Avec l’appui du PNUD, le CCDP+ porte le plaidoyer pour les droits des PVVIH au Burundi

18 septembre 2026
Avec l’appui du PNUD, le CCDP+ porte le plaidoyer pour les droits des PVVIH au Burundi

Les participants à l’atelier de plaidoyer

PNUD Burundi 2026/ Daniella Ninteretse

Par Daniella Ninteretse

Gitega, 16 septembre 2026 - Faire entendre la voix des personnes vivant avec le VIH et contribuer à l’évolution du cadre juridique qui protège leurs droits. C’est autour de cet objectif que le Cadre Consultatif et Décisionnel des Organisations des Personnes Vivant avec le VIH (CCDP+) a organisé à Gitega un atelier national d’échanges sur la Loi n°1/018 du 12 mai 2005 portant protection des personnes vivant avec le VIH au Burundi.

Portée par le CCDP+, en collaboration avec la Clinique juridique Safelaw, cette initiative a bénéficié de l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en sa qualité de Principal Récipiendaire des subventions du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme, ainsi que de l’ANSS-Santé Plus. L’atelier a réuni des représentants des secteurs de la santé et de la justice, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des réseaux de personnes vivant avec le VIH. 

Une initiative portée par les communautés

Plus de vingt ans après son adoption, la Loi n°1/018 demeure un instrument important pour la protection des personnes vivant avec le VIH. Toutefois, l’évolution du contexte scientifique, social et juridique ainsi que les engagements du Burundi en matière de droits humains ont rendu nécessaire une réflexion sur son actualisation. 

À l’ouverture des travaux, M. Hamza Vénant Burikukiye, Représentant légal du CCDP+, a rappelé que cette démarche répondait directement aux réalités vécues par les personnes vivant avec le VIH et leurs familles :

« Cette assise n’est pas un exercice académique. Elle part d’un constat vécu par les personnes vivant avec le VIH et leurs familles : plus de vingt ans après son adoption, cette loi reste très peu connue et certaines de ses dispositions ne cadrent pas avec les engagements régionaux et internationaux de même que les réalités actuelles nationales de la riposte au VIH. »

Cette intervention a mis en évidence l’importance de placer les communautés au cœur des réflexions sur le cadre juridique qui les concerne.

Le PNUD accompagne la dynamique

Prenant la parole au nom de la Représentante Résidente du PNUD, M. Amstrong Russell, Coordonnateur a.i. de l’Unité de Gestion des Projets du Fonds Mondial au PNUD, a rappelé que les défis liés à la riposte au VIH dépassent le seul domaine médical.

« Les barrières médicales ne sont pas les seules à abattre. Les barrières juridiques et sociales restent de puissants obstacles sur le chemin de l’élimination du Sida d’ici à 2030. » 

Il a également souligné la nécessité de faire évoluer le cadre juridique en fonction des réalités :

« L’objectif de cette révision législative n’est pas de défaire, mais de parfaire. » 

Du dialogue à l’action

Les participants ont examiné les dispositions de la Loi n°1/018 afin d’identifier celles considérées comme discriminatoires, obsolètes et/ou répressives, et d’analyser leur cohérence avec les normes nationales et internationales. 

Les travaux ont également permis de réfléchir aux prochaines étapes du processus, notamment à travers l’élaboration d’une feuille de route pour le plaidoyer en faveur de l’actualisation de la loi et la mise en place d’un groupe technique national de travail chargé d’accompagner le processus de révision. 

Un partenariat au service des droits humains

L’atelier a illustré la complémentarité des acteurs engagés dans la riposte au VIH au Burundi. Le CCDP+ a porté cette initiative, avec la collaboration de la Clinique juridique Safelaw, tandis que les institutions nationales, les organisations de la société civile et les réseaux de personnes vivant avec le VIH ont apporté leur expertise et leur expérience.

Le PNUD, dans le cadre de son accompagnement et son rôle de Récipiendaire Principal des subventions du Fonds Mondial, a soutenu cette dynamique aux côtés de l’ANSS-Santé Plus et des autres partenaires.

Le PNUD a réaffirmé son engagement à accompagner le Burundi dans ce processus, en synergie avec les agences sœurs du Système des Nations Unies et les autres partenaires au développement. 

En plaçant les communautés au cœur du plaidoyer et en réunissant les institutions nationales et les partenaires autour d’un  dialogue, le CCDP+ contribue à faire progresser la réflexion sur un cadre juridique plus protecteur des droits humains et de la dignité des personnes vivant avec le VIH.