Allocution du PNUD à l'atelier national de consultation pour l'élaboration du Plan d'Action Opérationnel de la Stratégie Nationale de Financement de la Gestion des Risques et des Catastrophes
11 août 2026
C’est avec un grand plaisir que je prends la parole au nom du Programme des Nations Unies pour le développement, et contribuer à cet Atelier national de consultation consacré à l’élaboration du Plan d’Action Opérationnel de la Stratégie Nationale de Financement de la Gestion des Risques et des Catastrophes.
Permettez-moi, avant toute chose, présenter l’excuse d’absence Monsieur le représentant Résident du PNUD qui est retenu par d’autres obligations et qui souhaitait vivement être parmi nous aujourd’hui.
Par la suite je voudrais saluer l’engagement et le leadership du Gouvernement de Madagascar, en particulier le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes de la Cellule de Prévention et d’Appui à la Gestion des Urgences et du Ministère de l’Économie et des Finances, dans la conduite de ce processus stratégique d’élaboration de ce plan d’action opérationnel avec une vision claire et une détermination constante.
Je souhaite également remercier l’ensemble des institutions nationales, des partenaires techniques et financiers, des représentants du secteur privé, des organisations de la société civile, ONG, ainsi que les projets et programmes présents. Votre participation témoigne de l’importance accordée à la mise en place d’un système de financement des risques et des catastrophes plus cohérent, plus durable et mieux adapté aux réalités et aux priorités du pays.
« Nous avons aujourd'hui l'opportunité de poser les bases d'un Plan d'Action Opérationnel ambitieux, mais surtout réalisable et durable. »Adamson Rasolofo, Team Leader a.i de l'Unité Croissance Inclusive et Transformation Economique - PNUD Madagascar
Mesdames et Messieurs,
Comme nous le savons tous, Madagascar est confronté de manière récurrente à des aléas naturels et climatiques majeurs, notamment les cyclones tropicaux, les inondations, les sécheresses prolongées, les glissements de terrain et d’autres événements extrêmes. Ces chocs entraînent des pertes humaines, économiques, sociales et environnementales considérables. Ils affectent les moyens de subsistance des populations, fragilisent les infrastructures et les services essentiels, compromettent les investissements de développement et exercent une pression importante sur les finances publiques.
Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, la question n’est donc plus seulement de savoir comment répondre aux catastrophes lorsqu’elles surviennent. Il est également essentiel de mieux anticiper leurs impacts, de planifier les besoins financiers et de mettre en place des mécanismes permettant de mobiliser rapidement, efficacement et de manière prévisible les ressources nécessaires avant, pendant et après les chocs.
C’est dans cette perspective que la Stratégie de Financement de la Gestion des Risques et des Catastrophes constitue une avancée majeure pour Madagascar. Elle traduit la volonté du Gouvernement de renforcer la résilience financière du pays et de disposer d’un cadre intégré permettant de mieux articuler les différents instruments et mécanismes de financement disponibles.
La Stratégie Nationale de Financement de la Gestion des Risques et des Catastrophesconstitue déjà une référence majeure qui oriente notre réflexion collective. Elle offre une vision commune pour améliorer le financement de la préparation, de la réponse, du relèvement et de la reconstruction, tout en contribuant à réduire l’impact des catastrophes sur le budget national et sur les populations les plus vulnérables.
Toutefois, une stratégie ne peut produire pleinement ses effets que lorsqu’elle est traduite en actions concrètes, réalistes, priorisées et portées par des institutions clairement identifiées. C’est précisément l’objectif du processus que nous engageons aujourd’hui : élaborer un Plan d’Action Opérationnel qui permettra de transformer les orientations stratégiques en interventions réalisables, programmées dans le temps, assorties de responsabilités institutionnelles, de mécanismes de financement et d’indicateurs de suivi.
Mesdames et messieurs,
Cet atelier constitue donc une étape déterminante.
Au cours de ces deux journées, les échanges devront permettre de :
- partager une compréhension commune des ambitions de la SFGRC,
- identifier et hiérarchiser les actions prioritaires,
- préciser les rôles et responsabilités des différentes institutions,
- examiner les mécanismes de financement disponibles et les opportunités de mobilisation de ressources,
- ainsi que définir les principaux indicateurs de suivi et les mesures permettant d’atténuer les risques liés à la mise en œuvre.
Le succès de cet exercice dépendra de la qualité des contributions de chacune et chacun d’entre vous.
Nous encourageons ainsi des échanges ouverts, constructifs et orientés vers des solutions concrètes. Les discussions devront tenir compte des priorités nationales, des capacités institutionnelles, des réalités budgétaires et des besoins des populations et des territoires les plus exposés.
Il sera également important de rechercher une forte cohérence entre les différents secteurs et dispositifs existants, notamment dans les domaines de la gestion des risques et des catastrophes, de l’adaptation au changement climatique, de la protection sociale, du développement agricole, des infrastructures, de la santé, de l’environnement et du financement du développement.
Mesdames et Messieurs,
Le PNUD considère que le financement des risques et des catastrophes constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience et protéger les acquis du développement.
À travers le projet Insurance and Risk Finance Facility (IRFF), le PNUD accompagne Madagascar dans le renforcement de l’environnement institutionnel et réglementaire, le développement de solutions de financement des risques, la promotion de l’assurance inclusive et l’intégration des mécanismes de financement des risques dans les politiques et les programmes de développement.
L’appui apporté à l’élaboration du Plan d’Action Opérationnel de la SFGRC s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Il vise à soutenir les efforts du Gouvernement pour disposer d’un cadre opérationnel permettant d’améliorer la coordination, de renforcer les capacités institutionnelles et de favoriser la mobilisation de ressources en faveur d’une gestion plus anticipative, plus efficace et plus durable des risques de catastrophes.
Nous nous réjouissons également du caractère participatif et inclusif de la démarche retenue. La consultation nationale qui débute aujourd’hui sera complétée par des consultations régionales afin de prendre en compte les réalités territoriales, les besoins spécifiques des acteurs locaux et les priorités des régions les plus exposées.
Cette articulation entre les niveaux national et territorial est essentielle pour garantir que le futur Plan d’Action Opérationnel soit non seulement techniquement solide, mais également pertinent, réaliste, approprié et pleinement porté par les acteurs chargés de sa mise en œuvre.
Le PNUD réaffirme sa disponibilité à poursuivre son accompagnement aux côtés du Gouvernement de Madagascar et de l’ensemble des partenaires concernés comme le PNDNA, système d’alerte précoce et station météoritique . Nous sommes convaincus que la réussite de ce processus reposera sur une appropriation nationale forte, une coordination efficace et un engagement collectif en faveur d’objectifs communs.
Mesdames et Messieurs,
Nous avons aujourd’hui l’opportunité de poser les bases d’un Plan d’Action Opérationnel ambitieux, mais surtout réalisable et durable.
Nous devons veiller à ce que les recommandations issues de cet atelier se traduisent par des actions concrètes, assorties de responsabilités clairement définies, de calendriers réalistes, de mécanismes de financement adaptés et d’un dispositif de suivi permettant d’apprécier les progrès accomplis.
Au terme de ce processus, l’objectif devra être de disposer d’un outil opérationnel capable d’orienter les investissements, de renforcer la préparation financière du pays et de contribuer à une réponse plus rapide et plus efficace face aux catastrophes, au bénéfice des populations malgaches, en particulier les plus vulnérables.
Je formule le vœu que ces deux journées de travaux soient marquées par des échanges fructueux, un dialogue constructif et une forte mobilisation de l’ensemble des parties prenantes.
Je remercie une nouvelle fois le Gouvernement de Madagascar pour son leadership et sa confiance, ainsi que toutes les institutions et tous les partenaires qui contribuent à cette importante initiative.
Je souhaite plein succès à nos travaux et réaffirme l’engagement du PNUD à accompagner Madagascar dans ses efforts visant à renforcer la résilience du pays et à promouvoir un financement plus efficace, inclusif et durable de la gestion des risques et des catastrophes.
Je vous remercie de votre aimable attention.
Misaotra Tompoko!