Haïti : une jeunesse qui refuse d’être définie par les crises
28 mai 2026
Cette initiative vise à offrir à la jeunesse haïtienne un espace de dialogue, de réflexion et d’engagement.
Port-au-Prince, le 28 mai 2026 - Face à une crise de confiance mondiale envers les institutions traditionnelles et à des défis sociaux de plus en plus complexes, 736 jeunes haïtien.ne.s ont répondu présent, les 26 et 28 mai 2026, à Port-au-Prince, à l’occasion du Forum national sur le Leadership des Jeunes en Haïti (FLJH), en vue de faire entendre leur vision de l’avenir.
Articulé autour de deux temps forts, le forum a d’abord donné lieu à des ateliers et à des présentations thématiques avant de s’achever, lors de la deuxième journée, par une cérémonie officielle de restitution des échanges et des principales recommandations formulées par les jeunes.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec le Campus Henry Christophe de Limonade de l’Université d’État d’Haïti (CHCL-UEH), à travers son Centre d’Appui aux Politiques Publiques (CAPP), et avec le soutien financier du Canada, a accompagné l’organisation de ce forum afin d’offrir à la jeunesse haïtienne un espace de dialogue, de réflexion et d’engagement autour des principaux enjeux démocratiques, économiques et sociaux.
Aujourd’hui malgré les multiples défis auxquels le pays est confronté, de nombreux jeunes continuent de faire émerger des initiatives citoyennes, entrepreneuriales, numériques et communautaires qui contribuent activement à la vie économique et sociale du pays.
« La jeunesse haïtienne n’a pas besoin de discours. Elle a besoin d’espaces, d’accès et de confiance. ».Xavier Michon, Représentant Résident du PNUD en Haïti
« Le rapport La Métamorphose silencieuse documente avec rigueur cette transformation silencieuse. L’une de ses recommandations centrales est sans ambiguïté : Il faut créer des mécanismes institutionnels permanents de consultations des jeunes dans l’élaboration des politiques publiques. Pas ponctuels, mais permanents. Ce forum constitue une réponse concrète à cette ambition. La jeunesse haïtienne n’a pas besoin de discours. Elle a besoin d’espaces, d’accès et de confiance » a indiqué M. Xavier Michon, Représentant Résident du PNUD en Haïti à l’ouverture de la cérémonie officielle.
L’événement à Port-au-Prince marque l’aboutissement d’un cycle de forums tenus en décembre dans le Grand Nord et en mars dans le Grand Sud, ayant mobilisé près de 2000 jeunes autour de thématiques structurelles telles que la gouvernance démocratique, l’entrepreneuriat, l’intégrité publique, l’inclusion sociale ou encore la participation électorale. Cette initiative visant à agréger les voix de la jeunesse revêt d’une importance d’autant plus grande que près de 2.2 millions de jeunes haïtien.nes âgés de 18 à 27 ans n’ont jamais eu l’opportunité d’exercer leur droit de vote, soulignant la nécessité de renforcer les mécanismes d’inclusion politique et de dialogue avec la jeunesse.
M. Jean-Robert Dossaint, membre du Cabinet du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), a souligné pour sa part l’importance de renforcer les liens entre le système éducatif et les grands enjeux de développement du pays, notamment à travers une participation inclusive des jeunes :
« Ce forum représente une grande opportunité pour la valorisation de l’éducation citoyenne, le renforcement du leadership des jeunes élèves et étudiants, la promotion de l’engagement communautaire de ces jeunes et la consolidation des liens entre le système éducatif et les dynamiques nationales de développement ».
Mme Pédrica Saint Jean, Ministre à la condition féminines et aux droits des Femmes, a également mis en avant l’importance de garantir une représentation plus inclusive des femmes dans les espaces politiques et décisionnels et la promotion de la masculinité positive :
« Une société ne peut progresser lorsque la moitié de ses jeunes est freinée dans ses ambitions, limitée dans ses opportunités ou exclues des espaces de décision. Les jeunes filles et les jeunes garçons doivent pouvoir grandir avec les mêmes droits, les mêmes chances et la même dignité. L’égalité n’est pas une menace pour les garçons. Au contraire, elle est une richesse pour toute la société ».
En marge des panels et discussions, le forum a également permis de rapprocher les jeunes de plusieurs institutions publiques et acteurs du secteur privé à travers une foire dédiée aux services publics, au recrutement et à l’accompagnement professionnel. Des institutions comme l’ONI, les Archives nationales, l’ULCC, la PNH, les Forces armées d’Haïti ainsi que plusieurs entreprises privées et le Programme des volontaires des Nations Unies, y ont pris part.
M. François Quenneville-Dumont, Chef de la Coopération du Canada en Haïti, a quant à lui réaffirmé le soutien du gouvernement canadien aux initiatives visant à promouvoir une gouvernance inclusive et à élargir la participation des jeunes aux dynamiques démocratiques du pays :
« Le Canada encourage les initiatives qui soutiennent le dialogue ouvert et une gouvernance responsable. Pour nous, l’appui à la participation des jeunes s’inscrit dans un engagement plus large en faveur de la stabilité démocratique et du renforcement des institutions haïtiennes. À travers nos partenariats, nous continuerons d’accompagner les efforts visant à promouvoir une gouvernance inclusive et à soutenir les acteurs engagés dans la construction d’un avenir plus stable. ».
Les forums régionaux organisés dans le Nord, le Sud et l’Ouest d’Haïti ont permis à plus de 1050 jeunes issus de 134 communes d’exprimer leurs préoccupations et surtout de formuler des recommandations concrètes pour renforcer la gouvernance démocratique selon le professeur Gédéon Louis, intervenant au nom du CAPP.
Parmi les différentes recommandations formulées, les participant.e.s ont opté à l’unanimité pour la création d’un Conseil Consultatif de la Jeunesse afin de garantir une représentation institutionnelle permanente des jeunes dans les décisions publiques. Ils ont également insisté sur la modernisation des institutions, la lutte contre la corruption, la transparence électorale, la sécurisation des bureaux de vote et la réforme des procédures électorales.
Parmi les principales actions proposées figurent la pérennisation du dialogue avec la mise en place d’un Conseil national de suivi, le lancement d’audits électoraux, la création de clubs d’intégrité, d’incubateurs jeunesse et d’une plateforme numérique participative, ainsi que l’intégration accrue des jeunes dans la fonction publique.
Les recommandations soulignent enfin l’urgence de réformes judiciaires et constitutionnelles capables de restaurer la confiance citoyenne, renforcer la sécurité et promouvoir une gouvernance inclusive, transparente et durable.
Contact médias
Ruvens Ely Boyer, PNUD Haïti,
+509 48 94 85 34
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