Des idées à l’action : les Salons du développement font vivre le dialogue et l’innovation dans les universités malgaches
10 septembre 2026
Comment les universités peuvent-elles devenir des espaces où les jeunes ne se contentent pas d'analyser les grands défis du pays, mais contribuent également à imaginer et à construire des solutions.
À travers son initiative Parlons Développement, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Madagascar accompagne des espaces de dialogue et d’apprentissage qui placent les étudiants au cœur des réflexions sur l’avenir du pays. Cette dynamique s’est matérialisée à travers deux rendez-vous majeurs : une table ronde à l’Université Catholique de Madagascar (UCM) consacrée aux mutations du paysage médiatique, et une masterclass nationale à l’Université d’Antananarivo dédiée à l’entrepreneuriat pédagogique et digital.
À l’Université Catholique de Madagascar (UCM) comme à l’Université d’Antananarivo, cette dynamique a pris des formes différentes mais complémentaires. D’un côté, le débat scientifique a permis d’interroger les transformations de l’information, de la démocratie et de la participation citoyenne à l’ère numérique. De l’autre, les échanges sur l’entrepreneuriat ont été prolongés par une démarche plus pratique, visant à renforcer les compétences des jeunes et à transformer les idées en projets.
Ces deux expériences illustrent une même ambition : faire de l’université un espace vivant de réflexion, de dialogue, d’innovation et d’action, où les étudiants deviennent pleinement acteurs du développement.
À l’UCM, interroger les transformations du quatrième pouvoir
Le 19 juin 2026, à l’occasion du 160ᵉ anniversaire de la presse malgache, les étudiants en Master 2 Sciences Politiques de l’Université Catholique de Madagascar, en collaboration avec le Centre de Recherche pour le Développement, ont organisé la quatrième édition de leur table ronde scientifique autour du thème : « De la presse traditionnelle à l’écosystème digital : vers une redéfinition conceptuelle du quatrième pouvoir ».
Soutenue dans le cadre de la dynamique de Parlons Développement, cette rencontre a réuni universitaires, journalistes, chercheurs, professionnels des médias et étudiants autour d'une question centrale : comment la transition numérique transforme-t-elle aujourd’hui le rôle de la presse et son influence sur la société malgache ?
Les échanges ont permis d'aborder deux dimensions majeures. La première a porté sur l'indépendance de la presse face aux pressions traditionnelles et aux nouveaux défis imposés par l'environnement numérique. La seconde s'est intéressée à la transformation de l'espace public, dans un contexte où les réseaux sociaux, les algorithmes et les nouveaux acteurs de l'information redéfinissent la manière dont les citoyens s'informent, débattent et participent à la vie publique.
Les discussions ont également mis en évidence les opportunités offertes par le numérique : un accès élargi à l'information, de nouvelles possibilités d'expression citoyenne et l'émergence de formats innovants. Mais elles ont aussi rappelé les risques liés à la désinformation, à la circulation rapide de contenus non vérifiés, à l'influence des algorithmes et à la fragilisation de la confiance dans l'information.
Au-delà des mutations technologiques, un message fort s'est dégagé : la construction d'une citoyenneté éclairée repose également sur la capacité de chacun à développer son esprit critique. Pour les jeunes générations, l'éducation aux médias et la compréhension des mécanismes de production et de diffusion de l'information constituent ainsi des compétences essentielles pour participer de manière responsable au débat public.
En favorisant les échanges entre le monde académique, les professionnels des médias et les jeunes, cette table ronde a confirmé la pertinence du dialogue comme levier de compréhension des transformations sociales et démocratiques qui façonnent Madagascar aujourd’hui: : préserver une information libre, responsable et digne de confiance dans un environnement numérique en constante évolution.
À l’Université d’Antananarivo, passer du débat à l’action
Général Ramakavelo Désiré , Membre de l’Académie Malagasy, Directeur général de l’Office malagasy du tabac (OFMATA), Rasolofomanana haingo ; Sociologue et Directrice balika Education ; Professeur Ravonjiarison Cousin germain , Vice doyen de la faculté EGS de l’université d’Antananarivo, doctorat en micro-crédit et entrepreneuriat dans un contexte de survie
À l’Université d’Antananarivo, la dynamique a pris une orientation complémentaire : prolonger la réflexion par le renforcement des capacités et l’action. Dans le cadre de Parlons Développement, le Comité de Plaidoyer de l’Université d’Antananarivo, avec la mobilisation de plusieurs associations étudiantes et l’appui du PNUD, a engagé une dynamique autour de l’entrepreneuriat. L’ambition : permettre aux étudiants de mieux comprendre les opportunités offertes par l’innovation et le numérique, mais également de développer les compétences nécessaires pour transformer leurs idées en initiatives concrètes.
Le 9 juillet, la conférence inaugurale « Parlons d’entrepreneuriat » a marqué le point de départ de cette nouvelle étape. Elle a permis de rappeler que l’entrepreneuriat ne se limite pas à la création d’une entreprise. Entreprendre, c’est aussi identifier des opportunités, résoudre des problèmes, créer de la valeur et imaginer des solutions adaptées aux besoins de son environnement.
Cette conférence a ouvert la voie à une Masterclass nationale sur l’Entrepreneuriat Pédagogique et Digital, organisée autour d’une ambition forte : « Innover, Entreprendre et Transformer l’Avenir ».
Pendant plusieurs sessions, les étudiants ont exploré deux dimensions complémentaires : l’entrepreneuriat pédagogiqueet l’entrepreneuriat digital. À travers des formations, des échanges avec des experts et des approches pratiques, ils ont été invités à réfléchir aux possibilités offertes par le numérique et l’innovation pour créer de la valeur, développer des projets et répondre aux besoins de leurs communautés.
Les activités se sont articulées autour de conférences, de panels interactifs et de sessions de formation, permettant aux participants de confronter leurs idées aux expériences d’acteurs issus du monde académique et entrepreneurial. Les discussions ont notamment porté sur l’innovation, l’intelligence financière, les compétences du futur et les opportunités offertes par l’économie numérique.
L’initiative a également permis de mettre en lumière un domaine encore peu associé à l’entrepreneuriat : l’éducation. Innover dans la transmission des connaissances, imaginer de nouvelles solutions pédagogiques et mobiliser les outils numériques pour répondre aux besoins des apprenants constituent aujourd’hui autant de possibilités pour les jeunes porteurs d’initiatives.
Pour les étudiants, la Masterclass a été bien plus qu’une série de formations. Elle a constitué un espace d’apprentissage collectif, de partage d’expériences et de développement personnel. Les témoignages recueillis ont notamment mis en avant l’importance de ce type d’initiative pour renforcer la confiance, encourager la créativité et susciter l’envie de s’engager dans des projets porteurs de solutions.
À travers cette expérience, une conviction s’est affirmée : les idées peuvent devenir des opportunités de développement lorsqu’elles sont accompagnées par les compétences, les connaissances et les réseaux nécessaires pour les transformer en action.
Des universités qui deviennent des espaces d’innovation et de solutions
À l’UCM comme à l’Université d’Antananarivo, ces expériences montrent la diversité des chemins que peut prendre la participation des jeunes au développement.
À l’UCM, les étudiants ont ouvert un espace de réflexion sur les transformations de l'information et les enjeux démocratiques liés au numérique. À l’Université d’Antananarivo, ils ont choisi d'explorer les opportunités de l'entrepreneuriat et de renforcer leurs capacités à transformer des idées en projets. Dans les deux cas, les étudiants ne sont pas de simples participants. Ils sont à l’origine des initiatives, contribuent à leur organisation et participent activement à la construction des échanges et des échanges.
C’est précisément cette dynamique que le PNUD réaffirme son engagamenet à travers Parlons Développement : créer des espaces où la jeunesse peut s’exprimer, confronter ses idées aux expériences des chercheurs et des professionnels, développer de nouvelles compétences et, surtout, contribuer à la recherche de solutions aux défis du pays.
Du débat scientifique à la formation pratique, de la réflexion sur les mutations de la société à la création de projets innovants, les Salons du développement témoignent ainsi d'une évolution importante : faire de la parole des jeunes un point de départ, mais aussi leur donner les moyens de transformer cette parole en action.
En créant des passerelles entre savoirs académiques, expertise professionnelle et engagement citoyen, Parlons Développement continue ainsi d’accompagner l’émergence de nouvelles générations de leaders, d’innovateurs et de bâtisseurs d’avenir.