Le PNUD et le Sénat français s'associent pour renforcer les capacités du Parlement arménien

17 décembre 2025
Group of professionals posing for a photo in a conference room around a long table.
Photo: UNDP

« Partout dans le monde, les parlements sont confrontés à des défis remarquablement similaires », estime Heghine Khachikyan, chef de cabinet adjoint de l'Assemblée nationale arménienne. « Rencontrer vos pairs permet de s'en rendre compte et montre comment le changement se construit étape par étape ».

Le portefeuille de Heghine couvre des questions essentielles qui constituent le fondement de la gouvernance démocratique : renforcer l'éthique parlementaire, améliorer la gestion interne et professionnaliser le personnel afin de soutenir un contrôle et un processus législatif plus efficaces. Avec le soutien du PNUD, elle a rejoint le cycle de formation international 2025 du Parlement français, à la recherche d'une expérience comparative qu'elle pourrait mettre en pratique dans son pays. 

Ce qui l'a le plus frappée, c'est à quel point le système français ressemble aux structures parlementaires arméniennes. « Le cadre éthique s'est révélé particulièrement utile », dit-elle. « Chaque parlement s'efforce de trouver un équilibre entre intégrité, transparence et réalités politiques. Voir comment d'autres abordent cette question nous a aidés à clarifier les réformes dont nous avons encore besoin. »

Les discussions avec le personnel des commissions et du secrétariat du Parlement français ont permis d'ancrer encore davantage ces enseignements. « La professionnalisation du personnel est la pierre angulaire de tout parlement efficace », note-t-elle. « Comprendre comment d'autres parlements ont renforcé leurs capacités, restructuré leurs équipes et défini les responsabilités nous donne des options pratiques que nous pouvons adapter. »

Pour Heghine, la valeur de la formation va au-delà des sessions. « La mise en place d'institutions au service des citoyens est un processus de longue haleine. Rester en contact avec nos collègues d'autres parlements nous aide à maintenir notre élan et nous donne la certitude que la réforme est à la fois possible et réalisable. »

Le Cycle international de formation sur l'organisation des travaux parlementaires, organisé conjointement par l'Assemblée nationale et le Sénat français, est l'un des programmes d'apprentissage entre pairs les plus reconnus au monde pour le personnel parlementaire.

La participation du PNUD et de ses parlements partenaires a été rendue possible grâce au nouveau protocole d'accord entre le PNUD et le Sénat français, qui officialise la collaboration en matière de renforcement des capacités parlementaires, d'échanges entre pairs et d'innovation.  Le cycle anglophone de cette année a réuni 22 fonctionnaires de niveau intermédiaire et supérieur provenant de 18 pays pour un programme d'une semaine couvrant la structure institutionnelle du Parlement français, les pratiques législatives et de contrôle, les cadres éthiques et d'intégrité, l'engagement et la communication publics, ainsi que les innovations en matière d'administration et de services parlementaires.

Le PNUD travaille avec environ un tiers des parlements dans le monde en tant qu'institutions qui ancrent la gouvernance démocratique, en renforçant leur capacité à légiférer, à superviser et à représenter de manière à accélérer le développement durable et à répondre aux nouveaux défis mondiaux. La coopération avec le Sénat français s'inscrit directement dans le cadre de ce mandat. Grâce à son initiative mondiale ParlDeliver, le PNUD travaille avec les parlements pour aider les pays à évoluer vers des sociétés plus vertes, plus égalitaires et plus numériques. 

L'Assemblée nationale arménienne est l'un des parlements qui s'est associé au PNUD pour un renforcement institutionnel à long terme. Le passage à un système parlementaire a conféré de nouvelles responsabilités à l'Assemblée nationale, allant de la législation à la supervision et à l'engagement des citoyens. Depuis 2020, le pays est confronté à de profonds défis, notamment la pandémie de Covid, le conflit dans et autour du Haut-Karabakh, et, par conséquent, le déplacement interne de plus de 100 000 personnes, mais il a également fait preuve de résilience et d'un engagement fort en faveur de la gouvernance démocratique. 

Pour Ruzanna Harapetyan, coordinatrice de l'initiative « Un parlement moderne pour une Arménie moderne » du PNUD, l'expérience de Heghine à Paris s'inscrit dans un contexte plus large. « Notre travail porte ses fruits lorsque les membres du personnel parlementaire ont accès non seulement à une formation technique, mais aussi à des pairs qui comprennent leurs défis », explique-t-elle.

« Le programme nous a offert une occasion rare de sortir de nos pressions opérationnelles quotidiennes et de réfléchir de manière plus approfondie à la manière dont nous soutenons le changement institutionnel. Ce qui m'a le plus marqué, c'est de voir comment les parlements matures structurent leurs systèmes internes pour soutenir l'élaboration de lois fondées sur des données probantes et moderniser le travail des commissions afin de renforcer la résilience institutionnelle à long terme. Ce sont précisément les domaines que nous privilégions dans le cadre de la nouvelle stratégie de développement parlementaire. La formation m'aidera à façonner le renforcement des capacités et l'apprentissage entre pairs avec l'Assemblée nationale à l'avenir. »

« Rester en contact avec une communauté plus large de praticiens parlementaires permet d'apporter des idées nouvelles, de partager des pratiques, des connaissances et des expériences, et d'éviter les écueils courants. »