Refondation de la République à Madagascar : Les femmes et jeunes femmes leaders remettent leur Document de plaidoyer aux hautes autorités de l’État

18 septembre 2026
Banner for Madagascar women's advocacy document meeting; circular photo of two women on the right.

Antananarivo, 18 septembre 2026 – À l’heure où Madagascar s’engage dans un chantier décisif de réformes constitutionnelles, électorales et institutionnelles, les femmes et les jeunes femmes malagasy entendent faire entendre leur voix et peser sur les décisions qui façonneront l’avenir de la Nation. Le Document de plaidoyer formule des recommandations concrètes pour une participation effective des femmes et des jeunes à la Refondation.

La cérémonie s’est tenue sous le Haut Patronage de la Première Dame, Madame Élisa Randrianirina, et sous le Patronage de la Ministre de la Population et des Solidarités, Madame Cathia Voahanginirina Rakotoniaina, en présence des épouses des Hauts Conseillers de la Refondation et l'Ambassadeur

Cette initiative est soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à travers son projet Élections (RPEDEM), avec l’appui du Gouvernement du Japon et d’autres partenaires. Le PNUD se félicite de la mobilisation des autorités nationales, notamment des Epouses des Hauts Conseillers, des ministères en charge de la Refondation, de la Jeunesse et des Sports, du Caucus des femmes députées, de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), ainsi que des organisations féminines de la société civile.

Une démarche inclusive issue du terrain

Le Document de plaidoyer est le fruit d’un large processus de consultation mené dans les territoires, à la suite du Forum national des femmes et jeunes femmes leaders malagasy de juin 2026 à travers toutes les régions de l’île. Il rassemble les attentes et les solutions concrètes portées par les femmes de la société civile, les élues locales, les parlementaires et les jeunes leaders. Disponibles en malagasy et en français, ces propositions visent à passer d'une simple consultation de principe à une participation réelle et décisionnelle.

Le document de plaidoyer s’articule autour de trois leviers majeurs :

  1. Des réformes constitutionnelles protectrices et contraignantes :

Consacrer l’égalité femmes-hommes comme valeur fondatrice de la République ; inscrire un quota minimal de 40 % de femmes dans toutes les fonctions électives et nominatives ; et garantir une protection constitutionnelle contre les violences basées sur le genre, notamment en période électorale.

  1. Un cadre électoral plus juste et accessible :

Mettre en place des listes de candidatures « zébrées » (alternance stricte femme-homme) ; réserver au moins 30% de places aux jeunes (dont la moitié de jeunes femmes) et alléger la barrière financière des cautions électorale qui freine l'engagement des femmes.

  1. Des institutions représentatives et modernes :

Généraliser la parité dans les nominations de la haute fonction publique ; adopter une budgétisation sensible au genre et créer un mécanisme national indépendant pour mesurer et suivre la parité dans l'ensemble de l'État. 

Un appel aux décideurs et un rôle clé pour les médias

Comme l’a souligné Madame la Première Dame lors de son discours de clôture, ce document ne doit pas rester un simple livret : il doit nourrir les futures concertations nationales et inspirer la rédaction des nouveaux textes de loi.« Les femmes ont été consultées, elles ont formulé leurs propositions et les ont portées devant les institutions. Il faut maintenant organiser la continuité : porter ces recommandations, les suivre et rendre compte aux citoyens. »

« Ce document est avant tout un outil de dialogue et d’action. Sa traduction en malagasy doit faciliter son appropriation dans les territoires. Il s’articule autour des chantiers constitutionnel, électoral et institutionnel de la Refondation et offre aux femmes, aux institutions et aux partenaires une base commune pour avancer ensemble », a souligné le Représentant résident du PNUD, Dr Edward A. Christow.

Il a également rappelé que sa portée va au-delà de la Refondation : « C’est un document vivant, qui pourra accompagner les femmes malagasy dans la durée et être mobilisé à chaque réforme : constitutionnelle, électorale, institutionnelle ou encore dans l’évolution du cadre régissant les partis politiques. »

Le PNUD et ses partenaires rappellent qu’une République qui s’appuie sur l’ensemble de ses talents est plus forte, plus stable et plus juste.

Appel à la presse et aux professionnels de l'information :

Les journalistes et acteurs des médias sont invités à s’approprier les clés de ce document pour alimenter le débat public, expliquer les enjeux des réformes aux citoyens et sensibiliser les décideurs afin que ces propositions deviennent la réalité de la gouvernance de demain à Madagascar.