Madagascar s’engage vers une transition énergétique inclusive : La politique nationale de cuisson propre prend forme

4 juillet 2025
Atelier de restitution à Antananarivo pour a Politique Nationale de Cuisson Propre

Atelier de restitution à Antananarivo : Première étape des consultations régionales pour la Politique Nationale de Cuisson Propre, réunissant acteurs locaux et institutionnels

Antananarivo, 02 juillet 2025 – Sous le leadership du Ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures (MEH), Madagascar entame une étape décisive dans l’élaboration de sa Politique Nationale de Développement de la Cuisson Propre, un cadre stratégique visant à réduire la dépendance aux combustibles traditionnels et à promouvoir des solutions énergétiques durables adaptées aux réalités malagasy. 

La nécessité d’une transition énergétique s'impose avec urgence face à un constat alarmant. Sur le plan environnemental, la dépendance à plus de 90% des ménages au bois de chauffe et au charbon de bois accélère la déforestation, avec une perte annuelle de plus de 90.000ha par an selon les données de Global Forest Watch, 2023. Les conséquences sanitaires sont tout aussi préoccupantes, puisque l'OMS attribue environ 21.000 décès prématurés par an à la pollution de l'air intérieur due à ces modes de cuisson traditionnels. Sur le plan socio-économique, les femmes consacrent en moyenne 15% de leur temps à la collecte de bois, un fardeau qui limite considérablement leur potentiel de développement personnel et économique. 

Ramiandrasoa Sambatra, Directeur Général du MEH, souligne l'urgence de transitionner vers des solutions propres lors de son discours

Ramiandrasoa Sambatra, Directeur Général du MEH, souligne l'urgence de transitionner vers des solutions propres lors de son discours

« Cette politique permettra de structurer une filière alternative créatrice d’emplois tout en préservant nos écosystèmes fragiles », explique Ramiandrasoa Sambatra, Directeur Général du MEH, en rajoutant « a transition vers des solutions propres est une priorité nationale qui nécessite l'engagement de tous les acteurs ». 

Le processus inclusif d'élaboration de cette politique s'est ancré dans les territoires. Grâce à l'appui technique et financier du PNUD à travers son programme Angovo Mamelo, six consultations régionales ont été menées dans le pays, rassemblant des centaines d’acteurs locaux représentant a société civile, des collectivités territoriales, du secteur privé et des institutions techniques. Ces rencontres ont permis de recueillir les spécificités et besoins de chaque territoire, comme à Hana où les participants ont particulièrement plébiscité le développement du biogaz agricole, une solution qui combine traitement des déchets organiques et production énergétique locale. 

La future politique s'articule autour de quatre axes stratégiques complémentaires. L'approche technologique promeut une diversification des solutions avec le développement du biogaz, des foyers améliorés et des cuiseurs solaires. Le volet institutionnel prévoit la mise en place d'un cadre législatif incitatif et de mécanismes de financement innovants. La dimension sociale intègre des mesures d'accompagnement ciblées pour les ménages les plus vulnérables. Enfin, le pilier partenarial mobilise activement le secteur privé et les partenaires techniques et financiers pour assurer la durabilité de la transition. 

Après le premier atelier de restitution tenu à Antananarivo les 2 et 3 juillet, cinq autres rencontres similaires sont prévues dans les chefs-lieux de province de Toamasina, Antsiranana, Mahajanga, Fianarantsoa et Toliara courant juillet 2025. Ces ateliers permettront d'affiner les orientations stratégiques en intégrant les spécificités locales de chaque territoire, garantissant ainsi une politique réellement adaptée aux besoins de l'ensemble des régions malagasy. 

Les représentants des ministères concernés, des collectivités territoriales, du secteur privé et des partenaires techniques, sous la coordination du MEH et du PNUD

Participants de l'atelier de Tana réunissant les représentants des ministères concernés, des collectivités territoriales, du secteur privé et des partenaires techniques, sous la coordination du MEH et du PNUD.