Des solutions de cuisson propre pour un avenir durable au Bénin
28 février 2026
Un réchaud amélioré alimenté par du biocombustible et utilisant l'énergie solaire
Au Bénin, plus de 80 % des ménages dépendent encore du bois et du charbon pour cuisiner avec son lot de pollution de l’air, d’émissions de CO₂, de déforestation et de risques sanitaires importants pour les femmes et les enfants exposés quotidiennement à la fumée. Grâce au Mécanisme de Soutien Financier (MSF) initié par le Gouvernement du Bénin avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), des milliers de ménages accèdent à des solutions de cuisson propre plus efficaces, plus saines et plus économiques.
À Aglogbè, dans la commune d’Adjarra, Jeanne Houessou préside le Groupement Houénoussou, spécialisé dans la transformation du manioc en gari, tapioca et autres dérivés. Avant l’arrivée des fours et réchauds améliorés, ses journées de travail étaient éprouvantes.
« La chaleur du fourneau traditionnel est si intense que nous ne pouvions plus porter de bijoux pour cuisiner : ils nous brûlaient la peau. Nos habits étaient constamment couverts de sueur. Et la fumée, elle nous piquait les yeux en permanence »Jeanne HOUESSOU, Présidente du Groupement Houénoussou,
Comme Jeanne, des milliers de femmes cuisinent dans des conditions difficiles, entourées de fumée toxique tout en dépensant des sommes importantes pour s’approvisionner en bois ou en charbon.
Le charbon ou le bois de feu utilisés pour la cuisson des aliments dans les foyers béninois contribue fortement à la déforestation
La production et l’utilisation du charbon de bois exercent une forte pression sur les forêts du pays. Selon une étude de la GIZ, 70 000 hectares de forêts disparaissent chaque année, dont 36 000 hectares rien qu’en 2024, en grande partie à cause de la demande énergétique des ménages.
A travers la Contribution Déterminée au niveau National (CDN), le Gouvernement du Bénin a décidé de proposer des solutions permettant de réduire la dépendance au bois-énergie. Il envisage d’atteindre 50% de la population avec des solutions de cuisson propre d’ici à 2023, en mettant l’accent sur les ménages vulnérables et les zones rurales.
Pour contribuer à relever ce défi, le Projet PANA Énergie, mis en œuvre par la Direction Générale de la Planification Énergétique et de l’Électrification Rurale (DGPEER) et appuyé par le PNUD avec le soutien du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), a lancé un dispositif novateur : le Mécanisme de Soutien Financier (MSF) à travers la mobilisation du secteur privé pour faciliter l’accès des ménages à des technologies de cuisson propre.
Une jeune dame en train de cuisiner avec un modèle de réchaud amélioré subventionné par le PNUD et le FEM à moitié prix
Une transition progressive vers l’énergie de cuisson propre
Le Mécanisme de Soutien Financier est un dispositif basé sur la performance, qui permet d’octroyer des subventions à des entreprises pour soutenir un projet. Ce mécanisme lève les barrières financières, qui empêchaient les ménages, les petits entrepreneurs et les unités de transformation d’accéder à des technologies modernes de cuisson propre. À la suite d’un processus compétitif, quatre entreprises promotrices d’équipements de cuisson propre ont été sélectionnées pour mettre sur le marché béninois 5000 réchauds améliorés et fours de différents types en 2026. Il s’agit de OMELMA Group, ISMATH, GUEV Ecological Venture et BIOGAZ Bénin.
A travers le MSF, le PNUD soutient à hauteur de 50% le prix d’achat des réchauds améliorés pour les ménages et les fours à pression pour les productrices, des unités de biogaz, et autres technologies de cuisson efficaces et écologiques.
« Au-delà de sa dimension financière, le MSF répond à un enjeu de développement. Dans plusieurs localités rurales et périurbaines, l’accès à une énergie fiable et abordable reste limité, ce qui freine l’activité économique, la transformation agricole et l’amélioration des services sociaux. Le mécanisme contribue ainsi à faire de l’énergie propre un levier d’inclusion, de développement territorial et de résilience climatique .»Madame Manon BERNIER, Représentante Résidente Adjointe du PNUD au Bénin
Jeanne HOUESSOU, présidente du Groupement Houenoussou exprimant sa satisfaction par rapport à l'utilisation des rechauds améliorés
« Pour cuire un sac de manioc, nous dépensions 1 500 FCFA en bois. Aujourd’hui, avec le réchaud GUEV, nous utilisons à peine 800 FCFA de combustible.»
Un impact humain, environnemental et économique
Ces réchauds améliorés réduisent de moitié la consommation de bois, émettent beaucoup moins de fumée, permettent de cuisiner plus vite, améliorent la santé et le confort. Avec des fours à pression et réchauds pour les productrices d’huile de palme, le rendement énergétique augmente, la quantité de bois brûlé diminue.
Depuis qu’elle utilise un réchaud amélioré, Jeanne Houessou a vu son quotidien se transformer : elle cuisine plus rapidement, respire mieux et elle dépense beaucoup moins en combustibles.
À Cotonou, dans un maquis, un cuisinier raconte son expérience :
« Avant, une bouteille de gaz de 35 kg ne durait que trois jours. Maintenant, avec le nouveau foyer utilisant les coques de noix de palme carbonisées, c’est beaucoup plus économique. Le foyer ne dégage pas de chaleur, on cuisine mieux et à moindre coût. »
Avec les coques de palmistes, une étude a montré que les foyers améliorés permettent de réduire les émissions de CO₂ d’environ 351 ppm, comparativement au bois et au charbon. Les économies sont donc à la fois financières et environnementales.
Le MSF ne se contente pas de subventionner des équipements : il structure un véritable écosystème local autour de la cuisson propre. Il contribue à réduire la pression sur les forêts, diminuer les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la santé publique, soutenir les ateliers locaux de fabrication de foyers améliorés, créer des emplois pour les jeunes et les femmes, développer des chaînes de distribution locales.
Grâce à ce mécanisme, les solutions de cuisson propre ne sont plus un luxe, mais une option accessible pour des milliers de ménages.