Agir avant l’impact : le SIMEX multi-régional, un tournant pour la préparation nationale
18 février 2026
Faire face à des risques climatiques croissants par une préparation plus efficace, Madagascar est confronté à une intensification et à une complexification croissante des risques climatiques et naturels. Cyclones, inondations et sécheresses affectent de manière récurrente les populations, les infrastructures et les moyens de subsistance, mettant à l’épreuve les capacités nationales de préparation et de réponse.
L’année 2025 constitue une étape charnière pour le pays. Dix ans après l’adoption du Cadre de Sendai pour la Réduction des Risques de Catastrophes (2015–2030) et à l’approche de la phase finale de mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes (SNGRC), Madagascar s’inscrit dans une dynamique de consolidation de son système national de gestion des risques. L’enjeu est clair : renforcer l’anticipation, améliorer la planification et capitaliser les expériences opérationnelles et scientifiques afin de réduire les impacts humains, économiques et environnementaux des catastrophes.
Une mobilisation nationale pour renforcer l’anticipation et la coordination
Depuis septembre 2025, le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), en coordination avec les plateformes régionales et les partenaires techniques et financiers, dont le Programme des Nations Unies pour le développement a conduit un processus stratégique de mise à jour des plans de contingence régionaux et du plan national, actuellement en phase de finalisation. Ces travaux visent à améliorer la cohérence des dispositifs de préparation et à intégrer les approches innovantes en matière d’anticipation et de financement réarrangé.
Toujours dans cette optique, Madagascar a franchi une étape majeure avec l’organisation du premier Grand Exercice National de Simulation (SIMEX) multi-régional. Cet exercice d’envergure nationale a mobilisé dix régions et près de 1 000 acteurs, issus des administrations publiques, des forces de défense et de sécurité, du Système des Nations Unies, des organisations non gouvernementales, du secteur privé et du monde universitaire.
Soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à travers le projet TANDROSO ou Tailored Intelligence for Actionable Early Warning Systems, financé par le Gouvernement chinois, ce SIMEX visait à évaluer, en conditions simulées, la fonctionnalité des plans de contingence actualisés ainsi que la coordination intersectorielle et multiniveaux. Il a également permis de tester la performance des mécanismes d’Action Anticipatoire face à plusieurs scénarios d’aléas majeurs.
Tester les systèmes pour agir avant l’impact
Premier exercice de ce type à Madagascar, le SIMEX multi-régional a permis d’évaluer concrètement la capacité du pays à anticiper et à agir avant l’impact des catastrophes. Il a mis en évidence les progrès réalisés en matière de planification, de coordination et de préparation. Il a également permis d’identifier les axes d’amélioration nécessaires pour renforcer l’efficacité du système national de gestion des risques.
Dans le prolongement de cet exercice, un RETEX (Retpour d’expériences ) national intégré s’est aussi tenu afin de capitaliser les enseignements de la saison 2024–2025. Il a réuni
décideurs publics, scientifiques et acteurs opérationnels pour restituer les résultats du SIMEX multi-régional. Il a enfin contribué à renforcer la préparation du pays pour la saison 2025–2026.
Le rôle clé des partenariats pour financer la résilience
Le Programme des Nations Unies pour le développement PNUD Madagascar a joué un rôle central dans l’appui à cette dynamique nationale, en accompagnant le renforcement des capacités institutionnelles et techniques du pays en matière de gestion des risques et d’Action Anticipatoire. Cet appui s’inscrit dans la vision du PNUD visant à soutenir des systèmes nationaux plus intégrés, fondés sur la science, la planification et la coordination.
Durant son intervention lors du panel interactif sur l’analyse des leçons du Grand SIMEX multi-régional, Karim Ali Ahmed, Environment Technical Specialist a porté la voix du PNUD Madagascar « Les difficultés que nous rencontrons aujourd’hui ne sont pas dues à un manque de volonté, mais à des faiblesses structurelles persistantes. Malgré la richesse des analyses scientifiques produites dans le pays, leur transformation en décisions opérationnelles reste encore insuffisante. Des écarts subsistent entre la production de données, la coordination entre institutions et les processus de planification, ce qui limite l’efficacité de nos réponses face aux crises. Il est essentiel d’intégrer pleinement la notion de risque dans les politiques de développement, de renforcer les données territorialisées et d’améliorer l’interface entre chercheurs et décideurs. Des exercices comme le SIMEX sont fondamentaux, non pas comme de simples simulations, mais comme de véritables outils d’aide à la décision, permettant de passer de la connaissance à l’action anticipée et de renforcer durablement la préparation du pays face à des risques de plus en plus complexes. »
Ensemble, le BNGRC, le PNUD Madagascar et le Gouvernement chinois ont œuvré au renforcement du système national de résilience, en appuyant des approches fondées sur l’anticipation, la science du risque et la gouvernance coordonnée. Une conviction partagée guide ces efforts : financer la résilience aujourd’hui permet de réduire durablement les pertes humaines et économiques demain.
Nous adressons, à ce titre, nos sincères remerciements au Gouvernement chinois pour son appui financier à cette initiative, qui permet la mise en œuvre du projet TANDROSO et l’organisation de ce Grand SIMEX multi-régional. Ce soutien illustre l’importance des partenariats internationaux dans le financement de la résilience et confirme une conviction partagée : investir aujourd’hui dans l’anticipation et la préparation permet de réduire durablement les pertes humaines et économiques de demain.