16 Jours d’activisme contre les VBG
Une mobilisation collective pour protéger les femmes et les filles face aux violences numériques
27 novembre 2025
Photo de famille des partenaires au lancement de la campagne des 16 jours d'activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) s’est joint, le 25 novembre 2025 à Cotonou, au Gouvernement du Bénin, à l’Institut National de la Femme (INF), aux organisations de la société civile et à de nombreux partenaires pour le lancement officiel de la campagne des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre dans un contexte marqué par l’essor rapide du numérique et par la montée de nouvelles formes de violences touchant de manière disproportionnée les femmes et les filles.
Placée sous le thème « Tous et toutes uni.e.s pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles », la campagne appelle à une vigilance accrue dans les espaces en ligne et à une réponse collective face aux dérives numériques. Harcèlement de masse, sextorsion, usurpation d’identité ou encore deep fakes figurent désormais parmi les menaces les plus destructrices, capables d’atteindre la dignité, la santé mentale et parfois la sécurité physique des victimes. À l’échelle mondiale, comme au Bénin, ces violences aggravent des inégalités déjà existantes.
La cérémonie de lancement a rassemblé un large éventail d’acteurs, allant des autorités politico-administratives aux organisations engagées pour les droits des femmes, en passant par les représentants du corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, des médias et des leaders communautaires qui ont tour à tour rappelé l’urgence d’agir. Les interventions ont convergé autour d’un même message. La transformation numérique ne peut se faire au détriment des droits humains, et encore moins de la sécurité des femmes et des filles.
Dans cette dynamique, l’INF a mis à disposition des outils de prévention et d’assistance, notamment des numéros d’écoute et de signalement destinés aux victimes et aux témoins. Le 114, accessible gratuitement, ainsi que le 01 51 07 88 88 via WhatsApp, permettent d’alerter, de demander de l’aide et d’être orienté vers une prise en charge appropriée. Des dispositifs qui traduisent une volonté de passer du discours à l’action, en rapprochant les services de protection des personnes concernées.
Les échanges ont également permis de replacer la lutte contre les violences numériques dans un cadre plus large. Les technologies numériques et l’intelligence artificielle offrent des opportunités majeures pour le développement humain et l’atteinte des Objectifs de développement durable. Elles favorisent l’accès à l’information, l’innovation et l’autonomisation économique. Toutefois, sans garde-fous solides, elles peuvent aussi renforcer des déséquilibres de pouvoir et créer de nouveaux espaces de violence.
En Afrique subsaharienne, 28 % des femmes déclarent avoir déjà subi une forme de violence en ligne, un chiffre qui illustre l’ampleur du phénomène. Ces violences s’inscrivent par ailleurs dans un contexte marqué par des fragilités sécuritaires, le rétrécissement des espaces civiques et les effets croisés des crises climatiques et sociales. Face à cette réalité, une action coordonnée s’impose donc pour renforcer la gouvernance numérique, responsabiliser les plateformes et protéger les droits fondamentaux.
La journée a été rythmée par des temps forts mêlant expertise et expression artistique. Une communication introductive sur la sextorsion a ainsi permis de poser un diagnostic partagé, enrichi par les analyses du Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) et de spécialistes de l’accompagnement psychosocial. Des performances culturelles, entre percussions, slam et danse, ont donné une dimension sensible et mobilisatrice à la lutte, rappelant que la prévention passe aussi par la parole et la création.
La cérémonie s’est achevée par la remise de kits à 12 organisations de la société civile, afin de renforcer leurs actions de sensibilisation sur le terrain. Un geste symbolique et opérationnel qui ouvre une séquence de 16 jours d’engagement continu. Au-delà des événements, la campagne invite chaque institution, chaque communauté et chaque citoyen à agir durablement pour faire des espaces numériques, comme des espaces physiques, des lieux de respect, de sécurité et d’égalité pour toutes les femmes et les filles.
Le PNUD a rappelé son engagement à promouvoir un Internet sûr, éthique et respectueux, en soutenant les politiques publiques, les mécanismes de prévention et les initiatives communautaires. Une approche qui s’inscrit dans des cadres internationaux structurants, tels que la dynamique Beijing 30+, le Pacte numérique mondial ou encore les discussions autour de la Convention des Nations Unies contre la cybercriminalité, en perspective de la 70ᵉ Commission de la condition de la femme en 2026.