Élections en République centrafricaine : un processus préparé de longue date, un engagement collectif
2 janvier 2026
Une citoyenne exerce son droit de vote sous la supervision d’un agent électoral.
Les élections groupées prévues le 28 décembre 2025 en République centrafricaine constituent l’aboutissement de plus de plusieurs années d’efforts continus, de dialogues politiques, de réformes techniques et de mobilisation collective en faveur de la gouvernance démocratique et de la stabilité du pays.
Dès 2022, les autorités centrafricaines, l’Autorité nationale des élections (ANE), les partenaires techniques et financiers et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont engagé un plaidoyer précoce pour mobiliser les ressources nécessaires à l’organisation des élections locales, perçues comme un jalon essentiel du processus de décentralisation et du renforcement de la gouvernance de proximité. Ces efforts se sont accompagnés de concertations politiques régulières de haut niveau, tant au niveau national que régional et international.
En parallèle, le cadre normatif et institutionnel a été renforcé. La relecture et l’harmonisation du Code électoral, ainsi que l’adoption de la Politique nationale de décentralisation et du développement territorial, ont permis de poser des bases solides pour des élections crédibles et inclusives. Sur le terrain, des actions de prévention des violences et de promotion du dialogue communautaire ont été menées, notamment à travers la formation de médias communautaires et d’acteurs locaux de paix, avec l’appui du PNUD et de ses partenaires.
À partir de 2024, le processus est entré dans une phase résolument opérationnelle. La révision du fichier électoral, conduite de novembre 2024 à mars 2025, a permis d’actualiser la base de données des électeurs et de préparer la production des cartes d’électeurs. Cette étape technique, essentielle à la crédibilité du scrutin, a été menée par l’ANE avec l’appui du PNUD, de la MINUSCA et de plusieurs partenaires internationaux.
En novembre 2025, la réception à Bangui du matériel électoral non sensible marque une avancée décisive dans la préparation des élections couplées. Urnes, isoloirs, kits de bureaux de vote et encres indélébiles ont été acquis sur la base des spécifications techniques fournies par l’ANE, à travers un marché international conduit par la centrale d’achats du PNUD, en étroite coordination avec la MINUSCA. Pour la première fois, le Gouvernement centrafricain a assuré intégralement le financement de ce matériel, pour un montant de plus de 4,6 millions de dollars, illustrant une appropriation nationale affirmée du processus électoral.
Dans le même élan, près de 900 000 cartes d’électeurs ont été produites et acheminées à Bangui par vol spécial. Destinées aux nouveaux électeurs, aux duplicatas et aux mises à jour issues de la révision du fichier électoral, ces cartes ont été acquises dans le cadre d’un appel d’offres international géré par le PNUD. Une mission conjointe ANE–PNUD s’est rendue sur le site de production afin de superviser les opérations techniques et de garantir la qualité des cartes avant leur déploiement sur l’ensemble du territoire et dans la diaspora.
À l’approche du scrutin, des actions ciblées ont également été menées pour renforcer la sécurité électorale, l’inclusion des femmes et des personnes vivant avec handicap, ainsi que la participation citoyenne. Ces initiatives traduisent une volonté partagée de garantir des élections pacifiques, crédibles et inclusives.
La préparation des élections du 28 décembre 2025 repose sur un engagement collectif des partenaires techniques et financiers aux côtés de l’État centrafricain, notamment : l’Union européenne, la France, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), le Cameroun, la Suisse, le Maroc, le Canada, le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix (UNPBF), le Gouvernement du Japon ainsi que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Les élections du 28 décembre 2025 apparaissent ainsi comme le résultat d’un engagement collectif de long terme, associant l’État centrafricain, les institutions nationales, les partenaires internationaux et le système des Nations Unies, avec l’appui technique et logistique constant du PNUD, au service de la consolidation de la paix et de la gouvernance démocratique en République centrafricaine.