Discours de Xavier Michon à l'occasion de la cérémonie de pose de première pierre du dortoir des aspirantes de l'Ecole nationale de Police

18 juin 2026

Pose de la première pierre du futur dortoir destiné aux aspirantes de l’École nationale de police (ENP) par de hauts représentants de la PNH, de l’Union européenne, du Canada et du PNUD, notamment l’Inspecteur général Jacques Joël Orival, Son Excellence Madame Hélène Roos, Son Excellence Monsieur André François Giroux et Monsieur Xavier Michon.

Photo : PNUD Haiti | Patricia Sénatus

-    Monsieur le Directeur Central de la Police Administrative de la PNH
-    Mesdames, Messieurs les membres du Haut Commandement de la PNH
-    Madame l’Ambassadrice de l’Union Européenne  
-    Monsieur l’Ambassadeur du Canada 
-    Distingués partenaires techniques et financiers,
-    Madame la Point Focal du Programme d’appui à la PNH
-    Représentants des entreprises en charge de l’exécution et de la supervision des travaux,
-    Chers collègues de l'équipe du PNUD Haïti, 
-    Mesdames et Messieurs,

Je vais commencer par une question simple, celle que je me suis moi-même posée en préparant ces mots : pourquoi est-ce qu'un dortoir change quelque chose à la sécurité d'un pays ?

On pourrait penser qu'il ne s'agit que d'un détail logistique. Un bâtiment de plus. Deux pavillons, 160 lits, des blocs sanitaires. Et techniquement, c'est exactement cela. J'y reviendrai dans un instant, parce que les chiffres comptent et que la transparence sur ce que nous construisons compte aussi.

Mais ce dortoir traduit en réalité une ambition bien plus fondamentale, celle d'une PNH de demain où les femmes seront pleinement présentes, à tous les niveaux de l'institution.

Cette vision ne se décrète pas, elle se construit. Et elle se construit, très concrètement, par des conditions d'accueil et de formation qui permettent à chaque jeune Haïtienne qui a la vocation, le courage et la discipline pour ce métier de s'y engager pleinement, dans des conditions à la hauteur de son ambition. C'est tout le sens de cette infrastructure. Offrir un cadre de vie digne, sécurisé et structurant pendant la formation, c'est permettre à davantage de talents féminins de se projeter dans cette carrière, d'y rester, et d'y exceller. Et c'est, très concrètement, agrandir le vivier dans lequel la PNH pourra puiser ses meilleurs effectifs pour les années à venir.

Alors quand on me demande ce que le PNUD, avec l'appui du Canada et de l'Union européenne, construit ici, je réponds : nous ne construisons pas seulement un dortoir. Nous faisons en sorte qu'une jeune femme, quelque part en Haïti aujourd'hui, puisse dire oui à ce métier.

Permettez-moi à présent de descendre sur le plan technique, pour que les choses soient claires sur ce que nous nous engageons concrètement à livrer. Ce futur dortoir accueillera 160 aspirantes, dans deux pavillons d'environ 600m² chacun, avec des espaces de vie et des blocs sanitaires conçus selon des standards modernes, intégrant une sécurité renforcée ainsi que des solutions durables en matière de gestion de l'eau, des déchets et d'énergie photovoltaïque. À cela s'ajoute un second projet du PNUD au sein de l'École : un bâtiment de 16 salles de classe. Ensemble, ces deux infrastructures forment un pari sur la qualité de la formation, pas seulement sur sa quantité.

Et puisque je parle de transparence technique, je tiens à en faire preuve aussi sur un point précis. Les spécifications initiales de cet ouvrage ont été révisées en cours de route, à la demande de la PNH, qui a souhaité adapter le projet à l'évolution de ses besoins. Ces révisions ont entraîné les délais que vous avez pu observer entre l'annonce de ce projet et la cérémonie d'aujourd'hui. Nous les assumons pleinement, parce qu'un dialogue exigeant avec notre partenaire vaut toujours mieux qu'une livraison rapide mais inadaptée.

Mais au-delà des chiffres, des matériaux et même de ces ajustements de parcours, revenons à la question centrale, celle qui donne tout son sens à ce chantier : pourquoi le genre, et pourquoi maintenant ? Parce que les citoyennes et citoyens font davantage confiance à une institution dans laquelle ils se reconnaissent. Renforcer la présence des femmes dans les rangs de la PNH, c'est renforcer ce lien de confiance avec l'ensemble de la population. Partout dans le monde, les institutions policières qui ont investi dans la mixité de leurs effectifs ont vu leur professionnalisme et leur image auprès du public se renforcer. C'est une tendance de fond dans la modernisation des forces de l'ordre, et la PNH a vocation à s'y inscrire pleinement.

Cette conviction, je voudrais l'adresser directement aux aspirantes ici présentes et à celles qui suivront : ce que nous posons aujourd'hui est un signe de la considération que la PNH et ses partenaires vous accordent. C'est la reconnaissance que votre réussite mérite un cadre à la hauteur de votre engagement. Le dortoir que nous construisons est pensé pour vous permettre de vous concentrer sur une seule chose : devenir excellentes dans votre métier, dans un environnement sécurisé et digne.

Rien de tout cela ne serait possible sans des partenaires qui ont cru à ce projet depuis le premier jour, et c'est pourquoi je voudrais dire un mot, enfin, sur le partenariat qui rend cette cérémonie possible. Ce projet existe grâce à l'engagement du Canada et de l'Union européenne. Leur confiance renouvelée dans la PNH traduit un choix stratégique, celui de continuer à investir dans une institution qui se transforme, et je voudrais les remercier chaleureusement pour cet engagement. Mais je tiens aussi à les remercier, au nom du PNUD, pour la confiance qu'ils nous accordent de longue date en tant que partenaire de mise en œuvre de cette transformation. C'est cette confiance, dans la PNH comme dans le PNUD, qui nous engage à poursuivre. Nous restons prêts à appuyer d'autres chantiers prioritaires : la Direction départementale de la Police dans les Nippes, les commissariats des Cayes et de Jérémie, et tout projet structurant porté par des mécanismes de financement innovants.

Cet engagement à poursuivre nos chantiers ensemble, nous le devons aussi à la confiance que la PNH place dans le PNUD. C'est pourquoi je voudrais, avant de conclure, remercier personnellement Monsieur le Directeur Général de la PNH, et l'ensemble du Haut Commandement. Cette confiance, nous la mesurons à sa juste valeur, et elle nous engage à continuer de livrer, avec rigueur et constance, à la hauteur de ce que la PNH attend de nous.

C'est cette même rigueur que nous mettrons au service de la première pierre que nous posons aujourd'hui. Mesdames et Messieurs, cette pierre marque le début d'un chantier, mais elle marque surtout le début d'un engagement.

Dans un avenir proche, plusieurs des femmes qui auront dormi dans ce dortoir porteront les responsabilités les plus élevées de cette institution. C'est cet avenir-là, plus encore que la pierre elle-même, que nous célébrons aujourd'hui.

Je vous remercie de votre attention.