Assurance et climat à Madagascar : renforcer les capacités pour mieux protéger les populations face aux risques
11 septembre 2026
Andasibe, 11 septembre 2026 – Face à l’augmentation des risques liés aux cyclones, aux sécheresses, aux inondations et aux autres aléas climatiques, Madagascar doit renforcer les moyens permettant aux populations, aux entreprises et aux pouvoirs publics de mieux faire face aux pertes et aux chocs. Dans ce contexte, le développement d’un secteur de l’assurance solide, accessible et adapté aux réalités du pays constitue un levier important pour renforcer la résilience économique et sociale.
Dans un contexte où l’assurance joue encore un rôle limité dans la protection des économies face aux risques, l’Afrique affiche un taux de pénétration de l’assurance non-vie ( qui regroupe tous les contrats qui protègent les biens, la responsabilité et certains risques de la personne (comme la santé ou les accidents)) d’environ 1,1 % du PIB, contre seulement 0,56 à 0,60 % à Madagascar. La prime d’assurance non-vie ne représente en moyenne que 15 dollars US par habitant et par an sur le continent. Plus largement, seuls 0,5 % des pertes économiques en Afrique sont assurés, tandis que 80 à 90 % des pertes restent non couvertes dans les économies émergentes [1]. Ces chiffres illustrent l’importance de renforcer le développement d’un marché de l’assurance plus accessible, inclusif et adapté aux besoins des populations et des acteurs économiques, notamment face aux risques climatiques et aux catastrophes.
C’est dans cette perspective que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à travers son projet Insurance and Risk Finance Facility (IRFF) avec le soutien financier du Gouvernement allemand, en collaboration avec le Ministère de l'Économie et des Finances (MEF), accompagne Madagascar dans le renforcement des capacités des institutions chargées de veiller au bon fonctionnement du secteur des assurances.
Cette formation spécialisée a réuni une vingtaine de participants issus notamment de la Commission de Supervision Bancaire et Financière (CSBF) auprès de Banky Foiben’i Madagasikara, du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF – à travers le Service des Institutions Financières (SIF) et de la Commission Nationale de la Finance Inclusive (CNFI), ainsi que du PNUD.
Le MEF, la CSBF et les autres institutions publiques qui encadrent et contrôlent le secteur de l'assurance— les institutions de régulation et de supervision — jouent un rôle essentiel pour les citoyens. Elles veillent notamment à ce que les compagnies d’assurance respectent les règles, disposent de ressources financières suffisantes pour tenir leurs engagements et traitent correctement leurs clients.
Pendant cinq jours, les participants ont travaillé sur plusieurs sujets directement liés à l’évolution du secteur : conception de produits d’assurance adaptés aux besoins des clients, assurance destinée aux populations à faibles revenus, protection des consommateurs, analyse de la solidité financière des compagnies d’assurance, ainsi que les nouvelles solutions numériques dans le secteur financier et de l’assurance.
L’objectif est de contribuer à créer un environnement dans lequel les compagnies d’assurance peuvent proposer des produits fiables, accessibles et mieux adaptés aux besoins des ménages, des agriculteurs, des entreprises et des autres acteurs économiques.
À terme, une meilleure capacité de supervision peut ainsi contribuer à renforcer la confiance dans l’assurance, à mieux protéger les assurés et à faciliter le développement de solutions permettant de faire face aux conséquences financières des catastrophes et des changements climatiques.
Au-delà de l’acquisition de connaissances, cette initiative vise à constituer progressivement un noyau de compétences nationales capable de contribuer aux réformes du secteur, de partager les connaissances au sein des institutions et d’accompagner durablement le développement de l’assurance à Madagascar.
La formation a été assurée par deux experts du cabinet international FINACTU, qui ont apporté leur expérience internationale et leur connaissance des évolutions du secteur.
À travers cet investissement dans les compétences nationales, le PNUD et ses partenaires souhaitent contribuer, sur le long terme, à un secteur des assurances plus solide, plus inclusif et davantage au service de la résilience des populations et de l’économie malgache.
[1] Sources : Swiss Re sigma 2025 ; OCDE, Africa Capital Markets Report 2025 ; CSBF ; OCHA 2024-2026
Cinq jours de formation pour un objectif de long terme : un secteur de l'assurance au service de la résilience des populations et de l'économie malgache