Comment la science, la technologie et les partenariats aident les acteurs de terrain à stopper la maladie
Accélérer les innovations pour mettre fin au paludisme
23 avril 2026
Les outils numériques et les innovations médicales peuvent améliorer la prévention, le dépistage et le traitement du paludisme, notamment chez les jeunes enfants, plus vulnérables à la maladie.
« Les moustiquaires sont une bouée de sauvetage », explique Diogène Ntirampeba, père de six enfants à Mwakiro, dans le nord-est du Burundi.
Diogène connaît l’importance de la moustiquaire imprégnée d’insecticide suspendue au-dessus de son lit. Lui et sa fille ont récemment contracté le paludisme, une maladie potentiellement mortelle transmise par des moustiques qui piquent généralement la nuit.
Le paludisme touche particulièrement les jeunes enfants, dont l’immunité est encore limitée. En 2024, les enfants de moins de cinq ans représentaient les trois quarts des décès liés au paludisme dans le monde. Au total, 282 millions de cas ont été recensés — soit neuf millions de plus que l’année précédente, dont quatre millions au Burundi. En Afrique, région la plus touchée, les progrès marquent le pas.
Diogène Ntirampeba, à gauche, et sa fille de deux ans font partie des millions de personnes au Burundi ayant reçu des moustiquaires pour prévenir le paludisme, qui a causé plus de 610 000 décès dans le monde en 2024.
Les gouvernements, en collaboration avec le PNUD, le Fonds mondial et d’autres partenaires, renforcent les systèmes de santé afin d’accélérer l’élimination du paludisme.
Les agents de terrain, équipés de nouveaux outils et d’innovations médicales, intensifient leurs actions pour traiter le paludisme et en freiner la transmission. Les systèmes de données numériques, les moustiquaires de nouvelle génération, les médicaments préventifs et les technologies intelligentes permettent d’améliorer la santé de manière plus efficace et plus équitable.
Ensemble, ces efforts permettent à des millions de personnes de vivre en meilleure santé et de manière plus productive.
Claudine Nkebukive, à droite, a supervisé la distribution de moustiquaires à l’aide d’une nouvelle plateforme numérique fournissant des mises à jour en temps réel sur les livraisons.
« La numérisation révolutionne le suivi sur le terrain. Tout est visible en temps réel », explique Claudine Nkebukive, qui a supervisé la distribution de moustiquaires à Muyinga, dans le nord du Burundi.
En 2025, des agents de première ligne comme Claudine et le ministère de la Santé publique du Burundi ont distribué 7,9 millions de moustiquaires, protégeant 13,6 millions de personnes à l’échelle nationale.
Le ministère et ses partenaires ont fourni des moustiquaires innovantes contenant deux substances actives pour lutter contre la résistance croissante aux insecticides. Pour la première fois, la distribution a utilisé Tsinda Malariya (« Vaincre le paludisme »), une plateforme numérique interopérable permettant de suivre les moustiquaires jusqu’à leur destination.
Ce système remplace les processus papier, souvent lourds et sujets à des erreurs, améliorant ainsi la précision, la transparence et l’efficacité. Il génère également des données en temps réel qui peuvent améliorer la planification et la prestation des services publics.
Des milliers d’agents communautaires ont été formés à l’enregistrement numérique de 2,8 millions de ménages à travers le pays et à la distribution de moustiquaires.
Grâce à des tablettes numériques et à des formations, 6 000 agents ont enregistré 2,8 millions de ménages éligibles en seulement neuf jours. Lors des distributions, ils ont associé les ménages aux livraisons, garantissant que les moustiquaires atteignent les populations les plus vulnérables, notamment les réfugiés et les femmes enceintes. Le suivi quotidien des données a permis un pilotage à distance et une adaptation des opérations par les autorités sanitaires, renforçant la responsabilité et la performance des interventions.
Ces actions complètent d’autres efforts, comme la pulvérisation intradomiciliaire et les nouveaux vaccins contre le paludisme, qui ont contribué à réduire les cas et les décès depuis 2021. Les technologies interopérables renforcent également les systèmes de données intégrés, facilitant une prise de décision fondée sur des données probantes dans le secteur de la santé et au-delà.
L’utilisation d’une plateforme numérique interopérable permet de partager les données de population avec le ministère de la Santé publique du Burundi, afin de faciliter la planification et la prise de décision.
« La numérisation révolutionne le suivi sur le terrain. Tout est visible en temps réel. »—Claudine Nkebukive
Pour Diogène et sa famille, les moustiquaires constituent aussi une forme de protection sociale.
« Chaque fois que quelqu’un tombe malade, je m’enfonce davantage dans la pauvreté, car je dois dépenser plus pour les soins. La distribution de moustiquaires nous protège », explique-t-il.
Les moustiquaires ne se contentent pas de prévenir le paludisme : elles contribuent aussi à protéger les familles contre les difficultés économiques, comme la perte de revenus liée à la maladie.
Derrière chaque agent de terrain se cachent d’importantes opérations logistiques et infrastructures.
En Guinée-Bissau, le PNUD et la centrale d’achat des médicaments essentiels (CECOME) ont modernisé en 2024 un entrepôt médical de pointe. Alimenté à l’énergie solaire, équipé d’un système automatisé de gestion des stocks et de capteurs intelligents, il protège les médicaments et vaccins des conditions climatiques tropicales.
L’entrepôt médical central de Bissau, en Guinée-Bissau, renforce les capacités de gestion de la chaîne d’approvisionnement pour les médicaments vitaux grâce à l’énergie solaire et aux technologies intelligentes.
Comme au Burundi, le suivi en temps réel et les protocoles opérationnels renforcent la transparence et contribuent à réduire les pénuries et le gaspillage.
« Le système identifie les médicaments proches de leur date d’expiration, contribuant à une politique de zéro péremption », explique Joseph Chanda, chef de projet pour la construction de l’entrepôt au PNUD, au CECOME.
Les résultats sont significatifs : en 2024, l’entrepôt a fourni huit millions de comprimés pour la prévention et le traitement du paludisme. Près de 400 000 tests rapides ont permis d’atteindre un taux de dépistage de 99 % chez les personnes présentant des symptômes, permettant un traitement précoce pour plus de 100 000 personnes.
Un diagnostic et un traitement précoces sauvent des vies, réduisent la transmission et renforcent les systèmes de santé.
Aissatu Baldé tient son fils, Amadi Embaló, et lui administre des médicaments pour prévenir le paludisme pendant la saison des pluies, dans le cadre de la chimioprévention saisonnière du paludisme, à Sane Cuia, dans la région de Bafatá.
La prévention du paludisme a également été renforcée pendant la saison des pluies, période de forte transmission.
En 2025, le PNUD et le ministère de la Santé publique ont administré des traitements préventifs à 104 000 enfants à Bafatá et Gabú.
Les agents de santé communautaires ont joué un rôle clé, en fournissant des services de porte à porte et en renforçant la confiance entre les populations et les systèmes de santé.
« En tant que mère, le paludisme est l’une de mes plus grandes peurs », confie Aissatu Baldé. « Mais aujourd’hui, je suis rassurée. Mon fils est protégé. »
En 2026, les technologies numériques permettront à 2 400 agents de santé de gérer des distributions massives de moustiquaires, amplifiant encore l’impact et l’accès équitable.
Chaque saison des pluies, le PNUD soutient des agents communautaires qui sensibilisent les écoliers et les parents à la chimioprévention saisonnière du paludisme.
PNUD Guinée-Bissau / Gregório Cunha (à droite)
La science et la technologie, combinées au leadership des pays et des communautés, rendent l’élimination du paludisme possible. Depuis 2000, 2,3 milliards de cas et 14 millions de décès ont été évités, et 47 pays sont désormais certifiés exempts de paludisme.
Ces progrès montrent l’importance d’investir durablement dans les agents de terrain et les capacités opérationnelles afin d’assurer des services de santé efficaces et accessibles.
Mettre fin au paludisme au cours de notre vie est une réelle possibilité. Investir dans la santé des populations, notamment dans les technologies numériques et l’accès aux avancées scientifiques, peut apporter santé et prospérité à tous.
Cependant, des défis complexes — conflits, crise climatique, menaces biologiques et perturbations du financement — mettent ces progrès en danger.
Atteindre un avenir sans paludisme nécessite de poursuivre les investissements dans les outils innovants, les programmes et les systèmes de santé, tout en renforçant les partenariats avec les acteurs locaux, les entreprises et les autres secteurs.
Le PNUD et ses partenaires continueront d’accompagner les pays pour éliminer le paludisme et construire un avenir plus sain, plus équitable et plus prospère pour tous.