Lancement officiel du Programme BIOFIN au Togo : une étape stratégique pour mobiliser des financements durables en faveur de la biodiversité

Face à la crise mondiale de la biodiversité, le Togo a franchi une étape décisive en lançant officiellement le processus d’élaboration de son Plan national de Financement de la Biodiversité (PFB) lors d’un atelier tenu les 21 et 22 janvier à Lomé.

26 janvier 2026
Group of people posing in front of a light blue and white building with banners.

Photo de groupe des participants à l'issue de la cérémonie de lancement

PNUD Togo

Cet atelier marque le démarrage du programme BIOFIN Togo qui s’inscrit dans l’Initiative mondiale pour la Finance de la Biodiversité (BIOFIN) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), soutenue par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et plusieurs autres partenaires internationaux dont l’Union Européenne, la Norvège, la Suisse, la Belgique, le Canada, la France, le Royaume-Uni, la Flandre et l’Allemagne. 

L’atelier a réuni les principaux acteurs concernés par les enjeux du financement durable de la biodiversité au Togo, incluant les partenaires techniques et financiers, les acteurs publics, les acteurs privés et les organisations de la société civile, dans le but de renforcer le financement durable de la biodiversité, en cohérence avec les priorités nationales et les engagements internationaux du Togo.

A l’ouverture des travaux, Monsieur le Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique a rappelé l’urgence d’une action collective face à l’érosion accélérée du capital naturel national. Il a souligné que « la conservation de la biodiversité ne peut plus être perçue comme une charge, mais comme un investissement stratégique, un choix politique fort en faveur de la durabilité, de la résilience et de la prospérité de notre pays.»

Un contexte mondial alarmant

Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), le rythme actuel d’extinction des espèces est estimé à des dizaines, voire centaines de fois supérieure à la moyenne des dix derniers millions d’années. Les écosystèmes naturels ont déjà diminué de 47 %, compromettant des services essentiels à la vie humaine et à l’économie mondiale alors même que près de 50 % du PIB mondial dépend directement ou indirectement de la nature.

Le Togo : un hotspot de biodiversité menacée

Avec ses 56 600 km², le Togo abrite une mosaïque d’écosystèmes uniques et une biodiversité remarquable avec plus de 3 491 espèces végétales et 4 201 espèces animales. Cette richesse soutient des secteurs clés comme l’agriculture, la foresterie et la pêche, qui mobilisent près de 60 % de la population active. Toutefois, la déforestation, l’expansion des surfaces agricoles, le braconnage et les effets néfastes des changements climatiques entraînent une perte rapide des habitats naturels. Entre 2001 et 2024, le pays a ainsi perdu environ 82 000 hectares de forêts.

BIOFIN : une réponse stratégique

Pour inverser cette tendance, le Togo s’est engagé dans la mise en œuvre de la Stratégie et Plan d’Actions National pour la Biodiversité (SPANB 2021-2030), alignée sur le Cadre mondial de la biodiversité adopté à la COP15. Cependant, un déficit de financement limite l’efficacité des actions. C’est précisément pour combler ce gap que l’initiative BIOFIN déploie une approche intégrée et innovante, fondée sur : 

  • (i) l’analyse des politiques et des cadres institutionnels ; 
  • (ii) l’évaluation des dépenses de la biodiversité 
  • (iii) L'évaluation des besoins liés à la biodiversité, ainsi que
  • (iv) la conception et la mise en œuvre d’un Plan de Financement de la Biodiversité consistant au développement et à la priorisation des solutions de financement les plus adaptées et prioritaires pour le pays. 

Depuis son lancement en 2012, BIOFIN a catalysé plus de 2,7 milliards de dollars pour la nature dans 42 pays à travers des solutions telles que les obligations vertes, les taxes innovantes, les fonds fiduciaires, la réforme des redevances, les partenariats avec le secteur privé et les incitations financières qui soutiennent un développement respectueux de la nature. Avec le soutien du FEM8, 91 nouveaux pays, dont le Togo, rejoignent cette dynamique.

À une époque de diminution de l’Aide Publique au Développement, le modèle " financer la finance " de BIOFIN apporte un soutien essentiel aux pays pour mobiliser des financements nationaux, publics et privés, garantissant ainsi des flux financiers durables pour la nature au-delà des mécanismes traditionnels.

En fédérant les acteurs autour d’un financement durable, le Togo entend renforcer la résilience de son économie et préserver son capital naturel pour les générations futures. Ce processus marque donc une avancée majeure vers la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) et la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité comme l’a affirmé le représentant de la Représentante résidente du PNUD au Togo en ces mots " Le lancement du programme BIOFIN au Togo n’est pas une fin en soi. Il marque le début d’un processus stratégique qui contribuera à bâtir une économie plus verte, plus résiliente, plus inclusive et plus respectueuse du patrimoine naturel, au bénéfice des générations présentes et futures".

Contact presse :
Emile KENKOU, responsable Communication, emile.kenkou@undp.org

Kokouvi Mesmin Abel AMOUZOUVI, Analyste en Financement durable, kokouvi.mesmin.abel.amouzouvi@undp.org