7ᵉ édition de Parlons Développement
Oser, innover, transformer : le message fort de Parlons Développement à Antsirabe
13 juillet 2026
La 7ᵉ édition de Parlons développement a rassemblé plus de 400 participants
Et si le développement du Vakinankaratra commençait d’abord par la valorisation de ses propres ressources ? C’est autour de cette question que s’est tenue, le 4 juillet 2026 à Antsirabe, la 7ᵉ édition de Parlons Développement et la première de l’année 2026.
Organisée par l’Université de Vakinankaratra et les associations pédagogiques des étudiants, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cette conférence-débat a réuni étudiants, universitaires, entrepreneurs, experts et représentants des institutions publiques autour du thème : « La Région Vakinankaratra peut-elle créer plus de valeur avec ses propres ressources ? »
Une salle comble et une forte mobilisation des étudiants ont marqué cette nouvelle édition. Au fil des interventions et des échanges, plusieurs constats se sont dégagés : le Vakinankaratra regorge de ressources et de compétences, mais leur valorisation passe par un investissement accru dans le capital humain, la transformation locale, l’innovation et une collaboration plus étroite entre universités et entreprises.
Une jeunesse au cœur du dialogue
Étudiants, enseignants, entrepreneurs et représentants institutionnels ont échangé sur les défis et opportunités de développement du Vakinankaratra
Venus nombreux, les étudiants ont participé aux échanges et interpellé les panélistes sur l’entrepreneuriat, les compétences, l’innovation et les perspectives de développement de leur région.
Pour Olivier Rakotonirina, Chargé de Programme Gouvernance et représentant du PNUD lors de l’événement, cette mobilisation traduit l’un des objectifs de Parlons Développement : donner aux jeunes un espace pour échanger et contribuer aux réflexions sur les enjeux de développement.« Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir du pays. Ils contribuent déjà aujourd’hui au développement de leurs communautés et de leurs territoires. ». Le PNUD place ainsi la jeunesse au cœur de son action, en reconnaissant sa capacité à proposer, à agir et à participer dès aujourd’hui au développement du pays.
Le capital humain, première richesse du Vakinankaratra
Terres agricoles, élevage, filière laitière, ressources minières, aires industrielles : les atouts du Vakinankaratra sont nombreux. Mais les discussions ont rappelé qu’une ressource ne crée pas, à elle seule, de la valeur.
Le Dr Antsonantenainarivony Ononamandimby, Président de l’Université de Vakinankaratra, a réaffirmé la disponibilité de l’université à contribuer au développement de la région à travers ses étudiants, ses enseignants, ses chercheurs et ses différentes filières. « L’Université de Vakinankaratra est prête à mettre ses étudiants, ses enseignants, ses chercheurs et ses filières au service du développement de la région et du pays. »
Une vision partagée par Ramakarivo Tsiory Nantenaina, Inspecteur et représentant de la Région Vakinankaratra, qui a placé le capital humain au centre de la réflexion: « Il n’existe pas de plus grande richesse que l’être humain. ». Pour lui, la connaissance, la formation et les compétences sont des points de départ essentiels. Ce sont des femmes et des hommes formés, capables de produire, de transformer, de gérer et d’innover, qui peuvent accroître la valeur des ressources dont dispose la région.
Transformer les ressources locales en valeur ajoutée
Les experts ont partagé leurs expériences, illustrant le potentiel de transformation des ressources du Vakinankaratra et encourageant les jeunes à se lancer
La transformation locale a occupé une place importante dans les discussions. Le parcours de Serge Randriamahefasoa, Fondateur et Directeur Général de la Laiterie Maminiaina, en a offert une illustration concrète. En partageant son expérience d’entrepreneur, il a montré le potentiel de la filière lait et les possibilités de création de valeur qu’elle représente pour le Vakinankaratra. Son témoignage a également permis de rappeler que les opportunités existent dans les filières locales, à condition d’oser entreprendre, de structurer les activités et de développer progressivement les initiatives.
La collaboration entre les différents acteurs a également été évoquée. Pour Ramarijaona Andrianjafimiarantsoa, Président du Fivondronan’ny Orinasan’ny Vakinankaratra /Président de la Plateforme des Entreprises à Vakinankaratra (FIOVA), la mutualisation des moyens et le rapprochement entre les entreprises et l’université doivent être renforcés. Aux jeunes porteurs d’idées, il a adressé un message simple : « Si vous avez une idée de projet, commencez à la développer, petit à petit. »
L'innovation comme levier de compétitivité
Dans un environnement qui évolue rapidement, l’innovation n’est plus une option pour les entreprises. Changements économiques, nouvelles technologies, changement climatique : leur capacité à s’adapter conditionne aussi leur résilience et leur durabilité.
Le Dr Fanjaniaina Marie Lucia, Maître de conférences en Sciences agronomiques – Directrice des Projets et Partenariats, Université de Fianarantsoa a insisté sur le rôle que peuvent jouer les universités et les jeunes dans cette dynamique. « Qui dit recherche dit solutions. ». Les mémoires et travaux de recherche des étudiants ne doivent pas rester déconnectés des réalités du terrain. Ils peuvent apporter des réponses aux problématiques rencontrées par les entreprises et contribuer à renforcer leur capacité d’innovation.
Le message s’adresse aussi au secteur privé, invité à mieux valoriser les compétences et la capacité d’innovation des étudiants, des enseignants et des chercheurs. Pour les jeunes, le défi est de mettre leurs connaissances en lien avec leur environnement, de comprendre les besoins des entreprises et de sortir de leur zone de confort pour proposer des solutions adaptées.
Oser, apprendre et entreprendre
« Oser » est sans doute l’un des mots qui a le plus marqué les échanges. S’adressant directement aux étudiants, Zo Hasina Rakotoarisoa, Directeur de la Promotion et de la Communication, Bureau du Cadastre Minier de Madagascar les a encouragés à expérimenter et à apprendre de leurs expériences.« Osez. Expérimentez. Vous avez encore le droit à l’erreur. »Pour lui, l’expérience est une source de connaissance. Les stages doivent notamment être considérés comme des occasions de démontrer et de développer ses compétences, mais aussi de mieux comprendre les attentes du monde professionnel.
Les enseignants présents ont également souligné la nécessité de renforcer les passerelles entre la formation et le secteur privé. L’objectif : mieux mettre en relation les connaissances acquises à l’université avec les besoins et les réalités des entreprises.
Un dialogue qui se poursuit
Au terme de cette 7ᵉ édition, cinq messages ressortent des échanges : investir dans le capital humain, transformer davantage les ressources localement, renforcer les liens entre universités et entreprises, soutenir l’innovation et encourager les jeunes à passer de l’idée à l’action.
Première édition de Parlons Développement en 2026, le rendez-vous d’Antsirabe ouvre une nouvelle série de dialogues. Après sept éditions, l’initiative poursuit son objectif : réunir différents acteurs autour des enjeux de développement, confronter les expériences et faire entendre les idées et les préoccupations des jeunes.
Après Antsirabe, Parlons Développement poursuivra son parcours dans d’autres villes de Madagascar, avec de nouvelles thématiques et de nouveaux échanges autour des défis de développement du pays.
L'engagement des jeunes, dès leur arrivée, illustre la dynamique que Parlons Développement entend poursuivre à travers Madagascar