Respirer mieux, vivre mieux : à Antananarivo, la qualité de l’air devient enfin une question visible
27 mars 2026
Un moment symbolique de la collaboration entre le PNUD et le MEDD, marqué par la remise officielle des capteurs de suivi de la qualité de l’air, en présence des partenaires institutionnels.
Antananarivo, dans une ville qui grandit, se densifie et s’étend chaque jour un peu plus, l’air que l’on respire est souvent la part invisible de la crise urbaine. On le remarque à peine, jusqu’au moment où il irrite la gorge, fatigue les organismes fragiles ou s’installe durablement dans le quotidien des familles. La pollution de l’air est aujourd’hui reconnue par l’Organisation mondiale de la Santé comme l’un des plus grands risques environnementaux pour la santé. En 2019, l’OMS estimait que la pollution de l’air ambiant était associée à 4,2 millions de décès prématurés dans le monde, tandis que les effets combinés de la pollution de l’air ambiant et intérieur étaient liés à 6,7 millions de décès prématurés par an.
Le PNUD renforce la surveillance de la qualité de l’air à Madagascar
Dans la matinée d’une journée presque ordinaire, dans l’enceinte du Centre Akamasoa, un geste simple en apparence a porté une promesse beaucoup plus grande qu’une remise d’équipements. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Madagascar a procédé à la remise officielle et symbolique de capteurs de suivi de la qualité de l’air au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, en collaboration avec la Direction générale de la Météorologie. Des matériels qui viendront renforcer le dispositif national de surveillance de la pollution atmosphérique, avec des installations prévues à Antananarivo, notamment à Andralanitra, ainsi qu’à Toamasina. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où Madagascar a validé, en mars 2025, sa Norme nationale sur la qualité de l’air, précisément pour renforcer la surveillance et la réponse publique face à ce défi croissant.
Mesurer pour agir : la science au service des politiques publiques
Lors de son allocution, le Représentant résident du PNUD à Madagascar, Dr Edward Christow, a souligné l’enjeu fondamental de cette action : “On ne peut pas gérer ce que l’on ne mesure pas. Ces capteurs permettront de collecter des données fiables sur les niveaux de pollution atmosphérique à Antananarivo ainsi qu’à Toamasina, d’identifier les zones les plus exposées et les périodes où la pollution est la plus élevée, et d’orienter les politiques publiques et les actions de protection de l’environnement ” Il a également insisté sur le fait que ces informations permettront aux autorités, aux chercheurs et aux institutions de mieux comprendre l’évolution de la pollution, tout en renforçant la sensibilisation des citoyens.
Le Représentant Résident du PNUD réaffirme l’engagement du PNUD aux côtés du MEDD pour renforcer les capacités nationales de suivi de la pollution de l’air et appuyer des politiques fondées sur des données fiables.
À Madagascar, l’urgence n’est pas abstraite. Selon le Ministère de l’Environnement et du Dévellopement Durable, représenté à l’occasion par Son Sécrtétaire Général ANDRIATSIHALA Nolave Luck Aristide, “Le pays fait face à des niveaux préoccupants de pollution atmosphérique, avec une concentration moyenne de particules fines PM2.5 de 22 µg/m³, au-dessus du seuil recommandé mentionné lors de la validation de la norme nationale en mars 2025. Cette réalité prend une résonance particulière dans certains quartiers et zones d’habitation exposés à la circulation, à la combustion domestique, au brûlage de déchets ou à la proximité de sites sensibles”
Le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable souligne l’importance de renforcer la surveillance de la qualité de l’air pour mieux protéger la santé des populations et orienter les politiques environnementales à Madagascar.
C’est précisément pour cela que la cérémonie d’Akamasoa ne relevait pas d’un simple protocole. Elle a rappelé que la lutte contre la pollution de l’air n’est pas seulement une question de capteurs, de données ou de normes. C’est une question de dignité, de justice environnementale et de droit à la santé.
À Akamasoa, cette vérité a un visage concret. Le Centre, situé à proximité d’Andralanitra, connaît depuis longtemps les conséquences d’un environnement sous pression. Au cours de la cérémonie, le Père Pedro Opeka évoqué la dégradation progressive de la qualité de l’air à Akamasoa, liée notamment à la proximité avec le site de la décharge. Cette parole a donné une profondeur humaine à l’événement “ Ici, la qualité de l’air n’est pas un indicateur lointain. C’est un élément de la vie quotidienne. C’est ce que respirent les enfants sur le chemin de l’école, les mères au marché, les travailleurs dans leurs activités de tous les jours
À Akamasoa, le Père Pedro rappelle avec force que la qualité de l’air n’est pas un concept abstrait, mais une réalité vécue au quotidien par les familles exposées aux effets de la décharge d’Andralanitra.
Mieux connaître la pollution pour mieux protéger les populations
Derrière ces mots, il y a une idée simple: lorsqu’un pays se dote d’outils scientifiques fiables, il se donne aussi les moyens de mieux protéger ses habitants. Mieux connaître les pics de pollution, mieux localiser les zones à risque, mieux comprendre les causes, c’est déjà commencer à agir. C’est pouvoir penser autrement l’urbanisme, la gestion des déchets, la mobilité, la prévention sanitaire et la communication publique.
Des capteurs de surveillance de la qualité de l’air, désormais déployés pour renforcer le système national de mesure et mieux comprendre les niveaux de pollution atmosphérique à Antananarivo et Toamasina.