PDL-145T : des emplois pour les femmes, un impact concret sur les territoires

30 mars 2026

Des femmes travaillent au chantier des infrastructures en construction auTanganyika

Photo Jean-Bosco PNUD-RDC

Dans plusieurs territoires de la République démocratique du Congo, le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) change déjà des vies. Les écoles, centres de santé et bâtiments administratifs qui émergent un peu partout en sont la face visible. Mais sur le terrain, un autre changement, plus silencieux et tout aussi fort, est en train de s’installer : des femmes travaillent, gagnent des marchés, dirigent des équipes… et livrent.

Dans des zones longtemps enclavées, où les opportunités étaient rares, le programme ouvre des perspectives concrètes. Autour des chantiers, des femmes s’activent, apprennent, prennent des responsabilités. Certaines découvrent pour la première fois un revenu régulier. D’autres franchissent un cap en se positionnant comme entrepreneures.

Et cela se voit. Dans les familles, dans les marchés, dans les communautés.

Dorothée Nganiza, femme Entrepreneure qui a remporté un marché de fourniture d’équipements pour 14 infrastructures du Programme PDL-145T

Photo Jean-Bosco PNUD-RDC

Dorothée Nganiza fait partie de celles qui ont osé. Entrepreneure, elle a remporté un marché de fourniture d’équipements pour 14 infrastructures, réparties dans des zones parmi les plus difficiles d’accès, entre Shabunda, Befale, Boende, Lisala et Bumba, à travers la Mongala, le Sud-Kivu et la Tshuapa.

Un défi de taille. « J’étais fière d’être retenue, surtout au regard de l’exigence des procédures. Mais une fois sur le terrain, j’ai compris l’ampleur du défi : enclavement, logistique compliquée, conditions difficiles. Il a fallu s’adapter, trouver des solutions, avancer malgré tout. »

Elle ne s’est pas arrêtée là. « Ce marché m’a fait grandir. J’ai renforcé mes capacités, structuré mon entreprise et appris à gérer des situations complexes. Nous avons mobilisé plus de 58 personnes, ce qui a aussi fait travailler l’économie locale. Aujourd’hui, je ne vois plus mon activité de la même manière. Cette expérience m’a donné une autre dimension. »

Bahati Atonda se confirme comme aide-maçonne à côté des hommes au Tanganyika

Photo Jean-Bosco PNUD-RDC

Comme Dorothée, d’autres femmes s’imposent, à leur niveau, sur les chantiers.

Dans la province du Tanganyika, Bahati Atonda travaille comme aide-maçonne. Un métier encore largement masculin, où elle a su trouver sa place, jour après jour. « Je travaille avec les hommes sur le chantier. Quand il faut aider, je suis là. J’apprends chaque jour. Ce travail m’a permis de payer la scolarité de mes enfants. Aujourd’hui, ma famille vit mieux. Et ça, c’est une grande fierté pour moi. »

Son parcours montre combien l’accès à un emploi peut transformer une vie : un revenu plus stable, l’apprentissage d’un métier et la possibilité d’offrir de meilleures perspectives à ses enfants.

Elles sont nombreuses à apporter leur pierre à la constructions des écoles, centres de santé et bâtiments administratifs au Tanganyika

Photo Jean-Bosco PNUD-RDC

Et la dynamique ne s’arrête pas aux travaux eux-mêmes. Autour des chantiers, toute une petite économie prend forme, souvent portée par des femmes. Sur le site de l’école primaire Mulange, Kashindi Jacqueline s’est lancée dans la restauration. « Je travaille ici comme restauratrice. Avec ce que je gagne, j’ai commencé un petit commerce de babouches. Aujourd’hui, je peux soigner mes enfants et ma famille vit mieux. »

Petit à petit, son activité s’est développée. Ce qui était au départ une opportunité ponctuelle est devenue une source de revenus plus stable, avec de nouvelles perspectives.

Sur le site de l’école primaire Mulange, Kashindi Jacqueline s’est lancée dans la restauration

Photo Jean-Bosco PNUD-RDC

Dans d’autres provinces, on retrouve cette même énergie. Des femmes saisissent les opportunités, créent des activités, prennent des initiatives. Certaines vont plus loin encore et structurent de véritables projets.

Dans la Tshuapa, comme ailleurs, ces trajectoires se multiplient. Elles montrent que derrière chaque chantier, il y a bien plus que du béton : il y a des parcours qui se construisent, des ambitions qui prennent forme et une place qui se redessine pour les femmes dans l’économie locale.

Row of single-story beige houses with gray roofs under a blue sky; utility pole in foreground.

Vue du nouveau centre de santé Baonga dans la epovince de la Tshopo

Photo Jean-Bosco PNUD-RDC

Le PDL-145T ne construit pas seulement des infrastructures. Il crée du travail, fait circuler des revenus et, surtout, donne à des femmes les moyens d’avancer, de décider et de réussir.

Et partout, elles sont en train de le prouver.