Madagascar, Toliara, un nouveau chapitre s'écrit pour l'océan
1 août 2026
Au petit matin, sur la plage de Toliara, ville de la côte Sud de Madagascar, les pirogues rentrent une à une. Les pêcheurs y déposent leurs prises du jour, plus maigres qu'autrefois, tandis que non loin, l'eau des rivières charrie encore les sédiments venus des terres. Sur les récifs, le corail perd peu à peu ses couleurs. C'est dans cette ville, témoin direct de la dégradation progressive de son littoral, que s'écrit un chapitre nouveau.
Toliara a été le théâtre du lancement officiel du projet « Investissements verts, bleus et sains pour réduire la pollution terrestre affectant les écosystèmes marins à Madagascar », plus connu sous le nom de Programme Intégré « Océan propre et sain ». Financé par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM/GEF) avec l'appui du PNUD Madagascar, ce projet est porté par le Ministère de l'Environnement et du Développement Durable (MEDD).
« Cette initiative s'inscrit dans un mouvement mondial : le Programme Intégré "Océan propre et sain", qui réunit 14 pays à travers le monde. Madagascar est à ce jour le seul pays d'Afrique à bénéficier de ce programme intégré, une reconnaissance de l'importance de nos écosystèmes marins et côtiers à l'échelle internationale », a déclaré le Ministre de l'Environnement et du Développement Durable, Monsieur ANDRIATSIHALA Nolave Luck Aristide, en marge de la cérémonie de lancement officiel.
En effet, Madagascar possède un patrimoine marin exceptionnel, qui contribue de manière significative à la sécurité alimentaire, à la conservation de la biodiversité, au développement économique ainsi qu'aux moyens de subsistance des populations côtières. Mais les écosystèmes marins des régions d'Anosy et d'Atsimo-Andrefana, les zones d'intervention du Programme Intégré « Océan propre et sain », font aujourd'hui face à une dégradation croissante, provoquée par des pollutions d'origine terrestre.
Ces pollutions résultent de multiples interactions entre les activités humaines et les bassins versants : pratiques agricoles non durables favorisant l'érosion des sols et le ruissellement des sédiments, des nutriments et des produits phytosanitaires ; rejets issus des activités industrielles et minières ; opérations portuaires et risques de déversements accidentels ; insuffisance des infrastructures de collecte et de traitement des eaux usées et des déchets ; ou encore déforestation des bassins versants, qui accentue l'érosion et les apports sédimentaires vers les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers marins.
L'accumulation de ces pollutions physiques, organiques, microbiologiques, chimiques et minérales favorise un phénomène d'hypoxie marine, c'est-à-dire une diminution importante de l'oxygène dissous dans les eaux côtières, qui menace directement les récifs coralliens, les mangroves, la biodiversité marine et les ressources halieutiques dont dépendent plusieurs milliers de ménage
Les principaux objectifs du projet sont les suivants : Restaurer 25 000 hectares d'écosystèmes terrestres dégradés et de paysages forestiers, promouvoir la gestion durable des ressources naturelles et développer des chaînes de valeur génératrices de revenus fondées sur l'utilisation durable de ces ressources......
Une approche intégrée, de la source à la mer
D'une durée de cinq ans, le projet CHO IP interviendra principalement dans les bassins versants de l'Onilahy et de la Mandrare, ainsi que dans les zones côtières de Toliara et Taolagnaro, en adoptant une approche intégrée « de la source à la mer » (Source-to-Sea). Cette approche vise à traiter la pollution marine à sa racine, en agissant aussi bien en amont, sur les bassins versants, qu'en aval, sur les écosystèmes côtiers.
Concrètement, le projet prévoit :
· la restauration des forêts et des écosystèmes côtiers dégradés ;
· la protection des aires marines et de la biodiversité qui en dépend ;
· des solutions durables pour réduire la pollution des rivières et des côtes.
De l'Onilahy au Mandrare, ce sont des milliers de familles de pêcheurs, d'agricultrices et d'agriculteurs qui verront leurs moyens de subsistance mieux protégés pour les générations à venir. Au total, le programme prévoit d'atteindre plus de 56 000 bénéficiaires directs, répartis à parts égales entre femmes et hommes.
Le Représentant résident du PNUD Madagascar, Dr Edward A. Christow, a déclaré en marge de la cérémonie : « Cette région, tournée vers l'océan depuis toujours, est aujourd'hui le point de départ d'un projet ambitieux pour préserver ce bien précieux qu'est la mer », avant de saluer chaleureusement l'engagement constant du Fonds pour l'Environnement Mondial aux côtés de Madagascar.
À l'issue de ce lancement, les principaux partenaires ont réaffirmé leur engagement à accompagner la mise en œuvre du projet CHO IP Madagascar. Le PNUD Madagascar tient à exprimer sa sincère gratitude au Fonds pour l'environnement mondial (GEF) pour son soutien décisif à la mise en œuvre du Programme Intégré « Océan propre et sain ». Cet appui permet à Madagascar de se doter des moyens nécessaires pour protéger durablement ses écosystèmes marins et côtiers, au bénéfice des communautés qui en dépendent.