Droits, justice et action : Le PNUD et l’INF outillent le personnel sur les avancées juridiques en faveur des femmes et des filles au Bénin

10 mars 2026
Photo: Diverse group around a conference table as a presenter points to a slide showing a globe.

Madame Manon BERNIER, Représentante Résidente a.i. du PNUD au Bénin délivrant son message introductif sur l'importance de la promotion des droits des femmes et des filles

Photo: PNUD Bénin / Hugues Ahounou

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des femmes, édition 2026, placée sous le thème « Droits. Justice. Action pour toutes les femmes et les filles », le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a organisé, en collaboration avec l’Institut National de la Femme (INF), une séance de partage et d’échanges à l’intention de son personnel. 

Cette rencontre a permis de revenir de manière pédagogique sur les nouvelles réformes intégrées au Code des personnes et de la famille du Bénin, révisé en 2021 et de renforcer la compréhension du personnel sur les avancées juridiques majeures visant à mieux protéger les droits des femmes et des filles au Bénin.

« Au PNUD, l’égalité de genre est au cœur de notre mandat », a déclaré Mme Manon BERNIER, Représentante Résidente a.i. du PNUD Bénin.  Elle a réaffirmé l’engagement du PNUD à la promotion et au respect des droits de la femme.

Les réformes du Code des personnes et de la famille au Bénin, notamment via la loi n°2021-13 du 20 décembre 2021 et la loi n°2002‑07 du 24 août 2004 portant Code des personnes et de la famille complétée et modifiée, visent à adapter le droit de la famille aux réalités sociales actuelles et à renforcer l’égalité entre homme et femme et la protection de la femme.

La Présidente de l’Institut National de la Femme, Me Huguette BOKPE GNACADJA s’est réjouie du partenariat avec le PNUD depuis la mise en place de son institution. Elle a remercié le PNUD pour la confiance et pour l’organisation de cette séance, qu’elle considère comme un rendez-vous du donner et du recevoir.  

Me Josette ATADE, Avocate et Chef Pôle des Affaires Juridiques à l’INF a présenté de façon détaillée les innovations du Code, notamment celles liées à la filiation, au nom de famille des conjoints, aux fiançailles, au mariage et au divorce. Le code des personnes et de la famille au Bénin a connu trois temps forts, a-t-elle rappelé : la période de 1900 à 2004 ; celle de 2004 à 2021 et puis celle de 2021 à ce jour. 

Il ressort du code modifié et complété en 2021 que l’enfant peut désormais porter soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre du nom du père. En l’absence de déclaration conjointe à l’officier de l’état civil mentionnant le choix de l’enfant, celui-ci prend le nom de celui des parents à l’égard duquel sa filiation est établie en premier lieu et le nom de son père si sa filiation est établie simultanément à l’égard de l’un et de l’autre. En cas de désaveu de paternité, l’enfant porte le nom de sa mère.

Par ailleurs, en cas de mariage, chaque époux conserve son nom ou prend celui de son conjoint ou adjoint le nom de celui-ci au sien. Il en va de même en cas de divorce. Le conjoint divorcé peut continuer de porter le nom de son ex-époux.

Sur le plan matrimonial, l’article 113 du code révisé dispose que la connaissance mutuelle des familles par la présentation réciproque de celles-ci vaut promesse de mariage entre un homme et une femme. Au terme de la connaissance mutuelle des familles, les deux partenaires qui y ont consenti deviennent des fiancés. Chacun des fiancés a le droit de rompre unilatéralement les fiançailles. Toute rupture abusive constatée par le juge peut donner lieu au paiement de dommages-intérêts conformément au droit commun. Mais en aucun cas, les dépenses occasionnées par la connaissance mutuelle des familles ne peuvent faire l’objet d’un remboursement ou d’une indemnisation.

La session a été marquée par des questions ouvertes et des échanges dynamiques et enrichissants, qui ont permis de mieux saisir les enjeux de l’application effective au quotidien de ces réformes. 

Malgré les avancées sur le plan juridique, beaucoup de femmes et filles continuent d’être lésées dans leurs droits faute de connaissance et d’information. La question fondamentale posée à l’INF est comment faire pour informer et sensibiliser davantage les femmes dans les contrées les plus reculées du Bénin et dans les langues locales sur les différents textes juridiques protégeant leurs droits. Mme Flore DJINOU, Secrétaire Exécutive de l’INF a rassuré des efforts de vulgarisation des lois relatives aux droits de la femme. En dehors des sensibilisations ciblées, plusieurs documents ont été élaborés par l’INF pour diffuser les contenus des lois protégeant les droits des femmes et des filles, a-t-elle laissé entendre. Toutefois, elle a saisi cette opportunité pour exprimer le besoin d’un accompagnement en faveur de l’INF, afin de renforcer ses capacités à assumer pleinement ses attributions. 

Pour le personnel du PNUD, cette rencontre a été l’occasion de renforcer leur connaissance individuelle et collective des droits non seulement des femmes, mais aussi de la famille, de la communauté tout entière afin de faciliter la cohérence entre l’action programmatique du PNUD, le cadre normatif national et les priorités stratégiques du Gouvernement en matière d’égalité et d’inclusion.  Le personnel en remerciant l’équipe de l’INF a renouvelé son engagement à promouvoir les droits humains, la justice sociale et l’égalité de genre dans toutes les sphères de la vie professionnelle et personnelle.

Photo de famille du personnel du PNUD et de la délégation de l'INF

Photo de famille des participants à la célébration de la JIF au PNUD Bénin

Photo: PNUD Bénin / Hugues Ahounou