Former aujourd’hui pour mieux protéger demain : Des acteurs du secteur renforcent leurs capacités en assurance inclusive
13 mai 2026
Face à l’intensification des chocs climatiques et économiques, Madagascar se trouve à un tournant. Inondations, sécheresses ou cyclones fragilisent durablement les moyens de subsistance et mettent à l’épreuve la capacité des populations à se relever. Dans ce contexte, une question s’impose : comment mieux protéger, de manière durable et accessible, celles et ceux qui en ont le plus besoin ? Comment permettre aux populations les plus vulnérables d’accéder à des mécanismes de protection adaptés à leurs réalités ? Comment construire des solutions d’assurance accessibles, durables et réellement utiles face aux chocs ?
La réponse passe par le développement de l’assurance inclusive — une assurance pensée pour être accessible, pertinente et adaptée aux réalités locales. Mais pour transformer cette ambition en solutions concrètes, encore faut-il des acteurs formés, engagés et capables d’innover.
C’est tout l’enjeu de la série de formations organisée dans le cadre du projet Insurance and Risk Finance Facility (IRFF), qui est une initiative du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) visant à accompagner les pays dans le développement de solutions innovantes de financement et de gestion des risques, notamment à travers l’assurance inclusive, afin de renforcer leur résilience face aux chocs
Une mobilisation collective pour repenser l’assurance
Pendant plusieurs jours, une vingtaine d’acteurs du secteur — compagnies d’assurance, institutions financières, régulateurs et partenaires au développement — se sont réunis avec un objectif commun : faire évoluer les pratiques pour construire une assurance plus inclusive au service de la résilience financière du pays.
Bien au-delà d’une simple formation, ces sessions ont constitué un véritable espace de réflexion et des échanges collectifs. Les participants ont exploré ensemble les fondamentaux de l’assurance inclusive, les défis liés à sa distribution, ainsi que les transformations nécessaires au sein même des institutions pour répondre aux attentes des populations.
Apprendre en faisant : une approche centrée sur l’impact
L’un des points forts de cette initiative réside dans son approche pratique. Études de cas, travaux de groupe, prototypage de produits… les participants ont été amenés à se mettre à la place des clients, à comprendre leurs besoins réels et à concevoir des solutions concrètes.
Cette approche centrée sur l’humain permet de dépasser une vision traditionnelle de l’assurance pour aller vers des produits plus adaptés, plus simples et plus accessibles.
« Nous disposons déjà de notre propre mutuelle de santé, Harena, dont la cible principale est constituée des personnes exclues du système classique des compagnies d’assurance. Nous avons certes des produits que nous pensons adaptés aux besoins de notre clientèle. Mais après cette formation, il nous faut aller encore plus loin dans notre réflexion. Elle nous a permis d’avoir une vision plus large et de repenser nos produits de manière davantage centrée sur les besoins réels des clients. », ANDRIANOMENJANAHARY Andrianjaka, Directeur des Opérations Société Malagasy Mutualiste d’Epargne et de Crédit (SMECC), personnel de santé Harena
Dans un contexte où de nombreuses familles vivent au rythme des incertitudes climatiques et économiques, l’assurance ne devrait pas être un privilège réservé à ceux qui ont déjà les moyens de se protéger, mais un droit permettant aux communautés fragiles de mieux résister aux crises.
Des compétences renforcées, mais surtout un changement de perspective
Au fil des modules, les participants ont renforcé leurs compétences techniques, mais surtout leur compréhension du rôle stratégique de l’assurance inclusive. Celle-ci n’est plus seulement perçue comme un produit financier, mais comme un levier de résilience et de développement.
Les sessions ont également permis de stimuler l’innovation, en encourageant les institutions à repenser leurs modèles, à s’ouvrir à de nouveaux partenariats et à intégrer davantage les réalités des populations dans la conception de leurs offres.
« La particularité de l’assurance inclusive, c’est qu’elle inverse complètement la logique de l’assurance classique — manao kapa mivadika. La conception des produits, l’orientation client, le marketing ou encore la distribution sont pensés autrement. Toutes les organisations, jusque dans leur structure et leur mode de fonctionnement, doivent changer de regard. L’accent est mis sur le côté social : des offres plus abordables, plus compréhensibles et plus accessibles, destinées justement aux personnes qui ne se retrouvaient pas dans les offres d’assurance classiques », explique , Tony Evans GEORGIAL, Chef de Département Dommages aux biens – Engineering – Responsabilité Civile au niveau de la compagnie d’assurances ARO
Un engagement croissant des acteurs du secteur
Au-delà des acquis individuels, cette initiative illustre une dynamique plus large : l’engagement croissant des acteurs de l’assurance à Madagascar pour faire évoluer le secteur. Les participants repartent non seulement avec une attestation, mais surtout avec des outils concrets, des idées nouvelles et une volonté renforcée d’agir. Cette mobilisation est essentielle pour faire émerger un écosystème plus inclusif, coordonné et capable de répondre aux défis actuels.
Vers une résilience financière renforcée
En contribuant à structurer un secteur de l’assurance plus accessible et innovant, cette démarche s’inscrit dans une vision de long terme : permettre aux populations, aux entreprises et aux institutions de mieux anticiper, absorber et surmonter les chocs.
L’assurance inclusive apparaît ainsi comme un pilier essentiel pour construire une résilience financière durable à Madagascar, en lien direct avec les objectifs de développement du pays.