Un dialogue stratégique pour placer le genre au cœur de la stabilisation
4 août 2025
Des experts du PNUD ont animé la session avec les parties prenantes du Tanganyika
Un dialogue stratégique pour placer le genre au cœur de la stabilisation
Du 23 au 25 juillet 2025, la ville de Kalemie a accueilli un dialogue stratégique d’envergure, réunissant 45 participants – dont 28 femmes – autour d’une ambition claire : renforcer l’intégration du genre dans les politiques publiques locales et les dispositifs de stabilisation. Organisé par le PNUD en étroite collaboration avec le Ministère provincial du Genre, cet atelier a constitué un moment fort d’apprentissage collectif, de réflexion critique et de construction d’engagements concrets pour l’avenir du Tanganyika.
Une approche transversale pour un défi systémique
Face aux inégalités persistantes et à la faible représentation des femmes dans les espaces décisionnels, le dialogue a mis en lumière l’urgence de repenser les processus de gouvernance et de développement à l’aune de l’égalité de genre. L’atelier a conjugué exposés théoriques, travaux de groupe, études de cas et partages d’expérience pour renforcer les capacités des acteurs étatiques, communautaires et associatifs. L’enjeu : faire du genre non pas une thématique marginale, mais un principe structurant des politiques locales et des efforts de paix.
Des délégués des territoires ont également assistés à cette session
Des outils concrets pour une transformation durable
L’atelier a permis aux participants de se familiariser avec des outils d’analyse et de planification sensibles au genre : grille d’analyse, arbre des inégalités, chaîne de résultats genrés, mais aussi avec les cadres juridiques et stratégiques nationaux et internationaux tels que la CEDEF, la Constitution congolaise, la PNSD et les PDP provinciaux. Des échanges riches ont notamment mis en exergue les liens étroits entre genre, sécurité humaine, justice et cohésion sociale.
Leadership féminin et masculinité positive à l’agenda
En parallèle du volet technique, une attention particulière a été portée à la promotion du leadership féminin et à la valorisation de la masculinité positive. Ces dimensions, souvent négligées, se sont révélées centrales pour déconstruire les normes patriarcales qui entravent l'inclusion et fragilisent la paix sociale. L’accent a été mis sur l’importance de la représentation équitable des femmes dans les instances locales, la reconnaissance de leurs rôles dans la prévention des conflits, et le soutien aux figures masculines engagées pour l’égalité.
Des sessions en bilatéral étaient animées pour les délégations des territoires
Des engagements concrets pour demain
Les travaux de groupe ont débouché sur une série de recommandations précises et opérationnelles : formation continue des autorités locales à l’analyse genre, intégration du genre dans les initiatives communautaires de stabilisation, création de mécanismes de suivi-évaluation sensibles au genre, et élaboration d’un plan d’action provincial. Ces propositions, validées collectivement, constituent une feuille de route ambitieuse mais réaliste fortement soutenues par une communauté de bonnes pratiques en matière du genre, formalisée à travers une plateforme numérique pour optimiser les interactions.
Et maintenant ? Vers une stabilisation plus inclusive
L’atelier ne constitue qu’une première étape. La mise en œuvre effective des recommandations nécessitera un engagement fort des autorités provinciales, un accompagnement technique soutenu et une mobilisation des ressources. Le PNUD s’est engagé à accompagner ce processus, en organisant des sessions de suivi et en soutenant l’élaboration d’un plan d’action dédié. Car c’est à ce prix que la stabilisation pourra devenir un vecteur d’inclusion, et non un simple retour à l’ordre.
45 participants – dont 28 femmes – engagés à renforcer l’intégration du genre dans les politiques publiques locales et les dispositifs de stabilisation
En somme, ce dialogue stratégique à Kalemie illustre comment le genre peut devenir un levier puissant de transformation institutionnelle et de cohésion sociale. À l’heure où les défis de paix, de développement et de gouvernance se croisent, l’intégration du genre dans les politiques publiques locales ne relève plus du choix mais de la nécessité. Le Tanganyika en a pris la mesure. Reste désormais à traduire les engagements en actes.