De l'ingénierie à la finance durable au PNUD : le parcours inspirant de Laure-Anne Parpaleix
17 octobre 2025
Et si votre formation d'ingénieur vous menait au cœur des décisions financières internationales ? Rencontre avec Laure-Anne Parpaleix, jeune française dont le travail au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) influence aujourd'hui la finance mondiale pour un avenir plus durable.
Du laboratoire à la scène internationale
Avant de rejoindre le PNUD, Laure-Anne, qui bénéficie d’une formation d’ingénieure généraliste, travaillait dans la recherche académique sur les modèles d'investissement pour une croissance durable. "Je voulais sortir du secteur académique, continuer à contribuer au changement systémique à travers une organisation agissant à une échelle plus large", explique-t-elle. Une opportunité s'est présentée en 2020 : un poste de jeune expert associé financé par la France, parfaitement aligné avec son profil et consacré à la promotion de "l'alignement du système financier sur les objectifs de développement durable".
Le G20 : où la finance rencontre le développement durable
Depuis 2021, Laure-Anne travaille principalement sur le soutien au G20, est le principal forum de coopération économique mondial. Cette plateforme qui réunit 19 pays, l'Union européenne et l'Union africaine, représentant 60% de la population mondiale et 75% des émissions de gaz à effet de serre.
"Le PNUD a été mandaté pour gérer le secrétariat du groupe de travail de finance responsable du G20", précise-t-elle. Son équipe a particulièrement aidé les présidences successives de pays en développement comme l'Indonésie, l'Inde ou le Brésil, qui "n’avaient jamais accueilli le G20 et ont souvent des équipes plus réduites que certains pays développés pour gérer ces questions".
Le rôle du G20 revêt une importance particulière pour les pays en développement. Comme l'explique Laure-Anne : "L'intégration récente de l'Union africaine comme membre permanent renforce la représentativité des économies émergentes. Les décisions prises au G20 ont un impact direct sur l'accès au financement climatique, les conditions d'endettement et le transfert de technologies vers les pays les plus vulnérables." Le groupe permet notamment de synchroniser les politiques publiques et de créer des cadres d'analyse qui aident les pays pauvres à attirer les investissements responsables nécessaires à leur développement durable.
En facilitant l'alignement des systèmes financiers sur les objectifs de développement durable, le travail de Laure-Anne permet de rediriger des flux financiers massifs vers la lutte contre le changement climatique et les inégalités, créant ainsi des opportunités de développement pour les populations les plus vulnérables.
"La plupart des réglementations nécessaires à la finance climat doivent être interopérables entre les pays, sinon les flux financiers ne peuvent pas traverser les frontières", souligne Laure-Anne.
La valeur ajoutée unique du PNUD
Ce qui rend le PNUD particulièrement efficace selon Laure-Anne, c'est sa double expertise :
- Une présence dans 170 pays permettant de comprendre les réalités locales qui offre une capacité unique à faire le lien entre les décisions internationales et leur mise en œuvre locale
- Une légitimité technique reconnue par les ministères des Finances et banques centrales
"Notre travail a été unanimement reconnu pour sa neutralité et sa capacité à intégrer la voix de l'ensemble des acteurs impliqués", affirme-t-elle.
Un conseil pour les jeunes diplômés souhaitant s’investir dans la coopération globale?
Au-delà de l'excellence académique, Laure-Anne souligne l'importance cruciale des compétences interculturelles et relationnelles. "La question n'est pas seulement comment arriver à l’ONU, mais comment y rester", note-t-elle. "La capacité à évoluer dans un milieu international, à gérer les différences culturelles, et à s'adapter à des environnements complexes - ce sont ces qualités humaines qui font la différence sur la durée."
Elle conseille aux jeunes diplômés de valoriser leurs expériences internationales, même informelles, et de développer une réelle agilité à travailler dans des contextes multiculturels. "Dans un environnement où chaque poste peut attirer des centaines de candidats, ces compétences transversales deviennent souvent le facteur déterminant pour s'épanouir et bâtir une carrière durable dans les organisations internationales."
Le parcours de Laure-Anne a été rendu possible grâce au programme des Jeunes Experts Associés (JEO), financé par la France. Ce programme offre aux jeunes professionnels une occasion unique de contribuer à la mission du PNUD tout en développant une expertise précieuse sur les enjeux du développement durable. "C'est une opportunité exceptionnelle de travailler sur des dossiers à impact global dès le début de sa carrière", confirme Laure-Anne.
En facilitant l'alignement des systèmes financiers sur les objectifs de développement durable, le travail de Laure-Anne permet de rediriger des flux financiers massifs vers la lutte contre le changement climatique et les inégalités, créant ainsi des opportunités de développement pour les populations les plus vulnérables.Laure Anne Parpaleix