5ème édition de Parlons Développement
De l’observateur à l’acteur : quand la jeunesse malgache co-construit les décisions qui transforment le pays
4 décembre 2025
À Madagascar, près de 70 % de la population est jeune. Une force démographique qui, longtemps spectatrice, revendique aujourd’hui un rôle actif dans la transformation du pays. Comment transformer cette énergie citoyenne pour en faire un levier durable et influent ? C’est la question centrale qui a animé la 5ᵉ édition de Parlons Développement, organisée le 4 décembre 2025 à l’Université Catholique de Madagascar (UCM), avec l’appui du PNUD, en partenariat avec la Fédération des Clubs de l’UCM.
Un espace de dialogue inédit
Sous le thème « De l’observateur à l’acteur : comment les jeunes peuvent co-construire les décisions qui transforment Madagascar ? », l’événement a réuni étudiants, universitaires, acteurs de la société civile et citoyens engagés. Objectif : créer un cadre inclusif où la jeunesse peut exprimer ses idées, débattre et proposer des solutions concrètes. « Ne pas seulement revendiquer, mais proposer et agir », a lancé en ouverture le Père Recteur, invitant les jeunes à s’impliquer dès aujourd’hui dans les processus politiques, la gestion des ressources naturelles, la sensibilisation aux enjeux contemporains et la promotion de la cohésion sociale.”, a lancé en ouverture le Père Recteur de l’UCM, Père Lambert Joseph Rakotoarisoa.
Dans un contexte mondial et national marqué par des défis multiples – crises économiques, chocs climatiques, inégalités persistantes et attentes croissantes en matière de gouvernance – la participation citoyenne des jeunes apparaît comme un levier essentiel de transformation. Avec Parlons Développement, le PNUD et ses partenaires offrent un cadre structuré pour canaliser cette énergie vers la co-construction, l’écoute et la collaboration intergénérationnelle.
Des échanges croisés pour éclairer les leviers d’action
Quatre intervenants aux parcours complémentaires ont croisé des perspectives historiques, sociales, institutionnelles et citoyennes :
- Mathieu Narendra, fondateur d’Alternatives Madagascar, met en avant des expériences concrètes de leadership transformationnel et d’inclusion sociale. Selon lui, la persévérance est le maillon faible de l’entrepreneuriat chez les jeunes : « Beaucoup osent démarrer, mais tenir dans la durée demande une vraie transformation des attitudes. »
- Shely Andriamihaja, responsable de l’Integrity Bootcamp à Transparency International Initiative Madagascar, ouligne l’importance de l’intégrité, de la transparence et d’une éducation citoyenne adaptée : soutien structuré, leadership renouvelé, capacités stratégiques, mobilisation communautaire et expériences immersives (consultations, mentorat).
- Océane Ranjeva Rabetafika, experte en influence et communication stratégique, a Insiste sur l’intelligence émotionnelle et la clarté du « pourquoi » individuel pour un engagement sincère, cohérent et durable : « Mettre des mots sur ce qu’on ressent, c’est déjà agir. »
- Lanto Ratsida, sociologue et président de l’Observatoire de la Jeunesse, appelle à bâtir des structures solides (Parlement de la Jeunesse, conseils légaux de représentation), préparer et accompagner les jeunes avant leur participation aux décisions, et réhabiliter l’image de la politique.
Majoritairement constitué d’étudiants de l’UCM, le public a également accueilli des étudiants issus d’autres établissements venus prendre la parole et partager leurs expériences. Les échanges ont porté sur l’engagement citoyen des jeunes, la place des aînés et la nécessité d’une co-construction inclusive du développement à Madagascar.
Les interventions ont mis en évidence l’engagement, le dynamisme et la capacité d’analyse critique de la jeunesse malgache.
Les échanges avec le public ont permis d’identifier les freins à l’engagement – manque d’espaces institutionnalisés, déficit de confiance, inégalités d’accès à l’information – mais aussi des leviers concrets pour renforcer la participation des jeunes à tous les niveaux.
Les discussions ont également mis en évidence des leviers concrets pour renforcer la participation des jeunes :
- la création d’expériences immersives et de cadres d’apprentissage adaptés ;
- le renforcement des capacités en leadership, intégrité et analyse critique ;
- la valorisation du dialogue intergénérationnel et de la co-construction entre jeunes et aînés ;
- la nécessité d’un engagement continu, au-delà des mobilisations ponctuelles.
Les interventions du public ont souligné le besoin de repenser l’éducation, la participation politique – y compris la question du vote et de la représentativité – ainsi que les mécanismes d’inclusion sociale et professionnelle, dans un contexte marqué par de fortes inégalités structurelles.
Vers une participation durable et institutionnalisée des jeunes
Au-delà du débat, cette 5ᵉ édition de Parlons Développement a mis en lumière la nécessité de créer et renforcer des mécanismes durables de co-construction entre les jeunes, les institutions publiques et les partenaires au développement. Il s’agit notamment de valoriser les initiatives portées par les jeunes, d’intégrer leurs propositions dans les processus décisionnels et de renforcer leurs capacités en matière de leadership, d’intégrité et de participation citoyenne.
En s’inscrivant dans les priorités du Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable (UNSDCF) et du Document de Programme de Pays (DPP) du PNUD, Parlons Développement contribue à nourrir le débat national sur la gouvernance inclusive, la cohésion sociale et le développement durable à Madagascar.
📽 Revivez en vidéo la 5ème édition de Parlons Développement - « De l'observateur à l'acteur : comment les jeunes peuvent co-construire les décisions qui transforment Madagascar ? »