Plus qu'une ressource, une question de survie : le Grand Sud de Madagascar pour une gestion intégrée des ressources en eau
21 août 2026
À Madagascar, dans les régions de l'Androy et de l'Anôsy, l'aube n'est pas seulement le début d'un nouveau jour, mais le commencement d'une quête devenue la pratique quotidienne de toute la communauté, celle de l'eau. Pour des milliers de familles, chaque décision liée à cette ressource vitale, pourtant devenue rare au fil du temps, est une décision de vie, conditionnant l'alimentation, la santé, l'agriculture, mais aussi l'élevage.
Dans le Grand Sud de Madagascar, les chocs climatiques ne sont plus une exception, mais une norme qui aggrave la pauvreté multidimensionnelle. Dans cette zone particulièrement vulnérable aux sécheresses récurrentes et aux fortes pressions exercées sur les écosystèmes, la préservation des ressources en eau et la sécurisation de leur disponibilité pour les usages domestiques, agro-pastoraux et économiques représentent des leviers fondamentaux pour renforcer la résilience des communautés.
Face à ce constat, un pas vient d'être franchi avec le démarrage officiel des activités de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) pour les régions de l'Androy et de l'Anosy, à Ambovombe et à Taolagnaro. Ces activités s'inscrivent dans le cadre du Programme Pacte Vert-Résilience, financé par l'Union européenne et mis en œuvre par un consortium de quatre agences du système des Nations Unies, le PNUD, la FAO, le PAM et l'UNICEF, ainsi que par un consortium d'ONG dirigé par CARE Madagascar.
Des objectifs clairs pour des résultats tangibles
La Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) constitue l'un des piliers stratégiques du Programme Pacte Vert-Résilience, en favorisant une gestion durable, équitable et rationnelle de cette ressource vitale. Le programme conjoint met en œuvre le volet GIRE en partenariat avec l'Autorité Nationale de l'Eau et de l'Assainissement (ANDEA) et les autorités régionales, depuis sa conception jusqu'à son exécution au sein des régions de l'Anôsy et de l'Androy.
Ces ateliers de démarrage des activités GIRE dans les deux régions d'intervention du Programme Pacte Vert-Résilience ont ainsi permis de jeter des bases solides. Les objectifs définis sont ambitieux et concrets :
- Briser les silos : une meilleure coordination entre tous les intervenants a été formalisée, faisant passer les initiatives fragmentées à une stratégie régionale unifiée ;
- Renforcer l'engagement local : l'adhésion forte des collectivités territoriales et des services déconcentrés a été consolidée ; ils sont les garants de la pérennité des futures infrastructures et des plans de gestion.
- Planifier l'avenir : ces rencontres ont initié le processus d'élaboration de trois plans GIRE, des documents stratégiques qui guideront les actions à venir sur la base de données probantes.
Une mobilisation collective des autorités régionales et des acteurs étatiques
Selon le Directeur général de l'ANDEA : « Notre rôle est de garantir que chaque action sur le terrain s'inscrive dans une vision cohérente. Ces ateliers ne sont pas de simples réunions ; ils marquent le début d'une coordination renforcée où nous, les partenaires techniques et les communautés locales, travaillons en parfaite synergie. L'objectif final est clair : assurer une gestion équitable et durable de l'eau pour tous, en ne laissant aucune communauté de côté. »
Cette vision est complétée par l'approche du PNUD, partenaire de mise en œuvre : « L'accès à l'eau est un droit fondamental et le point de départ de tout développement durable. Au PNUD, nous ne voyons pas la GIRE comme un simple projet technique, mais comme le pilier de la résilience communautaire. En investissant dans la gouvernance de l'eau, nous investissons dans la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation et la paix sociale. C'est une approche intégrée pour un impact durable. Le PNUD, aux côtés des agences des Nations Unies et de l'ensemble des partenaires du Programme Pacte Vert-Résilience, réaffirme son engagement à travailler étroitement avec chacune et chacun d'entre vous tout au long de la mise en œuvre de ce programme », a souligné un représentant du PNUD, au nom des partenaires.
De la concertation à l'action : l'expertise technique au service du terrain
Les ateliers régionaux de lancement de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau réunissant l'ensemble des parties prenantes – autorités, services techniques, partenaires onusiens et société civile – pour poser les bases d'une action collective
Prochaine étape : le cabinet ERA (Empowering Resilient African women) réalisera des études GIRE et engagera les travaux de terrain nécessaires à la collecte des données et informations requises dans les communes d'intervention des deux régions. Sa mission consistera à collecter et à analyser les données hydrologiques et socio-économiques qui permettront de prendre des décisions éclairées. C'est cette connaissance fine des réalités du terrain qui garantira la réussite et l'efficacité des interventions futures.
Les ateliers de lancement régional du démarrage officiel des activités de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) se sont achevés sur une note d'engagement fort : celui de tous les acteurs présents à œuvrer ensemble pour une gestion durable, équitable et concertée des ressources en eau dans les deux régions.
Le PNUD et l'ensemble de ses partenaires tiennent à exprimer leur profonde gratitude à la Délégation de l'Union européenne à Madagascar, dont l'appui financier déterminant et l'engagement constant rendent possible le Programme Pacte Vert-Résilience, au bénéfice de la communauté du Grand Sud.