Le PNUD et le FIGA unissent les efforts pour contribuer à libérer le potentiel des entrepreneurs burundais
18 août 2026
Signature du protocole : la représentante résidente du PNUD(à droite) et l’ADG FIGA sm (à gauche)
Par Daniella NINTERETSE
Bujumbura, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Burundi et le Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnement Société Mixte (FIGA sm) renforcent leur engagement en faveur de l’entrepreneuriat et de l’inclusion financière. Les deux institutions ont signé un Protocole d’accord visant à créer un cadre de collaboration stratégique pour faciliter l’accès au financement et renforcer l’accompagnement des entrepreneurs, notamment les jeunes, les femmes, les startups et les micro, petites et moyennes entreprises (MPME).
Au-delà d’une signature, une alliance stratégique
La cérémonie de signature a été marquée par un message fort de la Représentante Résidente du PNUD au Burundi, Emma Ngouan-Anoh, qui a souligné la portée stratégique de cette nouvelle collaboration.
« Nous ne signons pas seulement un document. Ce moment est un acte fondateur : celui de la convergence entre l’expertise en développement humain du PNUD et l’ingénierie financière innovante du FIGA sm. »
Pour le PNUD, ce partenariat intervient dans un contexte où les MPME constituent un moteur essentiel de l’activité économique et de la création d’emplois, mais restent confrontées à des difficultés d’accès au financement, notamment en raison de l’insuffisance des garanties, du coût du crédit et de la perception du risque par les institutions financières.
L’ambition est donc de faire jouer la complémentarité des deux institutions. Le PNUD mettra notamment à contribution son expertise en matière de développement durable, d’innovation, d’autonomisation économique, de résilience climatique, d’accompagnement technique et de mobilisation de partenariats. Le FIGA sm, pour sa part, apporte son expertise en matière de garantie, ses relations avec les institutions financières et son mécanisme national opérationnel.
De l’idée au financement, puis à la croissance
Au cœur du partenariat se trouve une ambition simple : ne pas seulement faciliter l’accès au crédit, mais accompagner l’entrepreneur sur l’ensemble de son parcours.
« Ensemble, nous bâtissons ce que j’appelle un continuum d’appui intégré : un parcours sans friction pour les jeunes et femmes entrepreneurs au Burundi, de l’idéation du projet jusqu’à sa croissance et sa pérennisation », a déclaré la Représentante Résidente du PNUD Burundi.
Cette approche s’articule autour de deux axes prioritaires.
Le premier concerne l’impulsion et l’accès aux leviers financiers. Les deux institutions envisagent notamment de développer des mécanismes adaptés aux startups innovantes, aux MPME et aux coopératives afin de renforcer leurs fonds propres et de faciliter leur accès au capital d’amorçage et au crédit bancaire. Une attention particulière sera également accordée à la finance verte et climatique, notamment à travers l’exploration de garanties vertes, d’assurances climatiques et de mécanismes de réduction des risques climatiques.
Le deuxième axe porte sur l’accompagnement et la pérennisation. Coaching entrepreneurial, mentorat, éducation financière, structuration des entreprises, amélioration de la gouvernance, développement de chaînes de valeur inclusives et suivi post-financement doivent permettre aux entreprises soutenues de renforcer leur bancabilité, leur résilience et leur capacité à se développer durablement.
« Un projet viable ne devrait pas disparaître uniquement parce que son promoteur ne dispose pas de garanties suffisantes »
Dans son discours, l’Administratrice Directrice Générale du FIGA sm, Jocelyne Munezero, a rappelé les obstacles auxquels font face de nombreux entrepreneurs burundais.
« Une idée innovante ne devrait pas rester sans avenir simplement parce qu’elle est portée par un jeune entrepreneur qui ne possède pas encore d’actifs. Une entreprise dirigée par une femme ne devrait pas être privée de croissance alors qu’elle dispose d’un marché, d’une vision et d’un véritable potentiel. »
Pour l’ADG du FIGA sm, cette collaboration traduit une véritable volonté d’agir sur les contraintes qui limitent le potentiel entrepreneurial.
« Nous ne signons pas seulement un document. Nous faisons le choix d’une alliance stratégique au service de l’entrepreneuriat, de l’inclusion financière et de la transformation économique du Burundi. »
Des résultats qui doivent se traduire en opportunités
Le FIGA sm dispose déjà d’une expérience significative dans le domaine de la garantie. Selon les données présentées par son Administratrice Directrice Générale, l’institution a accordé plus de 20,3 milliards de BIF de garanties, permettant de mobiliser plus de 34,1 milliards de BIF de crédits, avec un effet de levier de 1,68. Au total, 2 624 bénéficiaires ont été touchés, notamment des coopératives de jeunes et de femmes, des MPME et des exploitants agricoles.
Mais au-delà des chiffres, l’enjeu reste humain et économique.
« Derrière chaque garantie accordée, il y a une entreprise qui peut investir. Derrière chaque crédit mobilisé, il y a une activité qui peut se développer. Derrière chaque entreprise accompagnée, il y a des emplois, des familles, des communautés et une économie nationale qui se renforce. »
Transformer le cadre de coopération en actions concrètes
La signature de ce Protocole d’accord constitue ainsi une première étape. Les deux institutions ambitionnent désormais de traduire cette coopération en une feuille de route concrète, à travers l’identification de projets pilotes, la structuration de mécanismes adaptés et la mesure des résultats obtenus au bénéfice des entrepreneurs et de l’économie burundaise.
Cette collaboration s’inscrit dans les Objectifs de développement durable et contribue aux ambitions de la Vision « Burundi pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 ».
Comme l’a résumé l’ADG du FIGA sm :
« Aujourd’hui, nous signons un cadre. À nous, désormais, de le transformer en actions, en résultats et en progrès durable pour les jeunes, les femmes, les MPME et l’ensemble de notre pays. »
Une ambition commune se dessine ainsi : faire de l’accès au financement et de l’accompagnement des leviers de transformation, afin que davantage d’idées deviennent des entreprises viables, que davantage d’entreprises créent des emplois et que l’entrepreneuriat contribue pleinement à un Burundi plus inclusif, résilient et prospère.