Parlons Développement - « Parlons Refondation » : Un dialogue structurant entre les jeunes et les autorités pour la paix et la sécurité à Madagascar
26 janvier 2026
Le dialogue a offert aux jeunes l’opportunité d’échanger directement avec des membres du gouvernement.
L’Amphithéâtre de la Faculté Économie-Gestion-Sociologie de l’Université d’Antananarivo a été le théâtre d’un échange inédit entre la jeunesse malgache et les autorités nationales. Organisé dans le cadre du Symposium national des jeunes pour la paix et la sécurité, et dans la suite de série de Dialogues de Parlons Développement, cet événement dénommé “Parlons Refondation” a bénéficié de l’appui du système des Nations Unies. L’objectif : créer un espace de dialogue ouvert et structuré pour bâtir ensemble les fondations d’un Madagascar plus pacifique et inclusif.
Une jeunesse mobilisée au cœur d’un contexte de transition
Ce dialogue s’inscrit dans un contexte marqué par les mobilisations citoyennes de fin septembre 2025, portées notamment par le mouvement Gen Z Madagascar et rejointes par des jeunes issus de divers horizons sociaux. Ces mobilisations, initialement centrées sur l’accès aux services de base, se sont élargies à des revendications pour une meilleure gouvernance, contribuant à l’installation d’un gouvernement de transition.
Un dialogue direct et interactif avec les autorités
Le dialogue a réuni des autorités locales comme le Ministre de la Communication et de la Culture, le Ministre de la Jeunesse et des Sports , le Directeur du Cabinet Civil de la Primature, ainsi que des jeunes engagés : membres de la Coalition nationale Jeunes, Paix et Sécurité, du mouvement Génération Z, des organisations étudiantes, de la société civile, des activistes et chercheurs. Pendant deux heures, les participants ont alterné interventions, panels, questions-réponses et échanges ouverts. L’objectif : favoriser l’écoute mutuelle, renforcer la transparence institutionnelle et encourager la co-construction d’engagements concrets entre les décideurs publics et la jeunesse.
Les discussions ont porté sur des enjeux structurants pour la refondation nationale, parmi lesquels :
- Intégration de la jeunesse dans le suivi et le contrôle de la refondation ;
- Rupture institutionnelle avec l’ancien système ;
- Redistribution équitable des ressources nationales et décentralisation effective ;
- Réforme du système éducatif.
Des engagements et des attentes
Les autorités ont réaffirmé que la Refondation s’apparente à un audit de l’État, qu’elle aboutira à une élection, et que toute décision future découlera exclusivement de la consultation nationale. Il a également précisé que toute Charte ou décision future découlera exclusivement d’une consultation nationale, dans le cadre d’une transition où les institutions d’urgence ont pour mission principale d’installer les conditions permettant au peuple de décider souverainement. Les jeunes, quant à eux, ont insisté sur la nécessité d’un suivi et d’une évaluation rigoureuse pour garantir la mise en œuvre des engagements.
« Le dialogue a été véritablement interactif. Les ministres et les autorités ont fait preuve de transparence. À présent, l’essentiel réside dans la mise en œuvre des engagements formulés », a déclaré Dera Jäckel Rabemananjara, participant au Symposium. « Les jeunes étaient particulièrement bien préparés, avec des idées claires et des arguments pertinents. Le principal défi a été le temps limité, qui n’a pas toujours permis d’approfondir certains échanges », a témoigné Tsiory Rafanomezantsoa Tsioritina Nomena.
Ce dialogue marque une étape importante dans la refondation nationale : reconnaître la jeunesse comme acteur majeur du changement, porteur d’aspirations, d’innovation et de volonté pour bâtir un Madagascar plus juste, durable et inclusif.
Le Symposium des Jeunes pour la Paix a été organisé conjointement par : EISA, FNUAP, HCDH, MSIS-TATAO, OHCHR, OIM, UN PBF, PNUD, PVNU, SAF-FJKM, TKI, UNESCO, UNICEF, UNODC.