Former la jeunesse, protéger la couche d’ozone: le Ministère de l'Environnement et le PNUD passent à l'action

28 juillet 2026

Le ministère de l'Environnement, à travers le Bureau national de l'Ozone (BNO), avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a procédé, le mercredi 28 juillet 2026, au lancement officiel du Programme de formation certifiante intensive (PFCI) en réfrigération et climatisation. Cette initiative bénéficiera à 60 jeunes en situation de déplacement vivant dans les camps d'hébergement de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, dont près de la moitié sont des jeunes femmes.

La cérémonie, organisée en présence du ministre de l'Environnement, Valéry Fils-Aimé, et du Représentant résident du PNUD en Haïti, Xavier Michon, a réuni plus d'une centaine de participants, parmi lesquels les bénéficiaires du programme, des cadres du ministère et du Bureau national de l'Ozone, les responsables de l'Académie des Arts et des Métiers (ACAM), institution chargée de dispenser la formation, ainsi que plusieurs partenaires et représentants des médias.

Une réponse à la fois environnementale, économique et sociale

Mis en œuvre dans le cadre du projet « Renforcement institutionnel – Phase VI » du Protocole de Montréal, le Programme de formation certifiante intensive répond à un double objectif : renforcer les capacités nationales en matière de protection de la couche d'ozone tout en favorisant l'insertion socio-professionnelle de jeunes particulièrement affectés par les crises que traverse le pays.

Pendant trois mois, de juillet à octobre 2026, les soixante bénéficiaires, âgés de 16 à 30 ans, suivront une formation intensive combinant enseignements théoriques et travaux pratiques en réfrigération et climatisation, sécurité, maintenance des équipements et gestion responsable des fluides frigorigènes, conformément aux exigences du Protocole de Montréal et de l'Amendement de Kigali. À l'issue du programme, ils obtiendront un Certificat d'aptitude professionnelle (CAP) reconnu par l'Institut national de la formation professionnelle (INFP), leur ouvrant les portes d'un secteur en forte demande de techniciens qualifiés maîtrisant les technologies à faible impact environnemental.

Dans son allocution, le ministre de l'Environnement a expliqué que cette initiative est née d'une réalité qu'il a lui-même constatée sur le terrain.

« L'une de mes premières visites, seulement cinq jours après ma prise de fonction en tant que Ministre de l'Environnement, m'a conduit dans plusieurs camps de personnes déplacées. J'y ai découvert les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles vivent de nombreux jeunes, notamment dans les camps de Médecins Sans Frontières à Delmas 33 et de Delmas 31. Cette réalité m'a profondément marqué et m'a convaincu qu'il était impératif d'agir en leur faveur. L'État a le devoir de ne pas laisser cette jeunesse continuer à subir une violence qu'elle n'a pas choisie. Ce dont ces jeunes ont avant tout besoin, ce sont d'opportunités, d'outils et de compétences leur permettant de construire un avenir digne » .

À travers cette formation, le MDE transforme cette vision en action concrète. Au-delà de l'apprentissage d'un métier, cette initiative leur donne les moyens de prendre leur vie en main, d'intégrer le marché du travail ou de créer leur propre activité. 

Le Ministre a également rappelé l'engagement du Gouvernement haïtien dans la mise en œuvre du Protocole de Montréal et dans l'élimination progressive des hydrochlorofluorocarbures (HCFC), soulignant que la transition vers des technologies plus respectueuses de l'environnement exige une nouvelle génération de techniciens formés aux bonnes pratiques.

Un partenariat au service de la jeunesse

Prenant la parole à son tour, le Représentant résident du PNUD en Haïti, Xavier Michon, a replacé cette initiative dans une vision plus large du développement durable.

« À première vue, cette cérémonie pourrait sembler marquer le lancement d'une simple formation professionnelle. En réalité, elle raconte quelque chose de beaucoup plus important. Elle raconte la manière dont nous pouvons transformer un défi environnemental en opportunité économique. Elle raconte la manière dont nous pouvons transformer une situation de déplacement en perspective d'avenir. Et elle raconte, surtout, notre confiance dans le potentiel de la jeunesse haïtienne. »

Refusant de réduire les bénéficiaires à leur situation actuelle, il a insisté sur l'importance de miser sur leurs capacités.

« Les jeunes que nous accompagnons aujourd'hui ont connu l'expérience du déplacement. Mais nous refusons de les définir uniquement par leur vulnérabilité. Nous choisissons de reconnaître leur potentiel. Nous choisissons de miser sur leurs talents. »

Afin de permettre aux bénéficiaires de suivre la formation dans les meilleures conditions, le ministère de l'Environnement, avec l'appui du PNUD, a prévu un dispositif d'accompagnement comprenant notamment une allocation mensuelle de transport pendant toute la durée du programme.

Le programme accorde également une attention particulière à l'inclusion des femmes, qui représentent près de la moitié des bénéficiaires. Cette approche traduit la volonté des partenaires de favoriser un accès équitable des jeunes Haïtiennes aux métiers techniques et aux opportunités offertes par les secteurs de la transition écologique.

Au-delà de l'acquisition de compétences techniques, cette première cohorte symbolise l'engagement du ministère de l'Environnement à faire de la jeunesse un acteur de la transition écologique, tout en créant des perspectives durables d'insertion professionnelle pour des jeunes particulièrement touchés par les crises que traverse le pays.