À GITEX Africa 2026, le PNUD met le digital et l’IA au service d’un développement durable, inclusif et souverain
9 juin 2026
Du 7 au 9 avril 2026, Marrakech a accueilli une nouvelle édition de GITEX Africa, rendez-vous désormais incontournable pour celles et ceux qui pensent, développent et accompagnent les transformations numériques du continent. Dans cet écosystème où se croisent décideurs publics, acteurs privés, innovateurs, investisseurs et partenaires du développement, le PNUD, aux côtés du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a porté un message clair et essentiel: le digital et l’intelligence artificielle n’ont de valeur que s’ils contribuent à améliorer la vie des personnes, renforcer l’action publique et accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable.
Cette vision a pris forme à travers le pavillon Digital for Sustainable Development — D4SD, conçu comme un espace de dialogue, de démonstration et de mise en relation autour d’un numérique plus inclusif, plus responsable et mieux ancré dans les priorités des pays.
L’inauguration du pavillon D4SD a constitué l’un des temps forts de la participation du PNUD. Elle a été présidée par Son Excellence Monsieur Aziz Akhannouch, Chef du Gouvernement, aux côtés de Son Excellence Madame Amal El Fallah Seghrouchni, Ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et de Madame Ilaria Carnevali, Représentante résidente du PNUD au Maroc. Une séquence symbolique, certes, mais dont la portée dépasse largement l’image. Une séquence qui rappelle que le numérique responsable n’est pas l’affaire de spécialistes travaillant en vase clos. C’est un choix politique, institutionnel et collectif.
Le D4SD Hub s’inscrit dans une dynamique internationale engagée dans le sillage de la 80e Assemblée générale des Nations Unies, tenue à New York en septembre 2025. Il vise à mobiliser le digital et l’intelligence artificielle pour répondre aux défis actuels du développement, en accompagnant les pays dans la conception de stratégies numériques et IA, le renforcement des capacités institutionnelles et la construction de partenariats solides, notamment avec le secteur privé. À travers cette plateforme, le PNUD entend passer d’un discours sur l’innovation à une approche opérationnelle : aider les institutions à mieux comprendre les technologies, à les encadrer, à les adapter à leurs réalités et à les utiliser de manière responsable.
Parmi les offres phares du D4SD figure l’AI Solutions Marketplace, une place de marché destinée à faciliter l’échange transfrontalier de solutions d’intelligence artificielle répondant à des besoins du secteur public. L’idée part d’un constat simple: de nombreux gouvernements font face à des défis similaires, mais développent souvent leurs réponses séparément. Le Marketplace permet de repérer, adapter et déployer des solutions déjà testées, tout en intégrant des mécanismes d’assurance qualité, de conformité éthique et d’accompagnement à la mise en œuvre. Pour les administrations publiques, cela peut représenter un gain de temps, une réduction des coûts et une meilleure maîtrise des risques liés à l’usage de l’IA.
Le D4SD propose également l’AI Landscape Assessment — AILA, un cadre développé par le PNUD pour évaluer le niveau de préparation d’un pays à l’intelligence artificielle. L’analyse couvre trois dimensions majeures : l’écosystème IA, l’usage de l’IA par le gouvernement, ainsi que les cadres de régulation et d’éthique. L’outil permet d’identifier les priorités, de produire un tableau de bord interactif et d’appuyer la formulation ou l’opérationnalisation d’une stratégie nationale d’IA. Dans un contexte où plusieurs pays cherchent encore à structurer leur approche, AILA offre une lecture claire des capacités existantes, des écarts à combler et des choix stratégiques à engager.
Une autre composante importante concerne le déploiement de l’IA et le renforcement des capacités des gouvernements. Cette offre répond à un besoin de plus en plus pressant : permettre aux institutions publiques, aux niveaux décisionnel comme technique, de disposer des connaissances, outils et réflexes nécessaires pour utiliser l’IA de manière responsable. Elle s’adresse à la fois aux responsables publics, régulateurs, conseillers politiques et spécialistes de la commande publique, mais aussi aux équipes techniques chargées du développement, de l’évaluation, de la détection des biais ou du prototypage de solutions IA dans des secteurs tels que la santé, l’agriculture ou les services publics. L’objectif est aussi de créer un langage commun entre décideurs et techniciens, condition indispensable pour une gouvernance crédible et efficace de l’intelligence artificielle.
Au-delà de la présentation de ces offres, le pavillon D4SD a été également un espace de parole. Il a accueilli une série de discussions baptisées ‘D4SD Talks’. Ces échanges ont permis d’ouvrir le débat sur plusieurs enjeux majeurs pour l’avenir numérique du Maroc, des États arabes et du continent africain.
La session “Women Leading the Digital Transition – From Inclusion to Empowerment” a mis en lumière la place des femmes dans la transformation numérique. Les discussions ont souligné que l’enjeu ne se limite plus à l’accès aux outils digitaux. Il s’agit aussi de renforcer le leadership des femmes, leur présence dans les espaces de décision et leur capacité à façonner les politiques, les innovations et les investissements numériques. Les échanges ont également abordé les obstacles structurels qui freinent encore leur participation dans les secteurs technologiques, les mécanismes de financement pour les entrepreneures du numérique, ainsi que l’intégration d’indicateurs d’égalité dans les stratégies nationales.
La session “Building Digital Talent Pipelines – Education, Skills, and Youth Empowerment in the AI Era” a placé la jeunesse au centre des débats. Alors que l’intelligence artificielle transforme les métiers, les systèmes éducatifs et les compétences attendues, les intervenant.e.s ont insisté sur la nécessité de préparer les jeunes à devenir créateurs, innovateurs et décideurs dans l’économie numérique. Les discussions ont notamment porté sur l’intégration de la littératie numérique et de la pensée critique autour de l’IA dans les parcours éducatifs, l’inclusion des jeunes vivant dans les zones rurales ou fragiles, et la nécessité de mieux coordonner les initiatives existantes pour éviter la dispersion des efforts.
Avec “Governing AI and Data in the Public Interest”, le pavillon D4SD a ouvert une réflexion essentielle sur la gouvernance de l’intelligence artificielle et des données. Dans un contexte d’innovation rapide, les questions de souveraineté, d’éthique, de confiance publique et de capacités institutionnelles deviennent centrales. Les échanges ont souligné l’importance de cadres publics adaptés, capables d’encadrer les usages de l’IA tout en protégeant les droits, la diversité linguistique, les spécificités nationales et les réalités des pays à ressources limitées. La session a également rappelé le rôle de la société civile et des communautés concernées dans l’élaboration de ces cadres.
La session “AI for Health Equity – Scaling People-Centred Digital Health Solutions Across the Region” a exploré le potentiel de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé. Les échanges ont montré que l’IA peut appuyer le diagnostic, améliorer certaines chaînes d’approvisionnement ou renforcer des services de santé sous pression. Mais ils ont également rappelé les conditions nécessaires à un usage responsable : protection des données de santé, validation dans des contextes cliniques variés, réduction des biais algorithmiques et partenariats public-privé orientés vers l’intérêt général. Dans ce domaine, l’innovation n’a de sens que si elle améliore réellement l’accès, la qualité et l’équité des soins.
L’ensemble de ces échanges a permis d’engager une conversation de fond sur les conditions d’une transformation numérique utile, équitable et bien gouvernée. Les débats sur l’IA, les données, les compétences, la santé ou l’inclusion ont été reliés à des préoccupations très concrètes : comment renforcer les institutions publiques ? Comment réduire les fractures numériques ? Comment soutenir les jeunes et les femmes dans les transitions en cours ? Comment faire circuler les solutions entre pays du Sud ? Et comment s’assurer que les technologies restent au service de l’intérêt général ?
À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les trajectoires de développement, les pays ont besoin d’outils fiables, de capacités renforcées, de partenariats crédibles et de cadres de confiance. Les jeunes ont besoin de compétences et de perspectives. Les femmes doivent pouvoir accéder pleinement aux espaces d’innovation et de leadership. Les administrations publiques doivent disposer de solutions robustes, interopérables et adaptées à leurs contextes. Les pays du Sud, eux, ont besoin de mécanismes de coopération qui permettent de partager les savoirs, les expériences et les outils dans une logique plus équilibrée.
C'est précisément dans cette direction que s'inscrit le D4SD Hub. En proposant des outils comme l'AI Solutions Marketplace, l'évaluation AILA et les programmes de renforcement des capacités, il ne cherche pas à séduire avec des promesses technologiques ; il cherche à rendre l'innovation gouvernable, transférable et réellement utile aux politiques publiques, en s'ancrant dans les réalités institutionnelles, les besoins concrets des gouvernements, et les aspirations des citoyen.e.s. C'est peut-être ça, la promesse la plus durable qu'on puisse faire autour du numérique. Non pas qu'il sera révolutionnaire ; il l'est déjà, qu'on le veuille ou non. Mais qu'il sera juste. Qu'il profitera à celles et ceux qui en ont le plus besoin, et pas seulement à ceux qui ont déjà les moyens d'en tirer parti.
À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les trajectoires de développement, les pays ont besoin d’outils fiables, de capacités renforcées, de partenariats crédibles et de cadres de confiance. Les jeunes ont besoin de compétences et de perspectives. Les femmes doivent pouvoir accéder pleinement aux espaces d’innovation et de leadership. Les administrations publiques doivent disposer de solutions robustes, interopérables et adaptées à leurs contextes. Les pays du Sud, eux, ont besoin de mécanismes de coopération qui permettent de partager les savoirs, les expériences et les outils dans une logique plus équilibrée.