La protection des « meilleures des dernières » forêts tropicales humides pourrait lutter contre le changement climatique et favoriser une reprise verte post COVID-19.

 

New York - Environ la moitié des forêts tropicales humides du monde pourraient être considérées comme de « haute qualité », mais seulement 6,5 % de ces forêts de haute qualité bénéficient d'une protection officielle. Les « meilleures des dernières » forêts tropicales du monde risquent fort de disparaître, selon une étude conjointe soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la National Aeronautics and Space Administration (NASA) et la Wildlife Conservation Society.

Les chercheurs et huit institutions de recherche de premier plan ont identifié des omissions importantes dans la stratégie internationale de conservation des forêts dans la nouvelle étude intitulée « Un cadre politique pour la conservation des meilleures des dernières forêts tropicales humides de la Terre », publiée aujourd'hui dans la revue Nature Ecology and Evolution (en anglais).

Les objectifs mondiaux actuels se concentrent uniquement sur la taille des forêts et ne reconnaissent pas l'importance de la qualité des forêts qui fournissent des services clés, tels que le stockage du carbone, la prévention de la transmission des maladies et l'approvisionnement en eau, créant ainsi une lacune critique dans l'action visant à sauvegarder les écosystèmes essentiels au bien-être humain et planétaire.

De nouveaux objectifs reconnaissant la qualité des forêts sont nécessaires de toute urgence pour sauvegarder les précieuses forêts tropicales humides de la Terre. Sur les 1,9 million d'hectares de forêts tropicales humides dans le monde, l'étude préconise de nouvelles protections dans 41% de ces zones, une restauration active dans 7 %, et une réduction de la pression humaine dans 19% afin de promouvoir des stratégies coordonnées pour maintenir les forêts de haute valeur écologique.

« Protéger, restaurer et gérer durablement la nature est fondamental pour atteindre les objectifs de développement durable, mais nous avons besoin de données spatiales plus solides pour nous aider à le faire », déclare l'administrateur du PNUD, Achim Steiner. "En servant d'organisateur réunissant certains des meilleurs scientifiques du monde et les gouvernements, les Nations Unies jouent un rôle important pour garantir que ce type de données et de recherche de pointe est disponible pour aider les pays à planifier et à mettre en œuvre des solutions critiques basées sur la nature".

En collaboration avec les bureaux nationaux du PNUD et les principales parties prenantes au Brésil, en Colombie, au Costa Rica, en République démocratique du Congo, en Équateur, en Indonésie, au Pérou et au Viet Nam, les chercheurs ont cartographié l'emplacement des forêts de haute qualité à l'aide de cartes à haute résolution récemment élaborées sur la structure des forêts et la pression humaine dans les tropiques humides du monde entier.

L'article révèle que parmi les forêts tropicales humides de la Terre, seule la moitié a une qualité écologique élevée, largement limitée aux bassins de l'Amazonie et du Congo. La grande majorité de ces forêts n'ont pas de protection officielle et, compte tenu des taux de perte récents, sont très menacées.

La disparition rapide de ces « meilleures des dernières » forêts étant en jeu, le document fournit un cadre politique pour leur conservation et leur restauration, en recommandant des sites pour maintenir les protections, en ajouter de nouvelles, restaurer la structure de la forêt, et atténuer la pression humaine. Ces stratégies proposées par l'étude ne sont que plus pertinentes face à la pandémie COVID-19.

« Les approches fondées sur la nature apparaissent comme des opportunités de grande valeur pour respecter les engagements internationaux et profiter aux populations et à la planète. La NASA est fière de soutenir et appliquer une science rigoureuse pour comprendre la Terre et aider les organisations afin d'éclairer la protection des forêts tropicales du monde », a déclaré Lawrence Friedl, directeur du Programme des sciences appliquées de la NASA.

L'année à venir est une « super année » pour la biodiversité, au cours de laquelle le monde s'accordera sur une nouvelle donne pour la nature qui façonnera l'action mondiale pour les 30 prochaines années. Les pays auront également une dernière chance de réviser leurs contributions pour la réduction des émissions de carbone avant l'entrée en vigueur de l'accord de Paris sur le climat. Ces deux étapes auront un impact sur les efforts visant à faire progresser les Objectifs de développement durable de l'Agenda à l’horizon 2030, qui sont fondés sur la nature.      

 

Pour les questions des médias :
Stephen Cole | NASA Office of Communications | Washington D.C. | e-mail : stephen.e.cole@nasa.gov | Tel : +1 202-358-0918

Sangita Khadka | PNUD New York | email : sangita.khadka@undp.org | Tel : +1 212 906 5043                                        

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