RAPPORT ANNUEL 2024 : SOUTENIR LE CHANGEMENT DANS UN CONTEXTE COMPLEXE EN RDC
RAPPORT ANNUEL 2024 : SOUTENIR LE CHANGEMENT DANS UN CONTEXTE COMPLEXE EN RDC
8 septembre 2025
Ce rapport met en lumière les actions et résultats obtenus aux côtés du Gouvernement, des communautés et des partenaires, dans une année marquée par de multiples défis mais aussi par de profondes avancées en matière de gouvernance, de paix, de développement local, d’inclusion et de résilience.
L’année 2024 a été une épreuve pour la RDC. Entre l’intensité des conflits à l’Est, une pression humanitaire qui a déplacé plus de sept millions de personnes, la fragilité institutionnelle et les urgences climatiques, le pays aurait pu céder au poids de la fatalité. Mais dans cette complexité, des opportunités se sont dessinées et des choix courageux ont été posés. Le PNUD a accompagné l’État congolais et les communautés locales dans cet élan de résilience, en apportant des réponses concrètes qui rapprochent les institutions des citoyens et redonnent confiance en l’avenir.
Sous cet angle, l’État s’est réaffirmé dans les territoires. À travers le Programme de Développement Local des 145 Territoires, plus de 600 infrastructures sociales – écoles, centres de santé, marchés et forages – ont été progressivement construites et, pour une partie déjà remises aux autorités locales, apportant des services publics essentiels dans des zones longtemps marginalisées. Dans la même optique, la gouvernance a progressé grâce à la digitalisation de la justice : 22 juridictions ont été modernisées, couvrant plus de 46 000 dossiers de détenus et 6 600 magistrats. Cette réforme a permis une lutte plus efficace contre l’impunité et renforcé la transparence. Dans le même esprit, des audiences foraines ont redonné accès au droit à des milliers de citoyens, tandis que plus de milliers de survivantes de violences sexuelles ont reçu un accompagnement complet et digne.
La paix a également été tissée depuis les villages, avec 70 dialogues communautaires menés dans des zones post-conflit, des jeunes et des femmes réinsérés dans des activités génératrices de revenus et des systèmes solaires installés pour redonner vie aux écoles et marchés. L’économie locale a été stimulée par l’appui à plus de 7 000 petites et moyennes entreprises, majoritairement dirigées par des femmes, et la création de plus de 15 000 emplois temporaires. Ces initiatives ont contribué à transformer les chaînes de valeur rurales, de la transformation du manioc à la valorisation du cacao, tout en renforçant la dignité et l’autonomie économique des familles.
Le PNUD a poursuivi son engagement pour une transition écologique et énergétique souveraine. Plus de 14 000 hectares de terres forestières ont été restaurés, 40 000 hectares agricoles réhabilités et près de 150 000 ménages raccordés à des systèmes solaires. Ces actions ouvrent la voie à une finance carbone qui doit devenir un levier stratégique pour les territoires forestiers. L’innovation et les données se sont imposées comme outils de gouvernance : des enquêtes nationales ont éclairé les réalités socio-économiques, un portail ODD a été déployé dans neuf provinces et des registres judiciaires numérisés.
Ces résultats ne sont pas que des chiffres : ils sont les signes tangibles d’un État qui revient, de communautés qui se relèvent et d’une société qui choisit de se construire malgré l’adversité. Ils portent l’empreinte de partenariats solides avec l’État congolais, les partenaires techniques et financiers, la société civile et les communautés elles-mêmes.
L’année 2025 devra consolider ces acquis. Trois chantiers majeurs se dessinent : ancrer la paix à travers le dialogue et la cohésion sociale, institutionnaliser la finance carbone comme ressource partagée et faire émerger une économie territoriale inclusive, innovante et verte. Notre rôle restera celui d’un facilitateur et d’un catalyseur, non pas pour agir à la place des Congolais, mais pour créer les conditions d’un changement endogène et durable.