, réparer les routes et soutenir les petits agriculteurs et commerces, la crise risque d’aggraver l’insécurité alimentaire et de prolonger les déplacements. 

« Je gagne ma vie en vendant du lait. Mais sans électricité, je ne peux pas faire fonctionner mon réfrigérateur pour le conserver. Avant le cyclone, je vendais jusqu’à 150 litres de lait par jour. Maintenant, je n’en vends plus que 20 litres », a déclaré Volamanana Clarisse, une autre mère à Antetezambaro. 

 

Le PNUD travaille avec les autorités nationales et locales pour guider la planification de la reprise, en combinant les données satellites avec des vérifications sur le terrain afin de prioriser l’aide là où elle est le plus nécessaire et de soutenir les communautés pour qu’elles se rétablissent rapidement et dignement. 

 

Carreau Ivoloina, commune d’Antetezambaro – Région Atsinanana. Mme Lala, mère de six enfants, a vu sa maison entièrement détruite après le passage du cyclone Gezani.

Analamalotra, commune d’Antetezambaro – Région Atsinanana. Après le passage du cyclone Gezani, la maison de Mme Volamanana Clarisse a perdu sa toiture, emportée par

 

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