Haïti met le cap vers l’actualisation de sa Stratégie nationale et son Plan d’Action pour la biodiversité et son 7e rapport national sur la biodiversité

16 mars 2026
Workshop in a classroom; presenter at a podium with slides, audience seated at green-covered tables.

Au-delà de leur portée technique, ces consultations traduisent la volonté de l’État haïtien de renforcer l’ancrage territorial de la gouvernance environnementale

Photo : Daniel Lamour | PNUD Haïti

Du 2 au 13 mars 2026, quatre villes d’Haïti, Cap-Haïtien, Jérémie, Les Cayes et Jacmel, ont accueilli une série d’ateliers destinés à actualiser la Stratégie nationale et le Plan d'action pour la biodiversité (SPANB) ainsi qu'à préparer le 7ᵉ Rapport national sur la biodiversité. 

Organisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec le ministère de l’Environnement, cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme GEF-8 Umbrella, financé par le Fonds pour l'environnement mondial. Elle vise à intégrer les contributions des acteurs locaux dans l’élaboration des politiques publiques environnementales. 

Quatre territoires, une diversité d’acteurs et d’enjeux écologiques

Ces ateliers ont rassemblé un large éventail de parties prenantes : institutions publiques, universités, organisations locales, secteur privé, partenaires techniques et financiers.

Au Cap-Haïtien (Nord), dans une région où coexistent les reliefs du massif septentrional abritant le Parc national historique (Citadelle, Sans Souci, Ramiers), et les mangroves du Parc national des Trois Baies, situé entre le Nord et le Nord-Est, les échanges ont mis en évidence les liens étroits entre déforestation, patrimoine et écosystèmes côtiers. Cette première étape a posé les bases d’un processus participatif à l’échelle nationale.

À Jérémie (Grand’Anse), région caractérisée par une biodiversité terrestre et marine remarquable, notamment autour du Parc national Macaya, les sessions ont permis d’affiner la compréhension des enjeux environnementaux locaux. Les contributions des communautés, du monde scientifique et des acteurs économiques ont nourri les réflexions sur la gestion durable des ressources naturelles.

Aux Cayes (Sud), face à des défis à la fois agricoles, côtiers et climatiques, les travaux ont permis d’intégrer les spécificités d’une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique. Les agriculteurs, pêcheurs, les chercheurs et les collectivités ont partagé leurs expériences et propositions, ancrées dans les dynamiques locales.

Enfin à Jacmel (Sud-Est), au sein du massif de la Selle, entre le Parc National La Visite, les forêts des Pins et les forêts sèches allant de Belle-Anse à Anse-à-Pitres, les échanges ont mis en lumière la fragilité des écosystèmes de montagne et leur vulnérabilité face aux aléas climatiques. Cette étape a permis de compléter la prise en compte des principaux systèmes écologiques du pays dans une approche intégrée.

Des consultations vers des orientations stratégiques

Au-delà de leur portée technique, ces consultations traduisent la volonté de l’État haïtien de renforcer l’ancrage territorial de la gouvernance environnementale afin de mieux adapter les politiques publiques aux réalités locales.

Les recommandations issues de ces ateliers alimenteront deux documents clés : le 7ᵉ Rapport national sur la biodiversité et la Stratégie et Plan d’action National pour la Biodiversité (SPANB).

Fort de son appui aux politiques environnementale et à la mise en œuvre des engagements internationaux d’Haïti, notamment la Convention sur la diversité biologique, le Cadre Mondial pour la Biodiversité de Kunming-Montréal, et les Objectifs de développement durable, le PNUD accompagne ce processus en contribuant à inscrire durablement ces dynamiques dans les territoires, afin de concilier préservation des écosystèmes, résilience des populations et développement durable.