Servir la PNH se conjugue aussi au féminin

20 juillet 2026

Erna Royal, commissaire divisionnaire

Photo : Ruvens Ely Boyer

Après son lancement à Port-au-Prince le 27 juin dernier, la campagne nationale de sensibilisation en faveur d'une plus grande participation des femmes au sein de la Police nationale d'Haïti (PNH) s'est poursuivie dans le Nord, le 17 juillet 2026, avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le soutien financier de l'Union européenne.

Les métiers de la sécurité continuent aujourd'hui d'être entourés de nombreuses idées reçues. Pour beaucoup, ils restent avant tout des métiers d'hommes, principalement associés au port d'armes et aux interventions sur le terrain. C'est précisément pour faire évoluer ces perceptions que la Police nationale d'Haïti (PNH) mène cette campagne nationale de sensibilisation.

Ont participé au lancement dans le Nord, le commissaire divisionnaire Ernst Dorfeuille, directeur départemental Nord ; la commissaire divisionnaire Erna Royal, point focal du Programme d'appui à la PNH ; le commissaire divisionnaire Étienne Salvador, coordonnateur de la Police communautaire ; l'inspectrice divisionnaire Nativita Kerline Jean Philippe, responsable du service VBG Nord ; l'inspecteur divisionnaire Paul Smith Bonne Année, représentant du Service de recrutement (SRP) ; ainsi que Louis Guerro Plancher, représentant du PNUD.

« Ce qui me rend fier aujourd'hui, ce n'est pas seulement de voir les deux salles remplies de jeunes, avec particulièrement des femmes. C'est surtout de constater qu'une nouvelle génération comprend que s'engager au service de la sécurité de son pays, c'est aussi contribuer à son développement. », a rappelé Louis Guerro Plancher, représentant du PNUD, à l'ouverture de la rencontre.

Au-delà des stéréotypes, les intervenants ont également rappelé que l'engagement des femmes haïtiennes s'inscrit dans une longue tradition de service à la nation et n’est donc pas à prouver. Depuis la Révolution haïtienne, des figures comme Cécile Fatiman, Sanité Bélair, Marie-Jeanne Lamartinière, Catherine Flon, Claire Heureuse Félicité, Victoria Montou (Toya), Suzanne Louverture ou encore Dédée Bazile ont contribué à écrire l'histoire du pays.

Forte de ses 31 ans de carrière au sein de la PNH, la commissaire divisionnaire Erna Royal a invité les jeunes femmes à poursuivre cet héritage en mettant leurs compétences au service de la nation.

« Depuis notre indépendance, les femmes ont toujours répondu présentes lorsque le pays avait besoin d'elles. Aujourd'hui, la police haïtienne vous appelle à mettre vos compétences au service de la nation. »

L'un des principaux messages portés durant cette campagne consiste également à montrer que les carrières au sein de la Police nationale ne se limitent pas aux fonctions opérationnelles. L'institution recherche des profils variés capables de contribuer à son fonctionnement, à sa modernisation et à son efficacité.

À cet égard, l'inspecteur divisionnaire Paul Smith Bonne Année, représentant du Service de recrutement, a insisté sur la diversité des compétences recherchées :

« Beaucoup pensent qu'il faut forcément être sur le terrain, en uniforme, pour servir au sein de la PNH. C'est faux. Notre institution a besoin de compétences variées : juristes, informaticiennes, spécialistes des technologies, communicantes, psychologues, gestionnaires, expertes en administration... Il y a une place pour chaque talent. »

Le message semble avoir trouvé un écho auprès des participantes. Plusieurs ont indiqué avoir découvert que leurs compétences pouvaient trouver leur place au sein de la PNH, remettant en question une perception jusque-là limitée du métier policier.

« J'ai été très heureuse de participer à cette rencontre aujourd'hui. Elle a été très instructive, car auparavant, je ne savais pas qu'en tant qu'infirmière, si je pouvais intégrer la Police nationale d'Haïti. », témoigne Marguerite Simon, 23 ans, résidente de la commune de Vertières.

Pour sa part, Roselaure Petit-Frère, 19 ans, résidente à Cap-Haïtien, étudiante en première année de sciences juridiques : « C’est dommage que je n’aie pas pu m’inscrire sur place aujourd’hui. Mais, j’ai été très heureuse de participer à cette rencontre. J’ai obtenu toutes les informations nécessaires, notamment sur les pièces à fournir et l’endroit où je dois me rendre pour effectuer les démarches. Je vais me préparer pour m’inscrire très prochainement afin de servir mon pays. »

Au Cap-Haïtien comme à Port-au-Prince, les échanges ont montré que de nombreuses jeunes femmes découvrent que leur avenir professionnel peut aussi s'écrire au sein de la Police nationale d'Haïti. En contribuant à lever les idées reçues et à ouvrir l'institution à une plus grande diversité de profils, le PNUD, l'Union européenne et la PNH participent au renforcement d'une police plus professionnelle, plus inclusive et davantage représentative de la société haïtienne.