Discours de Monsieur Jean-François Dubuisson, Représentant Résident adjoint du Programme des Nations Unies _ PNUD, « lors de l’Atelier de lancement du projet de réforme des textes libertés d'expression - MCC »
18 février 2026
La liberté d’expression constitue l’un des piliers fondamentaux d’une gouvernance démocratique inclusive. Elle est indispensable à la participation citoyenne, à la redevabilité publique, et à l’accès des populations à une information fiable et de qualité.Monsieur Jean-François Dubuisson, Représentant Résident adjoint du Programme des Nations Unies _ PNUD
Liste Protocolaire
C’est pour moi un honneur et un réel plaisir de prendre la parole aujourd’hui à l’occasion de cet atelier de lancement du projet de réforme des textes encadrant les libertés d’expression à Madagascar. Permettez-moi, tout d’abord, de saluer l’engagement de toutes les parties prenantes ici présentes, qui témoignent par leur participation de l’importance collective accordée à cette thématique essentielle pour la vie démocratique de notre pays. Elle est d’autant plus pertinente dans le contexte actuel où l’accès à l’information et à un espace civique favorable sont des enjeux primordiaux de la refondation.
Dans un monde où les informations circulent à une vitesse inédite et où les enjeux liés à la désinformation et aux discours polarisants se complexifient, il est plus que jamais nécessaire de disposer d’un environnement légal adapté, équilibré et cohérent. Les initiatives récentes telles que les plateformes de dialogue médiatique mises en place à Madagascar démontrent l’importance d’un espace où les acteurs peuvent échanger, chercher des solutions concertées et contribuer à l’amélioration du cadre légal.
Cette initiative s’inscrit résolument dans les engagements du Système des Nations Unies en faveur de la liberté de presse, de la sécurité des journalistes et de la protection des personnes dans l’espace numérique.
Les Nations Unies, à travers des cadres stratégiques tels que le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, promeuvent la création d’environnements sûrs pour les professionnels des médias et encouragent la lutte contre toute forme de menace, d’intimidation ou de violence à leur égard.
Nous nous réjouissons de pouvoir accompagner Madagascar dans cet effort de modernisation et de consolidation du cadre juridique relatif aux libertés d’expression. Cette démarche s’inscrit pleinement dans les priorités du programme pays du PNUD et ses partenaires, qui promeut la bonne gouvernance et l’amélioration des mécanismes de participation citoyenne inclusive, et dans l'appui que nous apportons au dialogue public dans le contexte malgache actuel.
L’initiative du Gouvernement aujourd’hui se relie directement aux priorités du développement durable, notamment l’Objectif 16, qui appelle au renforcement des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous.
Notre ambition commune est de contribuer à l’émergence d’un cadre juridique protecteur, moderne et cohérent pour les libertés d’expression à Madagascar. Cela implique d’identifier les lacunes, de renforcer les garanties de protection pour les acteurs de l’information et de veiller à l’harmonisation avec les normes internationales, tout en respectant les spécificités nationales.
Après cela, il sera essentiel de mettre en place des mécanismes de suivi, d’évaluation et de vulgarisation afin de garantir que ces nouveaux textes soient effectivement compris, appliqués et appropriés par tous les acteurs concernés. Ces changements devront également être accompagnées par le renforcement des capacités des institutions, des médias, et surtout du système judiciaire.
Je voudrais ici saluer la volonté des autorités malgaches d’ouvrir cet espace de réflexion et de réforme, ainsi que la mobilisation des organisations professionnelles et des acteurs de la société civile.
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de conclure en réaffirmant notre conviction : une société informée, capable de débattre sereinement et disposant d’institutions à l’écoute
est une société qui avance. Ensemble, nous avons l’opportunité d’ouvrir un nouveau chapitre pour Madagascar, où l’information circule librement, où les voix se font entendre sans crainte, et où la démocratie se construit dans la transparence et la confiance.