Le PNUD et l'UEH signent un partenariat pour renforcer le bien-être psychosocial des personnes déplacées internes en Haïti

31 juillet 2026

Ce partenariat permettra de mobiliser l'expertise de l'UEH afin d'offrir un accompagnement psychosocial de proximité aux populations déplacées et aux communautés hôtes, tout en renforçant les capacités nationales en matière de santé mentale et d'appui psychosocial.

Photo : PNUD Haïti | Ruvens Ely Boyer

Port-au-Prince, le 31 juillet 2026 – Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'Université d'État d'Haïti (UEH) ont signé ce vendredi un protocole d'accord visant à renforcer l'accès aux services de santé mentale et d'appui psychosocial pour les personnes déplacées internes vivant dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. 

Mis en œuvre dans le cadre du projet REKONEKTE, financé par la République de Corée, ce partenariat permettra de mobiliser l'expertise de l'UEH afin d'offrir un accompagnement psychosocial de proximité aux populations déplacées et aux communautés hôtes, tout en renforçant les capacités nationales en matière de santé mentale et d'appui psychosocial.

Les violences armées en Haïti ont contraint des centaines de milliers de personnes à quitter leur domicile, bouleversant leur quotidien et fragilisant profondément leur santé mentale. Au-delà des pertes matérielles, les déplacements forcés ont entraîné une détresse psychosociale importante, touchant les femmes, les hommes, les enfants et les jeunes vivant dans les sites de déplacement comme dans les communautés d'accueil. C'est dans ce contexte que le PNUD et l'Université d'État d'Haïti ont signé ce protocole d'accord afin de renforcer l'accès aux services de santé mentale et d'appui psychosocial.

Présentant le projet en visioconférence, le professeur Ronald Jean-Jacques, coordonnateur de l'initiative au sein de l'UEH, a rappelé que cette intervention répond aux conséquences humaines de la crise que traverse le pays. Il a précisé que les activités seront menées par une équipe composée de psychologues, de travailleurs sociaux et de superviseurs de terrain, selon un protocole déjà expérimenté avec succès par l'UEH.

« Nous allons intervenir directement dans les camps de personnes déplacées internes de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Notre priorité sera d'informer, de sensibiliser et d'offrir un premier accompagnement psychosocial afin que les personnes comprennent mieux les effets des traumatismes qu'elles ont vécus et disposent d'outils concrets pour prendre soin de leur santé mentale. Cet accompagnement prendra plusieurs formes : des groupes de parole, des activités de réhabilitation psychologique et d'animation psychosociale, ainsi que des initiatives socioculturelles faisant appel, entre autres, au conte, au contact avec la nature, à la lecture, à l'écriture, au chant, à la danse et au dessin. Derrière chacune de ces activités, il y a une même ambition : offrir aux personnes déplacées des espaces où elles pourront être écoutées, retrouver confiance et amorcer un véritable processus de reconstruction personnelle et collective », a expliqué Ronald Jean-Jacques.

À travers cette approche, l'UEH met au service des communautés son expertise scientifique et son expérience de terrain, démontrant le rôle que peuvent jouer les institutions universitaires dans les actions de relèvement et de développement humain.

Pour Kathleen Blain, Cheffe de l'Unité Inclusion sociale et développement économique (ISDE) du PNUD, cette initiative répond à une demande clairement exprimée par les communautés concernées.

« Lorsque nous nous sommes rendus sur le terrain, les populations nous ont clairement fait part de leurs besoins. Au-delà de l'assistance matérielle, elles ont exprimé la nécessité d'un accompagnement psychosocial pour faire face aux traumatismes causés par les violences et les déplacements forcés. »

Ces échanges avec les communautés ont confirmé que le relèvement ne peut se limiter aux dimensions matérielles. Il passe également par la restauration du bien-être psychosocial, le renforcement de la confiance et la reconstruction des liens sociaux. 

Xavier Michon, Représentant résident du PNUD en Haïti, a souligné que cette initiative s'inscrivait dans une conviction profonde de l'organisation.

« Vous avez parlé d'espoir ! Je pense que c'est exactement ce que nous partageons. Nous sommes dans le refus de la fatalité. Nous refusons de croire qu'il n'y a pas de voie de sortie pour Haïti. Nous sommes convaincus que, malgré les défis, il est possible d'aller de l'avant. »

Il a également insisté sur la valeur ajoutée de ce partenariat, qui permettra à de jeunes étudiants en psychologie de mettre leurs compétences au service des communautés tout en acquérant une expérience de terrain au contact des réalités vécues par celles-ci. Pour le PNUD, cette première intervention constitue également un espace d'apprentissage qui contribuera à orienter de futures initiatives de relèvement et de réintégration des populations affectées par la violence.

Prenant la parole au nom de l'Université d'État d'Haïti, son Recteur, le professeur Dieuseul Prédélus, a réaffirmé l’intérêt de l'institution dans un tel partenariat.

« Je voudrais exprimer ma gratitude à l'Association haïtienne de psychologie, à nos collègues de la Faculté d'Ethnologie, de la Faculté des Sciences humaines, ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui, au sein de l'Université d'État d'Haïti, œuvrent chaque jour, souvent dans des conditions extrêmement difficiles, pour que la science et le savoir universitaire restent au service de notre peuple. À travers ce partenariat, l'UEH réaffirme sa volonté de mettre la recherche, la formation et l'expertise universitaire au service des grands enjeux du développement national. »

À travers cette initiative, le PNUD poursuit une approche intégrée combinant assistance humanitaire, amélioration des conditions de vie, protection, santé mentale, cohésion sociale et autonomisation des femmes afin d'accompagner le relèvement des personnes déplacées internes.

Pour le PNUD, ce partenariat dépasse le cadre de la mise en œuvre d'une simple activité de projet. Il traduit la volonté d'investir durablement dans les capacités nationales et de faire des institutions haïtiennes des acteurs de premier plan de la réponse aux crises et du développement.

En associant l'expertise scientifique de l'Université d'État d'Haïti à son action auprès des communautés, le PNUD entend démontrer que les solutions les plus durables sont celles qui s'appuient sur les compétences nationales, renforcent les institutions publiques et préparent les conditions d'un relèvement porté par les Haïtiens eux-mêmes.

« Avec cette initiative, nous n'en sommes qu'à la pointe de l'iceberg. Il serait insensible et irresponsable de prétendre qu'elle constitue une réponse à l'ensemble des défis. Ce n'est qu'un début, mais c'est un début important. Nous y mettrons tout notre engagement en tant qu'organisation, et je sais que nous le ferons ensemble », a conclu le Représentant résident du PNUD.

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À propos du PNUD

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) est l'agence des Nations Unies chargée de promouvoir le développement durable et de lutter contre la pauvreté, les inégalités et les effets des changements climatiques. Présent dans plus de 170 pays et territoires, le PNUD accompagne les gouvernements et les populations dans la recherche de solutions durables favorisant une croissance inclusive, des institutions plus fortes et des sociétés plus résilientes.