Microfinancements du FEM : 18 projets communautaires pour la protection de l'environnement et l'amélioration des moyens de subsistance approuvés pour la Guinée
10 juillet 2026
Fleuve Kissi - Kissi, Forécariah
En Guinée, la dégradation des terres, la pression croissante sur les écosystèmes et la vulnérabilité des moyens de subsistance ruraux constituent des défis étroitement liés. Les réponses les plus durables à ces menaces émergent souvent au plus près des territoires, portées par des organisations communautaires qui disposent de la connaissance du terrain, mais rarement des financements nécessaires pour agir à l'échelle requise. C'est précisément cette articulation entre initiative locale et appui institutionnel que le Programme de Microfinancements du Fonds pour l'Environnement Mondial (PMF/FEM) s'attache à renforcer.
Réuni le 20 mai 2026 à Conakry, dans la salle de réunion du PNUD, le Comité National de Pilotage (CNP) du PMF/FEM a examiné et approuvé 18 microprojets sur les 20 présélectionnés, pour un engagement financier global de 440 460 dollars américains. Cette session marque le lancement opérationnel, en Guinée, de la huitième phase du programme (OP8), qui couvre la période 2024-2028 et bénéficie d'une allocation de 457 247 dollars du Fonds pour l'Environnement Mondial.
Un processus de sélection rigoureux et transparent
Les projets approuvés sont issus d'un appel à propositions ouvert du 23 janvier au 15 mars 2026, qui a suscité 36 candidatures d'organisations non gouvernementales et d'organisations communautaires de base. Vingt dossiers répondant aux critères minimaux ont été présélectionnés puis soumis à l'examen du Comité, composé de représentants du ministère de l'Environnement et du Développement Durable, du ministère de l'Agriculture et de l'Élevage, du ministère de la Promotion Féminine, de l'Enfance et des Personnes vulnérables, du monde de la recherche et de la société civile, aux côtés du PNUD.
Sous la modération du Président du Comité, chaque offre technique et financière a été passée en revue, chaque membre formulant ses observations et recommandations avant une approbation par consensus. L'ensemble des offres examinées a franchi le seuil technique de 70 points fixé par l'appel à propositions, et la qualité globale du portefeuille a été jugée satisfaisante et alignée sur les priorités de l'OP8. L'approbation des 18 projets retenus demeure toutefois conditionnée à la prise en compte des recommandations formulées par le Comité, notamment la régularisation des pièces administratives manquantes, préalable à la signature des protocoles d'accord.
Un portefeuille ancré dans les priorités environnementales du pays
Les projets retenus couvrent les axes prioritaires de la phase opérationnelle 8 : conservation des écosystèmes et des espèces, gestion durable des terres, agriculture et pêche durables, et gestion des produits chimiques et des déchets. De la mise en place d'une aire du patrimoine autochtone et communautaire à Gombokhori, dans la préfecture de Forécariah, à l'apiculture durable portée par des femmes autour du fleuve Kolenté, en passant par la restauration des berges des fleuves Milo et Tinkisso, la valorisation des déchets plastiques, la promotion du biochar et des biofertilisants ou la gestion communautaire de la forêt médicinale de Nyen, ces initiatives seront mises en œuvre sur des durées de 16 à 24 mois, avec une exigence de cofinancement et une attention systématique à l'inclusion sociale et à l'égalité de genre.
Membres du comité de pilotage du FEM
La qualité du portefeuille de projets que nous validerons aujourd'hui sera le reflet de notre engagement envers les générations futures,
a déclaré Mme Kadiatou Dalein Diallo, Directrice du Bureau de Stratégie et de Développement du ministère de l'Environnement et du Développement Durable, à l'ouverture des travaux.
Le Comité a par ailleurs statué sur la réaffectation du matériel libéré à la suite de la fermeture du bureau du PMF à Kipé et de son transfert, le 27 mars 2026, au sein de la Maison Commune du Système des Nations Unies. Conformément aux procédures en vigueur, ces équipements ont été répartis entre le programme, le ministère de l'Environnement et du Développement Durable et des ONG partenaires, assurant une clôture administrative ordonnée de l'ancienne configuration du programme.
Un partenariat de longue date au service des communautés
Créé en 1992 à l'issue du Sommet de Rio et présent dans plus de 125 pays, le PMF/FEM est administré au niveau national par le PNUD. En Guinée, depuis 2009, il a financé 182 microprojets pour un investissement global dépassant 4,8 millions de dollars, faisant des organisations de la société civile des actrices de premier plan de la gestion de l'environnement.
En confiant directement aux communautés les moyens de protéger leurs écosystèmes tout en améliorant leurs conditions de vie, le Gouvernement guinéen et le PNUD traduisent en actions concrètes les ambitions de la Vision Simandou 2040 en matière de gestion durable du capital naturel. Cette nouvelle génération de microprojets contribue également à l'atteinte des Objectifs de développement durable, en particulier l'ODD 1 (élimination de la pauvreté), l'ODD 5 (égalité entre les sexes), l'ODD 13 (lutte contre les changements climatiques) et l'ODD 15 (vie terrestre), dans la perspective de l'Agenda 2030.