À Haute Matsiatra, tradition et légalité s’unissent pour la paix : l’élan exemplaire du SOA MIRAY DIA
31 mai 2025
Fianarantsoa, mai 2025 — Dans une atmosphère à la fois solennelle et fraternelle, plus d'une soixantaine de personnes ont pris part à un atelier de renforcement des capacités inédit à Fianarantsoa. Portée par le Projet LANDJA, cette initiative marque une étape cruciale dans l’harmonisation entre justice traditionnelle et justice formelle, avec un objectif clair : une cohésion sociale ancrée dans le droit, la dignité humaine et la sécurité collective.
Au cœur de cette dynamique : l’Association SOA MIRAY DIA, surnommée par certains “le militaire du Dina”. Fondée légalement en 2020, cette structure communautaire a su s’imposer dans les quatre districts de la région comme une actrice incontournable dans la lutte contre l’insécurité et la préservation de la paix.
Une reconnaissance officielle et des engagements forts
L’atelier s’est ouvert sous l’égide du Préfet, en présence du Directeur de Cabinet du Gouvernorat de Haute Matsiatra, du Secrétaire Général de la Commune urbaine de Fianarantsoa, du Chef de projet LANDJA et du Président régional de SOA MIRAY DIA. Cette représentation institutionnelle est un signe fort : les autorités administratives et judiciaires reconnaissent et appuient pleinement le rôle du SOA MIRAY DIA dans la consolidation de la paix, tout en appelant à une meilleure structuration de ses actions dans le respect de la législation nationale et les droits humains.
C’est précisément ce que vise cet atelier : recadrer, outiller et renforcer les membres de l’association sur des thématiques clés telles que les droits humains, la lutte contre la corruption, la légalité du Dina, la décentralisation ou encore le port et la détention d’armes.
Quand les savoirs ancestraux rencontrent la rigueur juridique
Les discussions ont mis en lumière les spécificités des mécanismes de justice traditionnelle pratiqués par l’association, et leur efficacité dans la résolution de conflits communautaires. L’un des messages puissants énoncés lors de ces échanges est celui-ci :
“Ny vonodina tsy sazy fa fanoloana ny raha natao”,
que l’on peut traduire par “le Vonodina n’est pas une punition mais une compensation”.
Une parole sage qui témoigne de l’esprit réparateur, et non répressif, de la justice coutumière locale.
Un pont entre générations et systèmes
Plus qu’un atelier technique, cet évènement a été un acte de reconnaissance et de transmission. Il a permis à l’État, aux partenaires comme le PNUD, le HCDH et MSIS Tatao, et à la société civile de co-construire une vision commune d’un système judiciaire hybride, inclusif et ancré dans la réalité locale. Les échanges ont notamment permis de discuter des défis liés à l’application des Dina, tout en promouvant la participation des jeunes, des femmes et des minorités.
Vers une paix durable, enracinée et portée par les communautés
Cette initiative du Projet LANDJA, financée par le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix, s’inscrit dans la mise en œuvre de la Priorité Stratégique 1 du PNUD Madagascar. Elle incarne une conviction forte : la paix ne se décrète pas, elle se bâtit, jour après jour, avec ceux et celles qui vivent les réalités du terrain.
En mobilisant les acteurs locaux, en légitimant les structures traditionnelles et en garantissant le respect des droits fondamentaux, la Région de Haute Matsiatra donne l’exemple d’une justice de proximité qui allie humanité, efficacité et légalité.