Discours de la Représentante Résidente du PNUD Congo sur le Dialogue régional: « Gouvernance locale, les infrastructures territoriales et l'accélération des objectifs de développement durable en Afrique »

Dialogue régional

24 juillet 2026
Woman in purple dress and headwrap speaks at a microphone podium, green flag behind.

Mme Adama-Dian Barry, RR du PNUD Congo: Discours au Dialogue régional du 30 juin et 01 juillet 2026 à Brazzaville, en République du Congo

©PNUD Congo

Monsieur le Vice Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Madame la Présidente du Conseil Economique et Social

Monsieur le Président du Conseil Municipal de Brazzaville

Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs les élus locaux ;

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la société civile,

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations faitières du secteur privé,

Mesdames et Messieurs, chers collègues du Système des Nations Unies

Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités. 

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand honneur que je prends la parole aujourd’hui, à l’ouverture de ce Dialogue régional, sur une question décisive pour notre avenir commun : celle de l’action locale comme levier essentiel pour accélérer l’atteinte des Objectifs de Développement Durable, quatre ans avant le délai de réalisation fixe à l’an 2030.

Woman in purple dress and headwrap speaks at a microphone podium, green flag behind.

Permettez-moi, d’abord, au nom de la Directrice du PNUD Afrique, Madame Ahunna Eziakonwa, d’adresser, au nom du Programme des Nations Unies pour le développement, mes sincères remerciements aux plus hautes autorités de la République du Congo pour leur engagement constant en faveur du développement territorial et de la gouvernance inclusive, et pour avoir bien voulu héberger cette grande plateforme de ce jour, qui réunit ici à Brazzaville plus de 15 pays d’Afrique Australe, de l’Est, du Centre et de l’Ouest. Mes remerciements singuliers à l’endroit de Son Excellence Monsieur le Vice Premier Ministre, en charge des infrastructures, pour sa constante disponibilité et son pilotage d’exception, son écoute durant les travaux préparatoire de ce forum régional, et pour avoir bien voulu désigner un Haut cadre de son département pour le représenter à la Présente cérémonie d’ouverture. 

Je remercie également les organisations sous-régionales des gouvernements locaux de l’Afrique de l’Est (EACLGA) et de l’Afrique de l’Ouest- CCT-UEMOA pour la bonne collaboration dans le cadre de la préparation de cet atelier régional. En cocréant cette plateforme avec le Gouvernement de la République du Congo et les entités représentants les gouvernements locaux, le PNUD réaffirme son engagement avec les gouvernements au niveau Central pour la promotion de la décentralisation et la gouvernance inclusive comme levier du développement et surtout des stratégies d’accélération à l’horizon 2030.

Je tiens également à exprimer notre reconnaissance à l’ensemble des participants venus de 15 pays du continent africain : l’Afrique du Sud, l’Uganda, le Kenya, la Zambie, le Zimbabwe, la Cote d’Ivoire, le Sénégal, la Gambie, la Sierra Léone, le Gabon, la RDC, le Cameroun ainsi que l’ensemble des élus et représentant territoriaux de la République du Congo.  BOYEI MALAMU.

Votre présence distinguée ici à Brazzaville la verte, témoigne de l’importance stratégique que nous accordons collectivement à l’action locale comme accélérateur essentiel de transformation durable mais aussi au rôle important que joue les autorités locales en vue d’une gouvernance plus inclusive et sensible aux besoins et aspirations des populations.

Distinguées autorités,

Chers partenaires 

Mesdames et Messieurs

Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte international marqué par des défis d’une ampleur sans précédent. Les trajectoires de développement sont mises à rude épreuve par les crises contemporaines, qu’elles soient climatiques, économiques, sociales ou sécuritaires.

Panelists sit at a long table on a stage; a man in a blue blazer stands at a podium beside a banner.

À moins de cinq années de l’échéance de l’agenda 2030, force est de constater que les progrès restent inégaux et, dans certains cas, insuffisants. Les données récentes révèlent que seuls 35 % des cibles des ODD sont en bonne voie ou enregistrent des gains modestes (dont 18 % atteintes et 17 % modérément atteintes) et près de la moitié des cibles progressent trop lentement, et 18 % sont en réalité en régression. Il est important de souligner que notre cher Continent Africain suit une trajectoire particulière de développement, bien que 12 des 17 ODD progresse, le rythme actuel est insuffisant pour atteindre les objectifs d'ici 2030. En effet, moins de 6 % des 32 cibles mesurables des ODD sont actuellement en bonne voie, tandis que huit cibles régressent et la majorité affiche des progrès lents ou stagnants. Je souligne ces données pour partager pour rappeler que le potentiel mondial et africain en appelle à des avancées de développement plus concrets et que le délai restant, de quatre ans, nécessité des mesures tangibles d’accélération et de redevabilité a tous les niveaux.

Pourtant, une vérité s’impose avec une clarté sans cesse croissante : les ODD ne se réaliseront pas uniquement à travers des politiques globales ou nationales. Ils se concrétisent avant tout dans les territoires, au plus près des populations, là où se jouent les dynamiques quotidiennes de développement, pour ne laisser personne de côté. Pour la population, les yeux restent fixés sur les autorités surtout au niveau local pour faciliter l’accès à l’eau, éducation, santé, emploi, urbanisation, résilience climatique ainsi qu’a la paix et la sécurité. DE nos jours, la population n’exige pas seulement la disponibilité de ces services, elle exige que ces services apportent des solutions les plus innovantes et adaptées aux réalités du moment tout en contribuant à la réalisation des ambitions futures de chacun. Ces désirs, bien que résultant des droits fondamentaux des peuples, leur réalisation reste couteuse ou peut être très ambitieuse dans certains contextes. Il y a lieu de rappeler que l’incidence de la pauvreté multidimensionnelle, le sous-investissement dans les services sociaux locaux affecte prioritairement les femmes qui restent toutefois la grande majorité des populations, c’est-à-dire 50 à 52%.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Il apparaît désormais clairement que la réalisation des Objectifs de développement durable dépend, dans une large mesure, de notre capacité collective à agir efficacement au niveau local. Les collectivités territoriales, les autorités administratives, les communautés locales, les organisations de la société civile et les acteurs économiques de proximité sont aujourd’hui en première ligne. Ils sont les mieux placés pour identifier les besoins réels, adapter les solutions aux contextes spécifiques et garantir une appropriation durable des actions entreprises. Le niveau local est le lieu où les politiques publiques dans toute leur diversité sectorielle prennent corps et où, les engagements internationaux se traduisent en services concrets. Ainsi, je tiens à saluer et remercier les autorités locales ici présentes pour leur engagement constant aux ambitions de développement et leurs capacités d’agir au profit des populations et avec les populations pour relever des défis politiques, financiers ou techniques pour offrir aux peuples et particulièrement aux jeunes et les femmes les meilleurs conditions de vie et les transformer tous non pas seulement en bénéficiaires des initiatives de développement mais en champions de développement. 

Dans de nombreux pays, nous constatons déjà des transformations remarquables portées par les territoires : des municipalités qui intègrent les ODD dans leurs plans de développement, des initiatives locales en matière de gestion durable des ressources naturelles, des programmes d’inclusion économique des femmes et des jeunes, ou encore des solutions numériques pour améliorer l’accès aux services publics. Des expériences concrètes qui démontrent que lorsque les territoires sont pleinement engagés, les progrès deviennent possibles. Dans plusieurs villes africaines, la mise en œuvre de mécanismes de suivi local du développement a permis de renforcer la planification, la redevabilité et la participation citoyenne. Des processus de suivi local qui ont permis d’améliorer la prise de décision et d’ancrer davantage les priorités de développement dans les réalités territoriales.

Au cours de ces deux jours de dialogue, ces expériences méritent d’être mise en lumière et seront fondées sur le partage d’expériences, la cocréation de solutions et l’innovation locale. C’est tout le sens de ce dialogue régional. 

Les expériences menées dans plusieurs pays africains confirment également la pertinence des programmes de développement communautaire comme instruments d’accélération de l’action locale pour l’atteinte des ODD. Le Programme des Nations Unies pour le Développement a collaborer avec plusieurs gouvernements en Afrique, particulière le  Sénégal, la Gambie, Le Gabon, la RDC, … pour mettre en œuvre le Programme d’Urgence de Développement Communautaire qui permet s de rapprocher les services essentiels des populations rurales, de désenclaver de nombreuses localités et de renforcer l’accès à l’eau, à l’énergie, aux pistes rurales et aux équipements productifs. En République démocratique du Congo, le Programme de Développement Local des 145 territoires illustre l’ambition de faire des territoires les premiers espaces de transformation, en combinant infrastructures de base, gouvernance de proximité et relance des économies locales. Des approches similaires conduites au Togo, au Tchad, au Niger démontrent qu’un modèle fondé sur l’identification participative des besoins, l’ancrage institutionnel, la coordination multisectorielle et l’appropriation communautaire peut produire des résultats visibles, renforcer la cohésion territoriale et améliorer durablement les conditions de vie des populations.

People seated around a U-shaped conference table with blue cloths in a wood-paneled room.

Mesdames et Messieurs,

Cependant, pour libérer pleinement le potentiel de l’action locale, plusieurs défis doivent être relevés. 

La question du financement demeure centrale. Les ressources disponibles au niveau local restent, dans de nombreux contextes, largement insuffisantes pour répondre aux besoins croissants des populations.

À cela s’ajoutent des contraintes liées aux capacités institutionnelles, à l’accès aux données, ainsi qu’aux cadres réglementaires qui limitent parfois l’autonomie d’action des collectivités.

Face à ces défis, il est impératif de repenser les modèles, une approche systémique s’impose. Il est impérieux d’investir dans le renforcement des capacités des acteurs territoriaux, de promouvoir des mécanismes de financement adaptés aux réalités locales renforçant la mobilisation des ressources domestiques, et d’encourager des cadres de gouvernance inclusive qui associent pleinement les citoyens, les jeunes et les femmes à la prise de décision.

L’innovation constitue également un levier majeur. L’essor des solutions numériques, des mécanismes de financement carbone, ou encore des partenariats public-privé ouvre des perspectives pour accélérer la mise en œuvre des ODD à l’échelle locale. Ces outils doivent être démocratisés et adaptés aux contextes territoriaux les plus fragiles.

Accélérer les ODD nécessite un changement de paradigme : passer d’une logique descendante à une dynamique ascendante, où les territoires deviennent de véritables moteurs de transformation. Cela exige confiance, investissements et partenariats renouvelés.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Le dialogue qui s’ouvre aujourd’hui représente une opportunité précieuse pour approfondir ces réflexions, partager les expériences, et identifier des solutions concrètes et adaptées aux réalités africaines.

Il offre un cadre privilégié pour renforcer les partenariats, promouvoir l’apprentissage mutuel et consolider une vision commune de la gouvernance locale au service du développement durable.

Le Programme des Nations Unies pour le développement réaffirme, à cette occasion, son engagement à accompagner les États, les collectivités territoriales et les partenaires nationaux dans leurs efforts visant à renforcer les systèmes de gouvernance locale, à promouvoir des institutions efficaces et à accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable.

Permettez-moi de conclure par cette conviction forte : c’est au plus près des citoyens que se construit la transformation durable. C’est dans chaque village, chaque commune, chaque département, chaque région que se joue l’avenir des ODD. En renforçant l’action locale, nous ne faisons pas seulement progresser des indicateurs ; nous transformons concrètement la vie des populations. En investissant dans les territoires, en renforçant les institutions locales et en valorisant les dynamiques communautaires, nous posons les jalons d’un avenir plus inclusif, plus équitable et plus résilient pour l’Afrique.

Group of people in a conference hall posing for a group photo beside blue-draped tables.

Je vous remercie d’avoir choisie Brazzaville, pour tenir ces réflexions, qui permettront de cocréer un Programme en soutien à l’accélération de la territorialisation des ODD, et l’urbanisation locale pour un mieux-être durable des populations que nous servons. Cette rencontre devra par ailleurs permettre de consolider les réseaux d’acteurs territoriaux engagés pour la réalisation de la promesse des ODD. Promesse qui nous engage tous, et à laquelle nous sommes tous appelé à répondre dans les 1440 prochains jours ! le compte à rebours a déjà débuté ! Nous devons de tenir ce rendez-vous pour nos enfants et nos petits enfants ! Nous devons tenir ce rendez-vous pour que l’Afrique livre sa pleine promesse au monde, et pour que la prospérité soit une réalité dans les foyers de chaque ville, et chaque village.

C’est sur cette note d’espérance, et de responsabilité que je vous souhaite de fructueux travaux et un très agréable séjour à Brazzaville la ville verte.

Je vous remercie de votre aimable attention.