Madagascar: Face à l’urgence climatique, une mobilisation collective pour construire une CDN 3 ambitieuse et inclusive
15 mars 2026
Un engagement national au cœur des enjeux climatiques mondiaux
Dans un monde confronté à une crise climatique sans précédent, les Contributions Déterminées au niveau National (CDN) représentent un pilier essentiel de l’action internationale. Issues de L’Accord de Paris, elles traduisent les engagements volontaires de chaque pays pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et renforcer la résilience face aux impacts du changement climatique.
Pour Madagascar, ces engagements revêtent une importance particulière. Bien que le pays contribue très faiblement aux émissions mondiales, il figure parmi les plus exposés aux effets du dérèglement climatique. Cyclones de plus en plus fréquents, sécheresses prolongées dans le Sud, inondations et dégradation des écosystèmes fragilisent directement les moyens de subsistance de millions de Malagasy.
Face à cette réalité, la mise à jour de la CDN aujourd’hui dans sa version 3.0 constitue une opportunité stratégique majeure pour repenser les trajectoires de développement du pays.
La mise à jour de la CDN permettra de définir des objectifs clairs et réalistes en matière de développement durable et de renforcer la mise en œuvre des actions climatiques alignées sur l’Accord de Paris, à travers un processus inclusif et participatif, intégrant les priorités des territoires et les solutions portées par les acteurs locaux.
Une réponse nationale structurée et ambitieuse
Sous l’impulsion du Gouvernement Malagasy, à travers le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, une consultation nationale inclusive a été organisée avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement -PNUD Madagascar- et de plusieurs partenaires techniques et financiers. Cette initiative marque une étape clé dans l’élaboration de la CDN 3.0, qui vise à définir des objectifs climatiques à la fois réalistes, mesurables et alignés avec les priorités nationales de développement durable. Au-delà d’un simple exercice technique, cette démarche s’inscrit dans une volonté affirmée de transformation structurelle. Elle ambitionne notamment de:
Réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture et le transport;
Renforcer la résilience des populations et des écosystèmes;
Mobiliser des financements climatiques à grande échelle;
Intégrer les dimensions de genre, d’inclusion sociale, de santé, de biodiversité et de sécurité alimentaire
Le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable réaffirme l’engagement de Madagascar dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris, à travers l’élaboration d’une nouvelle Contribution Déterminée au niveau National (CDN), un instrument stratégique visant à réduire les émissions, renforcer l’adaptation et la résilience des communautés, faire face aux pertes et dommages liés aux impacts climatiques, et mobiliser les financements nécessaires.
Quand la résilience prend racine dans les communautés
Dans la région du Sud de Madagascar, particulièrement touchée par des épisodes récurrents de sécheresse, certaines communautés ont déjà démontré que des solutions locales peuvent faire la différence. À Ambatopilaka, une coopérative agricole a bénéficié d’un appui technique dans le cadre de programmes soutenus par le PNUD. Grâce à l’introduction de techniques agricoles résilientes notamment, des systèmes d’irrigation économes en eau les rendements agricoles ont significativement augmenté. Mais au-delà des chiffres, c’est toute une dynamique sociale qui s’est transformée. « Avant, nous dépendions entièrement des pluies. Aujourd’hui, nous pouvons produire même en période de sécheresse. Nous avons retrouvé une certaine stabilité », témoigne une membre de la coopérative.
Cette histoire illustre parfaitement l’esprit de la CDN 3.0 : mettre les populations au centre de l’action climatique et valoriser les solutions locales comme leviers de transformation.
Le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable réaffirme l’engagement de Madagascar dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris, à travers l’élaboration d’une nouvelle CDN, instrument stratégique pour réduire les émissions, renforcer la résilience des communautés, faire face aux impacts climatiques et mobiliser les financements nécessaires.
Une approche participative : donner une voix aux territoires
Comme l’a souligné le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable : « Madagascar réaffirme son engagement dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris à travers l’élaboration de cette nouvelle CDN. Celle-ci représente un instrument stratégique pour orienter l’action nationale […] et mobiliser les financements nécessaires. »
L’une des innovations majeures de cette CDN 3.0 réside dans son caractère participatif et inclusif. Plutôt que de concevoir les politiques climatiques de manière descendante, le processus a permis de recueillir les contributions des acteurs locaux : collectivités territoriales, organisations de la société civile, chercheurs, jeunes, femmes, et communautés directement affectées par les changements climatiques. Cette approche permet d’identifier :
Les priorités spécifiques des territoires;
Les solutions locales déjà existantes;
Les besoins réels en matière d’adaptation et d’atténuation;
Elle favorise également une meilleure appropriation des politiques climatiques par les populations, condition essentielle à leur mise en œuvre effective. Le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances a d’ailleurs rappelé que : « Les aléas climatiques ont des répercussions sur tous les secteurs vitaux […] Cette situation pousse à renforcer les collaborations entre les ministères concernés par le développement durable. »
« Avant, nous dépendions entièrement des pluies. Aujourd’hui, nous pouvons produire même en période de sécheresse. Nous avons retrouvé une certaine stabilité », témoigne une membre de la coopérative. Une illustration concrète de l’esprit de la CDN 3.0, qui place les communautés au cœur de l’action climatique et valorise les solutions locales comme leviers de transformation.
Le rôle clé du PNUD : catalyseur de transformation
Le PNUD joue un rôle clé dans l’accompagnement de Madagascar dans ce processus. Selon Jean François Dubuisson, Représentant Résident adjoint du PNUD : « Notre objectif est de créer un espace de dialogue, où chaque voix compte, et où les solutions pour un avenir plus vert et résilient peuvent émerger. » À travers son appui technique et stratégique, le PNUD contribue à :
Renforcer les capacités institutionnelles;
Faciliter la concertation entre les parties prenantes;
Mobiliser des financements internationaux;
Assurer l’alignement des politiques nationales avec les engagements globaux.
Selon le Représentant Résident adjoint du PNUD, Jean François Dubuisson, le PNUD et ses partenaires réaffirment leur engagement aux côtés du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable pour soutenir l’élaboration de la CDN, à travers un processus participatif, inclusif et transparent, visant à renforcer l’ambition climatique de Madagascar et à faire émerger des solutions pour un avenir plus vert et résilient.
Une responsabilité partagée
Comment transformer les engagements climatiques en changements réels et durables pour les populations ? La réponse réside sans doute dans la capacité à conjuguer ambition politique, participation citoyenne et innovation locale. À travers l’élaboration de sa CDN 3.0, Madagascar démontre qu’il est possible de construire une réponse climatique à la fois stratégique et profondément humaine. Une réponse qui ne se contente pas d’anticiper les risques, mais qui ouvre également la voie à un avenir plus résilient, plus équitable et plus durable pour tous.
Le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances a souligné que les aléas climatiques affectent des secteurs vitaux tels que l’énergie et l’agriculture, avec des impacts appelés à s’intensifier, comme en témoignent les récents épisodes cycloniques, rendant indispensable le renforcement de la collaboration entre les ministères en charge du développement durable, notamment ceux de l’Économie et des Finances et de l’Environnement.