Des contextes différents, des aspirations communes : Faire des jeunes des partenaires à part entière

13 août 2026
Collage of diverse conference attendees posing, speaking, and a workshop with color wheel.

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse 2026, célébrée sous le thème « Des contextes différents, des aspirations communes », une conviction demeure : reconnaître les aspirations des jeunes est essentiel, mais créer les conditions leur permettant de les traduire en opportunités, en participation et en action l’est tout autant.

Les jeunes évoluent dans des contextes sociaux, économiques et territoriaux divers, qui façonnent différemment leurs parcours, leurs opportunités et les défis auxquels ils et elles sont confrontés. Malgré cette diversité, nombre de leurs aspirations convergent : accéder à une éducation de qualité et à des opportunités économiques, pouvoir se projeter dans l’avenir, faire entendre leur voix et participer de manière significative aux décisions qui influencent leur vie, leurs communautés et leur avenir.

Le thème de cette année nous invite ainsi à regarder au-delà de la diversité des parcours pour reconnaître ces aspirations communes, mais également à nous intéresser aux espaces et aux opportunités qui permettent aux jeunes de les transformer en actions concrètes.

De la participation à la capacité d’agir

Au cours des dernières années, la participation des jeunes a pris une place croissante dans les politiques et programmes de développement. Consultations, dialogues, réseaux, espaces de co-création ou initiatives portées par les jeunes permettent de mieux intégrer leurs expériences et leurs perspectives.

Cette participation prend tout son sens lorsqu’elle permet aux jeunes, au-delà de l’expression de leurs points de vue, de contribuer concrètement aux solutions et aux décisions qui les concernent.

La récente publication du Bureau indépendant de l’évaluation du PNUD Youth and Development (2026), rassemblant les enseignements tirés de plusieurs évaluations, souligne notamment l’importance de créer des passerelles entre la voix des jeunes et leur capacité à exercer une réelle influence sur les décisions. Cela invite à reconnaître pleinement les jeunes non seulement comme bénéficiaires des actions de développement, mais également comme partenaires, innovateurs, entrepreneurs, personnes ressources et acteurs du changement. 

Dans un contexte en constante évolution, renforcer les compétences et élargir les opportunités offertes aux jeunes reste essentiel. Il est tout aussi important de créer des espaces où ils et elles peuvent apporter leurs perspectives, proposer des solutions et contribuer à leur mise en œuvre.

Des espaces pour une participation significative 

Au PNUD Maroc, nous travaillons non seulement pour les jeunes, mais aussi et surtout avec eux et elles, en valorisant leurs connaissances, leurs expériences, leur créativité et leur capacité à contribuer aux transformations du pays. Cette approche prend différentes formes.

A travers le projet Green Growth & Jobs Accelerator (GGJA), soutenu par le ministère danois des Affaires étrangères dans le cadre du Programme de Partenariat Arabo-Danois (DAPP), le PNUD accompagne des PME dans l’accélération de leur transition vers des modèles économiques plus verts, durables et créateurs d’opportunités. Le projet vise à renforcer les capacités des entreprises accompagnées, y compris celles dirigées par des jeunes, à consolider leurs modèles économiques, développer leur potentiel de croissance, améliorer leur accès au financement et se connecter davantage aux acteurs clés de l’écosystème entrepreneurial et de l’investissement. Il contribue ainsi à créer des passerelles entre croissance économique, durabilité, accès aux ressources et création d’emplois, notamment pour les jeunes.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit Youth For Sustainability (Y4S), une initiative qui crée un lien direct entre jeunesse et secteur privé en connectant 20 jeunes leaders aux entreprises accompagnées par le projet. Les jeunes travaillent aux côtés des PME pour mieux comprendre leurs défis et co-construire des solutions concrètes liées à leur transition durable.

En mobilisant leurs compétences, leurs perspectives et leur créativité autour de problématiques réelles rencontrées par les entreprises, Y4S permet aux jeunes de contribuer directement à cette transformation et les positionne comme partenaires actifs de la transition verte, et non uniquement comme bénéficiaires des opportunités qu’elle peut générer.

La participation passe également par le dialogue. Avec Parlons Développement, initiative menée conjointement avec la Banque mondiale et le Policy Center for the New South, nous allons à la rencontre des jeunes, notamment dans les universités, pour échanger autour des grands enjeux de développement et leur permettre de partager leurs perspectives et leurs recommandations.

Cette volonté de renforcer la place des jeunes se retrouve également dans le projet APT2C — Appui à la promotion de la tolérance, du civisme et de la citoyenneté en milieu scolaire et à la prévention des comportements à risque — fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Éducation nationale, la Rabita Mohammadia des Oulémas et le PNUD Maroc. Le projet contribue à renforcer le rôle de la vie scolaire dans la promotion des valeurs de citoyenneté, de civisme, de tolérance et de vivre-ensemble auprès des jeunes. 

Elle se traduit aussi à travers AGORA, un partenariat avec le ministère de l’Intérieur visant à appuyer la régionalisation avancée. L’initiative soutient les dynamiques de gouvernance territoriale ainsi que les mécanismes favorisant une participation plus inclusive des jeunes, notamment les instances consultatives de jeunes, avec une attention particulière portée à la participation des jeunes femmes à l’échelle locale.

Ces initiatives interviennent dans des domaines différents, mais partagent une même ambition : nourrir des espaces pour apprendre, dialoguer, proposer, co-construire et agir.

Agir aussi dans les moments de crise

La capacité d’agir des jeunes s’exprime également dans les moments où leurs communautés sont confrontées à des situations particulièrement difficiles.

Dans différents contextes, des jeunes mobilisent leurs compétences et leurs réseaux, développent des initiatives de solidarité et contribuent aux réponses apportées au niveau local. Ces expériences montrent que les jeunes ne sont pas uniquement affectés par les crises : ils et elles peuvent également jouer un rôle important dans la réponse, le relèvement et le renforcement de la résilience de leurs communautés.

Cette année, plusieurs de ces parcours sont mis en lumière à travers l’initiative régionale Youth Responding to Crisis, portée à l’échelle des États arabes par le PNUD et donnant la parole à des jeunes engagés au service de leurs communautés dans différents contextes de crise.

Parmi ces témoignages figure celui d’Ali Bendahbia, jeune entrepreneur marocain et cofondateur d’Operation Atlas, qui s’est notamment mobilisé à la suite du séisme d’Al Haouz. Son parcours montre comment l’engagement, les compétences et les réseaux des jeunes peuvent être mobilisés pour contribuer à des réponses concrètes au service des communautés.

Ces expériences rappellent également l’importance de valoriser les initiatives portées par les jeunes et de renforcer les liens entre leurs actions, les communautés, les partenaires et les institutions qui peuvent contribuer à leur donner davantage de portée.

Des aspirations à l’action

Les aspirations des jeunes ne peuvent être dissociées des conditions dans lesquelles ils et elles construisent leur avenir. Entre une aspiration et sa réalisation se trouvent des opportunités, des choix de politiques publiques inclusives, des espaces de participation, des partenariats et, surtout, la possibilité de se projeter et d’agir.

Soutenir ces aspirations implique de continuer à élargir les opportunités qui leur sont accessibles, reconnaître la diversité de leurs parcours et renforcer les espaces dans lesquels leurs idées, leurs expériences et leurs initiatives peuvent contribuer aux transformations de leurs communautés et de leur pays.

Les jeunes ne constituent pas un groupe homogène. Leurs parcours et leurs possibilités d’agir diffèrent selon leurs réalités sociales, économiques et territoriales. Une participation inclusive suppose donc également de veiller à ce que les jeunes dans toute leur diversité puissent accéder à ces espaces et opportunités, conformément au principe de ne laisser personne de côté.

Faire des jeunes des partenaires à part entière signifie ainsi leur faire confiance, reconnaître la valeur de leurs contributions et continuer à créer les conditions leur permettant de participer pleinement aux transformations actuelles et à venir.

 

Dans un contexte en constante évolution, renforcer les compétences et élargir les opportunités offertes aux jeunes reste essentiel. Il est tout aussi important de créer des espaces où ils et elles peuvent apporter leurs perspectives, proposer des solutions et contribuer à leur mise en œuvre.