Le Président de la RCA et les Nations Unies lancent à Bossangoa deux projets majeurs pour renforcer la sécurité et consolider la paix durable en RCA
24 avril 2026
Le Président de la RCA prononçant son discours de lancement.
Bossangoa, 24 avril 2026 – Le Président de la République centrafricaine a procédé le 23 avril 2026 à Bossangoa au lancement officiel de deux projets structurants visant à renforcer la sécurité, améliorer l’accès à la justice et prévenir les conflits, notamment dans les zones frontalières du pays, avec l’appui du Système des Nations Unies.
La cérémonie placée sous le haut patronage présidentiel, en présence du Coordonnateur résident des Nations Unies, a réuni le Président de l'Assemblée Nationale, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la RCA, des membres du Gouvernement, les partenaires techniques et financiers, des autorités locales, ainsi que des représentants des communautés, notamment des femmes et des jeunes.
Financés par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF), à hauteur de 2 850 484,28 USD pour le projet de sécurité aux frontières et 4 600 000 USD pour le projet de sécurité communautaire, ces projets sont mis en œuvre conjointement par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et ONU Femmes.
Projet 1 : Sécurité aux frontières et prévention des conflits liés à la transhumance
Nom complet du projet : Appui au renforcement de la sécurité aux frontières et au renforcement des capacités sur la prévention, préparation et réponse aux conflits liés à la transhumance dans la zone frontalière de Moyenne Sido.
Ce projet vise à renforcer la sécurité aux frontières, en particulier dans la zone de Moyenne Sido, située à la frontière entre la RCA et le Tchad. Il s’articule autour d’une meilleure gestion des flux transfrontaliers, du renforcement des capacités des acteurs de sécurité et de la prévention des conflits liés à la transhumance.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants, le projet contribuera à stabiliser les zones frontalières et à renforcer la coopération entre les communautés et les autorités.
Mis en œuvre par le PNUD, l’ONUDC et l’OIM, il couvre les préfectures de l’Ouham-Pendé et de Lim-Pendé (nord-ouest de la RCA), de l’Ouham-Fafa (nord), de la Mambéré-Kadéï (sud-ouest) et de la Nana-Mambéré (ouest).
Projet 2 : Sécurité communautaire et appui aux institutions de justice et de sécurité
Nom complet du projet : Sécurité communautaire et appui aux institutions de justice et de sécurité pour une paix durable en RCA.
Ce second projet vise à renforcer la sécurité communautaire et les institutions de justice et de sécurité afin de mieux répondre aux besoins des populations. Il contribue à améliorer l’accès à la justice, à renforcer les capacités des forces de sécurité intérieure et à restaurer la confiance entre les populations et les institutions.
Mis en œuvre par le PNUD, l’ONUDC et ONU Femmes, il sera déployé à Bangui, la capitale de la RCA ainsi que dans les préfectures de l’Ouham (nord-ouest), de l’Ouham-Fafa (nord), de la Nana-Grébizi (centre-nord), de la Ouaka (centre) et de la Haute-Kotto (est).
Dans la mise en œuvre, une attention particulière est accordée à l’implication des femmes et des jeunes en tant qu’acteurs clés de la cohésion sociale et de la paix durable.
À travers ces initiatives complémentaires, le Gouvernement et les Nations Unies promeuvent une approche intégrée de la consolidation de la paix, articulant sécurité, justice et engagement communautaire.
« Le lancement de ces deux projets marque une étape concrète dans la mise en œuvre de notre engagement, celui de bâtir un État fort, un État juste et présent sur toute l’étendue du territoire. A travers le projet de sécurité aux frontières, nous affirmons clairement notre volonté de mieux contrôler nos frontières, de prévenir les conflits liés à la transhumance et de lutter sans relâche contre toutes les formes de criminalité. […] Le second projet consacré à la sécurité communautaire et au renforcement des institutions de justice et de sécurité répond à une exigence fondamentale de notre projet de société : celle de rapprocher l’État des citoyens et de réinstaurer la confiance car il ne peut y avoir de transformation sans justice. Il ne peut y avoir de développement sans sécurité. Et il ne peut y avoir d’unité nationale sans équité »
— Pr. Faustin Archange Touadera, Président de la République centrafricaine
« Ces projets reconnaissent une réalité essentielle : la paix se construit aussi dans le tissu social. C’est pourquoi un accent particulier est mis sur la promotion de la cohésion sociale à travers des activités répondant directement aux besoins des communautés, et visant à renforcer la confiance entre la population, les forces de sécurité et les acteurs judiciaires. Dans cette dynamique, le rôle des femmes et des jeunes est aussi central. Ils ne sont pas de simples bénéficiaires, mais de véritables acteurs de changement. Leur implication active dans la prévention des conflits, la promotion du dialogue et la consolidation de la paix est indispensable. Car investir dans les femmes et les jeunes, c’est en effet investir dans une paix durable. »
— Mohamed Ag Ayoya, Coordonnateur résident des Nations Unies pour la République Centrafricaine
Les deux projets contribueront notamment à :
renforcer le déploiement et les capacités des forces de sécurité intérieure ;
améliorer le fonctionnement des institutions judiciaires ;
appuyer les mécanismes communautaires de prévention et de résolution des conflits ;
renforcer la gestion des frontières et la coopération transfrontalière ;
promouvoir la cohésion sociale et la confiance entre les populations et les institutions.
D’une durée de 24 mois pour le premier projet et 36 mois pour le second, ces initiatives s’attaquent aux causes profondes des tensions, notamment celles liées à la transhumance et à la fragilité des institutions. Les deux projets s’inscrivent pleinement dans les priorités nationales de stabilisation et de consolidation de la paix.