Nord et Sud-Kivu : 41 diplômées d'État, symbole de résilience et d'espoir pour les survivantes des violences sexuelles liées aux conflits

23 juillet 2026

Chaque année une centaine des jeunes filles survivantes des VBG bénéficient des kits scolaires pour répondre leurs études

Photo PNUD-RDC

Goma, RDC – Dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo, 41 survivantes des violences sexuelles liées aux conflits viennent de franchir une étape décisive vers leur reconstruction. Grâce à l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avec le soutien du Gouvernement du Canada et de la République de Corée, ces jeunes femmes du Nord et du Sud-Kivu ont obtenu leur diplôme d'État, transformant un parcours marqué par la violence en une histoire de courage, de résilience et de réussite.

Cette réussite intervient alors que les conflits qui secouent l'Est du pays continuent d'affecter de manière disproportionnée les femmes et les jeunes filles, exposées aux violences sexuelles, aux déplacements forcés, à la perte de leurs moyens de subsistance et à l'interruption de leur scolarité. Face à cette réalité, le PNUD déploie une approche intégrée combinant protection, relèvement rapide et développement afin de favoriser la restauration durable de la dignité et de l'autonomie des survivantes.

Four people with backpacks stand with their backs to the camera, facing a blue-and-white banner.

Malgré les traumatismes vécus, elles choisissent de se relever et de prendre leur destin en main

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Pour le PNUD, ces 41 diplômes représentent bien davantage qu'un succès académique.

« Ce résultat constitue bien plus qu'une réussite académique : il démontre que l'investissement dans l'éducation et la réinsertion des survivantes est un puissant levier de résilience, de relèvement et de consolidation de la paix », souligne l'organisation.

Derrière chacun de ces diplômes se cache une histoire de courage. Malgré les traumatismes, les déplacements et les nombreuses difficultés auxquelles elles ont été confrontées, les bénéficiaires ont poursuivi leur parcours scolaire avec détermination. Leur réussite est le fruit d'un accompagnement multidimensionnel assuré à travers les Centres Intégrés des Services Multisectoriels (CISM), qui offrent une prise en charge médicale, psychologique et juridique, tout en soutenant la réinsertion socio-économique et scolaire des survivantes.

Ces jeunes filles , survivantes des VBG sont prises en charge pour leur garantir un cycle norma de croissance

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Parmi ces jeunes diplômées figure Deborah, 17 ans, originaire de Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo. Survivante de violences sexuelles liées aux conflits, elle a obtenu son diplôme d'État avec une distinction de 74 %.

« Obtenir mon diplôme est le début d'un nouvel avenir. Sans le soutien que j'ai reçu, j'aurais probablement interrompu mes études. Aujourd'hui, je peux poursuivre mon rêve de faire des études supérieures pour devenir enseignante et transmettre à d'autres jeunes filles l'importance de l'éducation. J'ai retrouvé confiance en moi et je crois désormais que tout est possible », confie-t-elle avec émotion. Son témoignage illustre l'impact concret du soutien apporté aux survivantes. Au-delà de l'accès à l'éducation, cet accompagnement contribue à restaurer la confiance en soi, à renforcer les perspectives d'avenir et à favoriser la réintégration sociale.

Agée de 17 ans, cette survivante crois ferme à un lendemain meilleur après l'obtention de son diplôme d'état

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Dans les communautés affectées par les conflits, les retombées de cette approche dépassent le cadre individuel. Les familles retrouvent progressivement les moyens de soutenir la scolarisation de leurs enfants grâce aux activités génératrices de revenus mises en place dans le cadre des programmes de relèvement.

C'est ce que souligne M. Claude, père d'une survivante mineure vivant à Bweremana, dans le territoire de Masisi.

« Après les violences que ma fille avait subies, elle avait perdu le goût de l'école et, faute de moyens, elle avait dû interrompre sa scolarité. Je pensais que son avenir était compromis. Grâce au soutien du projet JAD, elle a pu retourner en classe, reprendre confiance en elle et réussir son année scolaire. Les revenus de notre activité génératrice de revenus nous permettent aujourd'hui de contribuer à ses frais de scolarité. Nous avons retrouvé l'espoir et sommes désormais confiants pour la poursuite de son parcours scolaire », témoigne-t-il.

Même les mineurs sont pris en charge dans ce programme de réinsertion scolaire

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Pour les acteurs engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre, favoriser la poursuite des études des survivantes constitue un investissement stratégique dans la paix et le développement des communautés. Chaque jeune fille qui reprend le chemin de l'école est une opportunité supplémentaire de rompre le cycle de la vulnérabilité et de renforcer la résilience collective. Aujourd'hui, les 41 diplômées d'État sont devenues le symbole d'une reconstruction possible. Chacune d'entre elles représente une vie qui se relève, une famille qui retrouve l'espoir et une communauté qui avance vers un avenir plus stable.

Le PNUD a salué le courage exceptionnel de ces jeunes femmes ainsi que l'engagement du Gouvernement du Canada et de la République de Corée, dont le soutien a permis de transformer des parcours marqués par la violence en véritables histoires de résilience et de réussite. À travers ces 41 diplômes d'État, c'est un message fort qui est envoyé : même après les violences les plus graves, l'accès à l'éducation, à la protection et aux opportunités économiques peut ouvrir la voie à la reconstruction, à l'autonomie et à l'espoir.